Sur certains axes européens, cet écart de prix est désormais suffisamment significatif pour influencer les coûts d’exploitation, les plans de ravitaillement et, in fine, la compétitivité des entreprises.
Tchéquie : afflux massif depuis l’Allemagne
Une situation comparable est observée en Tchéquie, notamment à proximité de la frontière allemande.
Selon Seznam Zprávy, certaines stations-service ont été confrontées à un afflux massif, provoquant des files d’attente de plus de 30 minutes, des blocages d’accès et des conducteurs remplissant plusieurs jerricans.
Les prix y étaient nettement inférieurs :
- environ 1,40 euro par litre d’essence
- environ 1,50 euro par litre de diesel
contre environ :
- 2,00 euros par litre d’essence
- 2,15 euros par litre de diesel côté allemand
À titre de comparaison, en France, les prix se situent actuellement autour de :
- 1,90 à 2,00 euros par litre d’essence
- 1,80 à 1,90 euros par litre de diesel
D’autres sources indiquent que certaines stations, notamment en Bohême occidentale, ont vu leur fréquentation tripler en une semaine. L’écart de prix – d’environ 0,40 à 0,60 euro par litre – suffit à modifier les habitudes de ravitaillement et à déplacer les flux de circulation.
L’Allemagne agit… sans combler l’écart
Face à la flambée des prix, l’Allemagne a engagé des mesures visant à encadrer les hausses.
Le gouvernement fédéral souhaite notamment limiter la fréquence des augmentations de prix par les stations-service, partant du constat que les prix à la pompe augmentent rapidement avec le pétrole, mais baissent plus lentement lorsque les coûts diminuent.
Toutefois, ces mesures n’ont pas pour effet de réduire l’écart structurel avec les pays voisins à fiscalité plus faible — un désavantage indirect pour les transporteurs opérant depuis ou vers l’Europe de l’Ouest, y compris la France.
Pourquoi la Slovénie attire les camions hors des itinéraires plus chers
Pour le fret routier, la Slovénie est plus qu’un simple voisin moins cher. En ce moment, elle fait office d’« oasis » logistique. Les transporteurs circulant sur les axes Italie–Slovénie–Croatie–Autriche peuvent encore acheter du diesel réglementé à des prix bien inférieurs à ceux des marchés voisins à coûts élevés. TrasportoEuropa indique que cela concerne désormais non seulement les camions italiens, mais aussi les véhicules autrichiens et croates, puisque la Slovénie se trouve sur d’importants corridors internationaux de fret et propose un prix réglementé plus bas.
Le système officiel slovène de fixation des prix l’explique. Le gouvernement indique que le prix de vente au détail du sans-plomb 95 et du diesel est établi selon une méthode fondée sur les prix du marché mondial, le taux de change USD/EUR et des moyennes sur 14 jours. Cette formule n’élimine pas toutes les fluctuations, mais elle crée un plafond fixé par l’État, qui peut rendre la Slovénie moins chère que ses voisins lorsque les décisions sur les droits d’accise et les marges jouent en sa faveur.
Cet avantage est devenu suffisamment marqué pour provoquer des problèmes d’approvisionnement. ANSA a rapporté le 13 mars que la Slovénie allait libérer progressivement ses réserves de pétrole après que certaines stations frontalières sont tombées à court de carburant. L’agence a indiqué que la principale pression venait de la demande étrangère, notamment d’Autriche. Côté italien, l’effet était moindre pour l’essence, car les subventions en Frioul-Vénétie Julienne maintiennent des prix de l’essence italienne compétitifs près de la frontière. Pour le diesel, c’est une autre histoire, ce qui explique pourquoi cette question touche davantage les transporteurs que les automobilistes particuliers.
Il faut aussi tenir compte des règles et des aspects opérationnels. TrasportoEuropa rapporte que la loi slovène n’autorise que 10 litres supplémentaires de carburant dans des contenants homologués, en plus de ce qui se trouve dans le réservoir du véhicule, avec des amendes pouvant aller jusqu’à 5.000 euros en cas d’infraction. Le même rapport indique qu’en Italie, les autorités ont contesté des véhicules équipés de réservoirs plus grands que la limite autorisée en raison de questions liées aux droits d’accise.









