L’essentiel en bref
- Défaillances : 87 entreprises concernées sur quatre trimestres glissants, soit une progression annuelle de 40 %.
- Taxis et VTC : une hausse de 115 % des défaillances en un an.
- Créations d’entreprises : 712 nouvelles structures au deuxième trimestre 2026, en baisse de 15 %.
- Emploi : 80 081 salariés hors intérim fin juin, un effectif quasiment stable sur un an.
- Intérim : 4 916 emplois en équivalent temps plein, en progression de 10 %.
Les défaillances atteignent leur plus haut niveau depuis 2014
La dégradation de la situation financière des entreprises de transport se confirme en Pays de la Loire. D’après les données de la DREAL, le nombre de défaillances cumulées sur les quatre derniers trimestres atteint 87, soit une augmentation de 40 % sur un an. Il faut remonter douze ans en arrière pour retrouver un niveau comparable.
Les taxis et les véhicules de transport avec chauffeur (VTC) sont particulièrement exposés, avec une progression annuelle de 115 % des défaillances. Ces professionnels subissent simultanément le renchérissement des carburants et, pour ceux qui assurent des transports sanitaires conventionnés, la baisse des tarifs kilométriques du transport de patients.
Cette combinaison réduit les marges de manœuvre financières des exploitants, notamment des petites structures dont les charges de carburant représentent une part importante des coûts d’exploitation.
Les créations d’entreprises reculent de 15 %
Autre indicateur de la détérioration de la conjoncture : le ralentissement des créations d’entreprises. Au deuxième trimestre 2026, 712 nouvelles structures ont été enregistrées dans les transports en Pays de la Loire, soit 15 % de moins qu’à la même période de 2025.
Les micro-entreprises continuent de dominer les nouvelles immatriculations, avec 87 % des créations. Leur proportion recule toutefois par rapport aux sept trimestres précédents, durant lesquels elles représentaient entre 90 % et 92 % des nouvelles structures.
La baisse des créations, conjuguée à la hausse des défaillances, traduit une dégradation de la démographie entrepreneuriale du secteur. Elle intervient dans un contexte de tensions persistantes sur les coûts d’exploitation et de pression sur les tarifs de transport.
L’emploi salarié stagne, tandis que l’intérim progresse
Les difficultés du secteur se répercutent également sur le marché du travail. Fin juin 2026, les activités de transport et d’entreposage totalisaient 80 081 salariés hors intérim dans la région. Leur nombre n’a progressé que de 0,03 % en un an, témoignant d’une quasi-stagnation des effectifs permanents.
À l’inverse, le recours au travail temporaire se redresse sensiblement. Avec 4 916 emplois en équivalent temps plein, l’intérim affiche une hausse annuelle de 10 %.
Cette divergence suggère que les entreprises privilégient des formes d’emploi plus souples pour adapter leurs moyens humains aux fluctuations de l’activité. Le travail temporaire permet notamment de répondre à des besoins ponctuels sans augmenter durablement la masse salariale.
La reprise de l’intérim ne s’accompagne donc pas, à ce stade, d’un redémarrage des embauches permanentes. Ce décalage illustre la prudence des employeurs face au manque de visibilité sur leurs perspectives d’activité.
La faiblesse de la construction et de la métallurgie accentue les risques
Les perspectives du transport régional restent également tributaires de l’activité de ses principaux secteurs clients. Or, deux branches industrielles et économiques importantes pour les flux de marchandises continuent de montrer des signes de faiblesse.
Les effectifs de la construction reculent de 1,1 % sur un an, tandis que ceux de la métallurgie diminuent de 1,7 %. Ces évolutions témoignent d’un environnement économique peu favorable à une reprise soutenue de la demande de transport.
Pour les transporteurs routiers de marchandises, la faiblesse de l’activité de ces secteurs peut se traduire par une diminution des volumes à acheminer et une concurrence accrue sur les prix. Les entreprises les plus dépendantes de ces marchés demeurent particulièrement sensibles aux variations des carnets de commandes de leurs donneurs d’ordre.
La conjoncture des transports en Pays de la Loire présente ainsi plusieurs signes de fragilité : multiplication des défaillances, recul de la création d’entreprises et absence de croissance de l’emploi permanent. Malgré le rebond du travail temporaire, les indicateurs disponibles ne permettent pas encore de conclure à une reprise durable de l’activité.









