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Crise des carburants: l’OTRE maintient la pression malgré les engagements du gouvernement

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Malgré plusieurs engagements obtenus auprès du ministère des Transports le 13 octobre, la mobilisation des transporteurs routiers reste d'actualité. L'Organisation des transporteurs routiers européens (OTRE) maintient ses actions prévues les 21 et 22 octobre, dans l'attente de garanties écrites sur les prix du carburant, le versement des aides et l'application de l'indexation gazole. De son côté, la Fédération nationale des transports routiers (FNTR) réunira ses instances le 19 octobre pour déterminer la suite à donner au mouvement.

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L’essentiel en bref

  • Prix du carburant : le gouvernement annonce un effet potentiel de 18 centimes par litre à compter du 1er novembre, pendant trois mois, grâce à la mobilisation des stocks stratégiques.
  • Aides aux transporteurs : les versements relatifs au mois de mai sont promis d’ici fin octobre, ceux couvrant juin à août d’ici fin novembre, pour les dossiers conformes.
  • Indexation gazole : une circulaire doit préciser les règles existantes, tandis que trois évolutions législatives sont envisagées pour renforcer le dispositif.
  • Mobilisation : l’OTRE maintient les échéances des 21 et 22 octobre. La FNTR consultera ses instances le lundi 19 octobre.

Une baisse de 18 centimes par litre annoncée pour novembre

La réunion organisée le 13 octobre au ministère des Transports, en présence notamment de la Direction générale des infrastructures, des transports et des mobilités (DGITM), de la DGCCRF et du Médiateur des entreprises, a permis d’avancer sur plusieurs revendications des transporteurs.

Première annonce : la mobilisation des stocks stratégiques de carburants pourrait entraîner une baisse des prix de l’ordre de 18 centimes par litre dès le 1er novembre 2026, pour une durée estimée à trois mois. Selon les indications transmises à l’OTRE, cette mesure concernerait aussi bien les carburants achetés en stations-service que les livraisons en cuve effectuées directement auprès des entreprises de transport.

Cette précision est loin d’être secondaire pour les transporteurs disposant de leurs propres installations d’avitaillement. Elle doit permettre d’éviter une différence de traitement entre les modes d’approvisionnement.

L’OTRE réclame également que les distributeurs garantissent l’accès des poids lourds aux stations-service, sans restriction ni rationnement. L’organisation demande au gouvernement de veiller au respect de cet engagement, alors que la disponibilité du carburant demeure une préoccupation opérationnelle pour les entreprises.

À ce stade, l’effet annoncé sur les prix reste toutefois à confirmer. Les modalités de répercussion de cette baisse aux transporteurs n’ont pas encore été détaillées.

Indexation gazole : une circulaire attendue et trois réformes envisagées

Autre volet des discussions : l’application de l’indexation carburant, qui permet aux entreprises de transport routier de répercuter les variations du coût de l’énergie dans les prix de leurs prestations, conformément aux dispositions du code des transports.

Le ministère a confirmé la préparation d’une circulaire destinée à clarifier les règles en vigueur et à identifier les pratiques susceptibles d’en limiter l’application. Sont notamment visées les clauses dites « tunnels », qui encadrent les variations prises en compte, ainsi que les grilles tarifaires fixes lorsqu’elles font obstacle à l’indexation légale.

Mais l’exécutif envisage également des modifications législatives, selon un calendrier qui reste à définir.

Trois pistes ont été présentées : l’établissement d’une référence unique aux indices du Comité national routier (CNR), avec des modalités de calcul harmonisées ; l’extension du mécanisme d’indexation énergétique aux activités privées du transport routier de voyageurs ; et le remplacement des sanctions pénales par des sanctions administratives en cas de prix abusivement bas ou de non-respect de l’indexation gazole.

Pour l’OTRE, le renforcement de l’indexation constitue une condition nécessaire à la protection des marges des transporteurs, particulièrement exposés aux fluctuations du prix du gazole et aux tensions commerciales avec leurs donneurs d’ordre.

L’organisation accueille favorablement ces orientations, tout en rappelant qu’une circulaire ne saurait remplacer les adaptations législatives réclamées depuis plusieurs mois. Leur adoption dépendra notamment du calendrier parlementaire.

Les aides de juin à août promises d’ici fin novembre

Sur le plan financier, le gouvernement a également précisé le calendrier de versement des aides au carburant encore attendues par les entreprises.

Pour les dossiers déposés et jugés conformes, les aides correspondant au mois de mai doivent être intégralement versées au plus tard le 31 octobre. Les versements relatifs à la période de juin à août sont, quant à eux, annoncés d’ici le 30 novembre.

Ces échéances doivent apporter une visibilité supplémentaire aux entreprises confrontées à des tensions de trésorerie, même si elles ne répondent pas immédiatement à leurs besoins de liquidités.

L’enjeu est d’autant plus sensible que les transporteurs doivent régler leurs dépenses de carburant sans nécessairement pouvoir répercuter immédiatement les hausses auprès de leurs clients. Le respect des échéances annoncées constituera donc un premier test de la mise en œuvre des engagements gouvernementaux.

L’OTRE maintient les 21 et 22 octobre, la FNTR doit se prononcer lundi

En dépit de ces annonces, l’OTRE n’entend pas suspendre sa mobilisation. L’organisation maintient ses actions prévues les 21 et 22 octobre et demande désormais une confirmation officielle de l’ensemble des mesures présentées.

Elle réclame notamment un calendrier précis pour la publication de la circulaire sur l’indexation, la mise en œuvre des mesures relatives aux carburants et la présentation des réformes législatives au Parlement.

La FNTR adopte, pour sa part, une position d’attente. Lors de l’inauguration du salon Technotrans, sa présidente, Florence Dupasquier, a indiqué que plusieurs réponses du gouvernement restaient attendues avant toute décision.

« Nous restons ouverts au dialogue, mais les entreprises ont besoin d’actes et vite », a-t-elle déclaré, en annonçant une consultation des instances de la fédération le lundi 19 octobre.

Cette réunion doit permettre à la FNTR de déterminer sa position sur la poursuite du mouvement, dans un contexte où les organisations professionnelles partagent plusieurs revendications, mais ne se prononcent pas encore sur les mêmes modalités d’action.

La séquence sociale reste donc ouverte malgré les avancées annoncées le 13 octobre. Entre les engagements ministériels et leur traduction concrète, les transporteurs attendent désormais des décisions opposables, des textes publiés et des aides effectivement versées. Pour le gouvernement, la prochaine échéance est immédiate : convaincre les organisations professionnelles avant les mobilisations programmées les 21 et 22 octobre.

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