L’évaluation de BIMCO suggère que la baisse continue du trafic à Suez n’est pas liée au statut opérationnel du canal, mais plutôt à des préoccupations sécuritaires persistantes dans la région de la mer Rouge. Bien que les attaques du mouvement Houthi sur le transport commercial aient cessé, le groupe n’a pas formellement retiré ses menaces.
Du point de vue des armateurs et des assureurs, cela signifie que le risque n’a pas disparu. Par conséquent, les primes de risque de guerre pour les transits en mer Rouge restent élevées, et certaines polices d’assurance incluent encore des exclusions ou des conditions supplémentaires pour la zone. Selon BIMCO, une accalmie temporaire des hostilités n’est pas suffisante pour déclencher un retour massif du trafic.
Le détournement via le Cap est devenu la nouvelle norme
Des sources industrielles rapportent que de nombreuses lignes de conteneurs, opérateurs de pétroliers et transporteurs de vrac ont désormais pleinement adapté leurs réseaux aux routes autour du Cap de Bonne-Espérance. Bien que cette option augmente les distances de navigation et la consommation de carburant, elle offre des conditions d’exploitation plus prévisibles.
BIMCO note qu’une fois que les réseaux mondiaux de transport maritime ont été restructurés, les opérateurs hésitent à les modifier à nouveau, sauf en cas d’amélioration claire et durable des conditions de sécurité. En termes pratiques, cela signifie que même si des navires individuels testent la route de Suez, un retour complet des services réguliers est peu probable à court terme.
Impact sur l’Égypte et l’opérateur du canal
L’ Autorité du Canal de Suez a déjà confirmé une forte baisse des transits quotidiens et des revenus du canal par rapport à 2022 et début 2023. En réponse, elle a introduit des programmes d’incitation temporaires, incluant des réductions de frais de transit, pour tenter d’attirer les navires de retour.
Cependant, les analystes du secteur cités par gCaptain et Riviera Maritime soulignent que les incitations tarifaires seules ne peuvent compenser les coûts liés à la sécurité, tels que les primes d’assurance et les considérations de risque d’équipage. Ces facteurs échappent largement au contrôle de l’autorité du canal.
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