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Italie du Sud : les blocages de camions perturbent le trafic

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Dans le sud de l’Italie, la mobilisation des chauffeurs routiers contre la hausse du prix du diesel perturbe les axes routiers, l’approvisionnement en carburant et l’activité industrielle. Plusieurs aéroports et usines de pâtes sont touchés, tandis que les autorités organisent des escortes pour les livraisons prioritaires. Une grève nationale prévue le 30 octobre 2026 pourrait encore aggraver la situation.

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Les principaux points à retenir en Italie :

  • Quatre régions particulièrement touchées : la mobilisation concerne surtout la Campanie, la Calabre, les Pouilles et la Sicile.
  • Des axes routiers majeurs perturbés : les difficultés se concentrent sur les autoroutes A1 et A30, la route SS379 ainsi que plusieurs nœuds routiers autour de Naples et de Caserte.
  • Des pénuries de carburant : les aéroports de Crotone et de Reggio de Calabre ont manqué de carburant aéronautique, tandis que certaines stations-service rencontrent également des problèmes d’approvisionnement.
  • Des sites de production à l’arrêt : Rummo a suspendu sa production, Garofalo a interrompu ses lignes après l’arrêt des livraisons de semoule et La Molisana a fortement réduit son activité.
  • Un durcissement de la réponse des autorités : les responsables des barrages doivent être identifiés et faire l’objet d’un signalement, tandis que la police peut escorter les camions transportant des marchandises essentielles.
  • Des barrages encore actifs : les organisations de transporteurs de Sicile et de Calabre ont suspendu leur mobilisation, mais certains chauffeurs de Gela ont annoncé vouloir poursuivre l’action.
  • Une nouvelle vague de perturbations en fin de mois : une grève générale nationale est prévue le 30 octobre 2026, avec des actions sur les autoroutes dès 22 h le 29 octobre.

Dans tout le sud de l’Italie, les chauffeurs routiers ont lancé une mobilisation diffuse contre le prix élevé du diesel. En Campanie, des poids lourds se sont regroupés près des échangeurs autoroutiers et des plateformes logistiques de Naples et de Caserte, perturbant l’A1 entre Milan et Naples ainsi que l’A30 entre Caserte et Salerne.

Des perturbations ont notamment été signalées à Nola, Caserta Sud, Santa Maria Capua Vetere, Caianello et autour des interports de Maddaloni-Marcianise. Sur certains tronçons, les files de véhicules se sont étendues sur plusieurs kilomètres.

L’agence de presse italienne ANSA indique que le gouvernement a adopté une ligne plus ferme face aux barrages routiers. Le ministre de l’Intérieur, Matteo Piantedosi, a demandé aux préfets et aux chefs de police de suivre la situation et d’intervenir contre les fermetures illégales de routes. Les autorités craignent également que des groupes criminels ne profitent du mouvement pour étendre leur influence.

Le gouvernement entend par ailleurs maintenir les livraisons de produits essentiels. Les transporteurs souhaitant continuer à circuler malgré les barrages peuvent bénéficier d’une escorte policière.

Selon ANSA, environ 500 camions circulaient déjà sous escorte entre Naples et sa province.

Les maires de Naples et de Bari ont, de leur côté, averti que de nouvelles restrictions sur les livraisons pourraient gravement perturber le fonctionnement des deux villes.

Deux aéroports en manque de kérosène

L’un des effets les plus visibles de la mobilisation concerne l’approvisionnement des aéroports. Les aéroports de Crotone et de Reggio de Calabre n’avaient plus de carburant Jet A-1. Des NOTAM ont été publiés afin d’inviter les équipages à prévoir leurs réserves de carburant avant leur arrivée.

Les difficultés ne se limitent pas au secteur aérien. Dans plusieurs régions du sud, des stations-service ont été confrontées à des pompes à sec et à de longues files d’attente. Les tensions sur les approvisionnements commencent aussi à se faire sentir dans le commerce de détail.

Des rayons vides et des livraisons perturbées

En Campanie, en Calabre, dans les Pouilles et en Sicile, les produits frais sont devenus plus difficiles à trouver, notamment les fruits, les légumes, la viande et les produits laitiers. Les blocages empêchent à la fois les livraisons vers les commerces et l’enlèvement des marchandises auprès des sites industriels. Des produits habituellement expédiés en continu s’accumulent désormais dans les entrepôts.

La situation est suffisamment tendue pour qu’ANSA fasse état de marchés désertés et d’entreprises se préparant à réduire, voire à suspendre, leur activité.

Rummo et Garofalo suspendent leur production

Le secteur des pâtes illustre particulièrement bien les conséquences de la mobilisation sur l’industrie. Le Pastificio Rummo, à Bénévent, a suspendu sa production après l’interruption des livraisons de matières premières par camions et citernes.

Des difficultés ont également été signalées à Gragnano, près de Naples. Le Pastificio Garofalo a interrompu ses lignes après l’arrêt des livraisons de semoule en provenance des Pouilles.

