L’essentiel en bref
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Le transport et la logistique totalisent 600 défaillances au troisième trimestre 2026, en baisse de 1,6 % sur un an.
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Le transport routier de marchandises enregistre 322 procédures, soit un recul de 6,1 %.
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Les liquidations judiciaires dans le fret diminuent, mais les redressements judiciaires progressent.
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Le transport routier de voyageurs affiche une hausse de 14,8 % des défaillances, notamment dans les taxis.
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À l’échelle nationale, 14 652 entreprises ont fait défaut au cours du trimestre, soit une progression limitée à 0,5 %.
Le transport routier de marchandises amorce une décrue
Après trois années de forte hausse des défaillances, le secteur du transport et de la logistique affiche un premier signe d’apaisement. D’après l’étude publiée le 13 octobre par Altares, 600 entreprises ont fait l’objet d’une procédure collective entre juillet et septembre 2026, contre 610 sur la même période de 2025. La baisse atteint ainsi 1,6 %.
Le transport routier de marchandises contribue directement à cette amélioration. Avec 322 défaillances contre 343 un an auparavant, l’activité enregistre un recul de 6,1 %. La diminution atteint même 12 % dans le transport interurbain.
L’examen de la nature des procédures apporte toutefois un éclairage plus nuancé. Dans le transport routier de marchandises, les liquidations judiciaires diminuent de 242 à 217 sur un an. En revanche, les redressements judiciaires progressent de 95 à 105, tandis qu’aucune procédure de sauvegarde n’est recensée, contre six au troisième trimestre 2025.
La baisse des défaillances ne traduit donc pas une disparition des difficultés financières. Si moins d’entreprises sont directement liquidées, davantage font l’objet d’une procédure de redressement, destinée à permettre la poursuite de leur activité sous contrôle judiciaire. Cette évolution témoigne d’une situation encore fragile pour une partie des transporteurs.
Le transport de voyageurs poursuit sa dégradation
La tendance est sensiblement différente dans le transport routier de voyageurs. Les défaillances y augmentent de 14,8 % au troisième trimestre, à rebours de l’évolution observée dans le transport de marchandises.
Les entreprises de taxis figurent parmi les activités les plus touchées, avec une progression de 17 % des procédures collectives sur un an. Cette détérioration contribue à limiter l’amélioration globale des statistiques du transport et de la logistique.
Le secteur évolue ainsi à deux vitesses, avec une décrue modérée des défaillances dans le fret et une poursuite de leur augmentation dans les activités de transport de personnes. Cette divergence interdit, à ce stade, de parler d’un redressement généralisé.
Près de 72 000 entreprises défaillantes sur douze mois
À l’échelle de l’économie française, le troisième trimestre 2026 confirme un ralentissement de la progression des défaillances. Altares comptabilise 14 652 procédures collectives, contre 14 583 un an plus tôt, soit une augmentation de seulement 0,5 %.
Il s’agit du rythme de progression le plus faible observé depuis la sortie de la crise sanitaire. Le niveau reste néanmoins historiquement élevé : sur douze mois glissants, le nombre d’entreprises défaillantes approche les 72 000.
Le mois de septembre concentre à lui seul environ 7 100 procédures, un record pour cette période de l’année. Les entreprises les plus petites et les plus jeunes demeurent particulièrement exposées.
Thierry Millon, directeur des études d’Altares, estime que « l’emballement des défaillances semble donc passé », tout en soulignant la persistance des fragilités financières. Le cabinet relève notamment les difficultés rencontrées par les activités dépendantes de la consommation des ménages.
Construction et industrie en amélioration, restauration toujours sous tension
Plusieurs secteurs économiques présentent également des signes de détente. La construction, qui concentre toujours le plus grand nombre de procédures avec 3 452 défaillances, enregistre une baisse de 3,1 % sur un an.
L’industrie manufacturière affiche une diminution plus marquée, de 11,8 %, avec 558 entreprises défaillantes. La métallurgie et la mécanique enregistrent notamment un recul de 25 %, tandis que les activités de réparation et de maintenance bénéficient d’une baisse de 18 %.
À l’inverse, la restauration continue de se dégrader, avec 1 694 défaillances, en augmentation de près de 10 %. Plusieurs segments du commerce restent également sous pression. Les procédures progressent de 18,5 % dans les magasins multi-rayons, de 15,3 % dans le commerce alimentaire et de 11 % dans la vente hors magasin.
Ces évolutions témoignent d’un environnement économique encore très hétérogène, dans lequel la stabilisation du nombre global de défaillances ne bénéficie pas uniformément à l’ensemble des activités.
Une amélioration encore insuffisante pour les transporteurs
Pour les entreprises de transport routier de marchandises, le bilan du troisième trimestre constitue un premier signal favorable après une longue période de dégradation. La diminution des procédures, et plus particulièrement des liquidations judiciaires, marque une inflexion.
Mais le maintien d’un nombre élevé de défaillances et la progression des redressements judiciaires invitent à la prudence. Le ralentissement de la sinistralité ne signifie pas encore un retour à l’équilibre financier des entreprises.
La capacité des transporteurs à reconstituer leurs marges, à préserver leur trésorerie et à retrouver des capacités d’investissement restera déterminante pour confirmer cette tendance. À ce stade, les données d’Altares décrivent davantage une stabilisation à un niveau élevé qu’une véritable sortie de crise.








