Dans une analyse publiée le 23 décembre 2025, Xeneta décrivait 2026 comme une année de transition, plus qu’un retour à la normale. Depuis, de nouvelles données et annonces d’armateurs ont enrichi cette vision – sans pour autant dissiper les incertitudes majeures.
Le message central demeure inchangé : la sécurité dans la mer Rouge reste le facteur déterminant. Plus de deux ans après les détournements via le Cap de Bonne-Espérance, consécutifs aux attaques houthies contre des navires commerciaux, la zone est toujours considérée comme à haut risque par les armateurs.
Selon Xeneta, quelques transits isolés ou signes d’amélioration ne suffiront pas à enclencher un retour massif. Les lignes attendront une stabilité durable, des primes d’assurance acceptables et des conditions d’affrètement claires avant tout engagement significatif.
Des premiers retours limités, sans renversement du marché
Depuis la publication de l’analyse de décembre par Xeneta, certains transporteurs ont fait des pas prudents vers des itinéraires plus courts. En particulier, les services annoncés par CMA CGM utilisant le canal de Suez sur des boucles complètes ont été largement interprétés comme un test des conditions améliorées.
Cependant, les commentaires de marché ultérieurs de Xeneta suggèrent qu’il ne faut pas surestimer ces mouvements. Différents transporteurs poursuivent différentes stratégies, et il n’y a pas de retour coordonné ou de wide-industry en cours. Pour l’instant, le marché reste fragmenté, avec la majeure partie de la capacité toujours acheminée via le Cap de Bonne-Espérance.
Le risque d’un retour soudain de capacité
L’un des risques les plus importants soulignés par Xeneta est ce qui se passe si un retour plus large commence. Les détournements autour de l’Afrique du Sud ont ajouté environ 10 à 15 jours aux temps de transit Asie-Europe, absorbant une grande partie de la capacité de navire et resserrant l’offre sur les échanges clés.
Un large retour au Suez libérerait cette capacité relativement rapidement. Xeneta avertit que si cela coïncide avec la livraison de nouveaux navires de conteneurs commandés durant les années de boom, le marché pourrait rapidement passer de la tension à la surabondance – en particulier sur les routes Asie-Europe.
Un tel scénario exercerait une pression immédiate à la baisse sur les taux de fret au comptant et pourrait surprendre à la fois les transporteurs et les expéditeurs.
Les mises à jour hebdomadaires de marché plus récentes de Xeneta renforcent l’idée que la volatilité reste un trait distinctif du marché du conteneur alors que 2026 commence. Bien que les taux au comptant se soient déjà adoucis sur certaines voies, la capacité reste contrainte par des itinéraires plus longs et des inefficacités du réseau.
Le risque clé, selon Xeneta, est le timing. Un changement dans les schémas de routage pourrait altérer l’équilibre offre-demande en quelques mois, laissant les expéditeurs exposés si des contrats ont été conclus sous des hypothèses très différentes.
Les stratégies contractuelles à l’épreuve
Après une longue période de services irréguliers et de détournements forcés, la réouverture potentielle de la mer Rouge reformerait une fois de plus la relation entre les marchés au comptant et contractuels.
Xeneta continue de soutenir que la flexibilité sera cruciale en 2026. Une utilisation accrue de la tarification indexée, des durées de contrat plus courtes ou des stratégies de diversification des sources pourraient aider les expéditeurs à réduire le risque d’être enfermés dans des taux qui ne reflètent plus les réalités du marché si les conditions de capacité changent rapidement.
Même si plus de services commencent à transiter par la mer Rouge cette année, Xeneta met en garde contre l’attente d’un retour immédiat à des horaires fiables. Les reconfigurations de réseaux, les changements de rotations des navires et des ajustements possibles d’alliances sont susceptibles de continuer à perturber les services dans les premières étapes de toute transition.
En conséquence, les expéditeurs peuvent encore avoir besoin d’inclure des marges de sécurité dans leur planification, malgré la perspective de temps de transit plus courts via Suez.