La Molisana, à Campobasso, n’a pas complètement cessé son activité, mais a fortement réduit sa production en utilisant les stocks disponibles dans ses entrepôts.

Ces trois exemples montrent que les conséquences ne se limitent pas à un manque de matières premières. Lorsque les routes sont bloquées, les usines peinent aussi à faire retirer les palettes de produits finis et à libérer de l’espace dans leurs entrepôts.

Les organisations siciliennes suspendent la mobilisation, mais Gela continue

La situation est d’autant plus difficile à suivre que la mobilisation ne dispose pas d’une direction unique.

Les organisations de transporteurs de Sicile ont annoncé la suspension de leur mouvement et commencé à lever certains barrages. Une décision similaire a été prise en Calabre.

Cela ne signifie pas pour autant que la mobilisation a cessé partout.

À Gela, en Sicile, certains transporteurs poursuivent leur action. Plusieurs dizaines de camions sont toujours stationnés sur un rond-point de la route SS117 bis, entre Gela et Catane.

Les manifestants estiment que les accords conclus jusqu’à présent ne répondent pas aux difficultés rencontrées par les entreprises de transport routier. Ils jugent que les mesures promises avaient déjà été annoncées, que le prix du diesel reste trop élevé et qu’ils attendent des résultats concrets plutôt que de nouvelles promesses.

Cette nuance est importante pour les conducteurs qui se rendent en Sicile : la décision officielle des organisations professionnelles de suspendre la mobilisation ne signifie pas automatiquement que tous les barrages locaux ont disparu.

Le gouvernement prépare un décret sur les transports et l’agriculture

Parallèlement à la réponse policière, le gouvernement italien prépare un dispositif de soutien au transport routier. D’après ANSA, le projet de décret prévoirait des mesures destinées au secteur des transports ainsi que des aides pour l’agriculture. Le Conseil des ministres devait examiner le texte le 22 octobre 2026.

Le gouvernement avait déjà promis d’accélérer le versement des fonds réservés aux transporteurs et de poursuivre les discussions sur le coût du carburant. La prochaine réunion entre les représentants du secteur et le ministère des Infrastructures et des Transports est prévue le 27 octobre 2026.

De nouvelles perturbations attendues sur l’A1 le 27 octobre

Indépendamment de la mobilisation actuelle, l’Italie doit faire face à un autre mouvement social à la fin du mois. Le 27 octobre 2026, les agents chargés de la sécurité incendie sur l’autoroute A1 entre Incisa et Sasso Marconi devraient se mettre en grève.

L’action est prévue de 8 h à midi, puis de 20 h à minuit. Des restrictions d’exploitation et des ralentissements du trafic sont possibles, le temps que les autorités garantissent le niveau de sécurité requis.

29 et 30 octobre 2026 : une grève générale menace le transport et la logistique

De nouvelles perturbations plus importantes pourraient survenir quelques jours plus tard. Une grève générale nationale, qui concernera les secteurs public et privé, est prévue le 30 octobre 2026.

Pour les transporteurs, le calendrier à retenir est le suivant :

  • transport ferroviaire – du jeudi 29 octobre 2026 à 21 h au vendredi 30 octobre à 20 h 59 ;
  • autoroutes – à partir de 22 h le jeudi 29 octobre 2026 ;
  • transport aérien – toute la journée du 30 octobre 2026 ;
  • logistique et transport de marchandises – toute la journée du 30 octobre 2026, avec des modalités pouvant varier selon les régions.

Même si les barrages actuels sont totalement levés dans les prochains jours, les opérateurs de transport doivent s’attendre à de nouvelles perturbations sur le réseau italien à la fin du mois.

Comment préparer un trajet en Italie

Ne partez pas du principe que tous les barrages ont été levés. Cette recommandation vaut notamment pour la Campanie et les mobilisations locales, comme celle observée à Gela, en Sicile.

Vérifiez l’état de l’A1 et de l’A30 avant de prendre la route. Ces derniers jours, les difficultés les plus importantes ont été signalées autour de Naples, de Caserte et de Nola.

Prévoyez une marge supplémentaire pour vos arrêts de ravitaillement dans le sud de l’Italie. Des difficultés locales d’approvisionnement peuvent persister après la réouverture des routes, le temps que le réseau de distribution retrouve un fonctionnement normal.

Surveillez tout particulièrement les dates des 27, 29 et 30 octobre 2026. La première pourrait entraîner des perturbations sur une portion précise de l’A1, tandis que la grève générale de fin de mois devrait toucher simultanément les autoroutes, la logistique, le rail et l’aviation.

Les événements des derniers jours ont mis en évidence la dépendance du sud de l’Italie au transport routier. Quelques jours de circulation limitée des poids lourds ont suffi à perturber les livraisons de carburant, l’approvisionnement des commerces, la production industrielle et l’activité des aéroports.

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