Agnieszka Kulikowska-Wielgus, trans.iNFO

Gazole en hausse : les transporteurs peuvent enfin répercuter plus vite les coûts

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Face à l’explosion des prix du carburant, les transporteurs obtiennent un levier concret : un indice gazole désormais actualisé toutes les deux semaines. Une avancée attendue, alors que certaines entreprises commencent déjà à disparaître.

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C’est une évolution technique, mais aux conséquences très concrètes pour les transporteurs. Le Comité national routier (CNR) publie désormais un indice gazole professionnel tous les quinze jours, et non plus une fois par mois.

Selon les informations du Journal du Poids Lourd, cette décision intervient après plusieurs semaines de forte pression des organisations professionnelles. Jusqu’ici, les entreprises de transport devaient attendre la publication mensuelle pour ajuster leurs tarifs, alors même que les prix du carburant évoluaient beaucoup plus rapidement.

Dans un contexte de forte volatilité liée à la situation géopolitique au Moyen-Orient, ce décalage pesait directement sur la trésorerie.

Une hausse brutale des coûts en mars

Les chiffres illustrent l’ampleur du choc. Selon le CNR, l’indice gazole professionnel atteint 237,97 sur la première quinzaine de mars, contre 193,34 en février, soit une hausse de 23 % en deux semaines.

Cet indice, calculé hors TVA, intègre différents modes d’approvisionnement (pompe et cuve) ainsi que le remboursement partiel de la TICPE.

Dans les faits, cela signifie que les transporteurs peuvent désormais répercuter ces hausses beaucoup plus rapidement dans leur facturation, réduisant ainsi l’écart entre coûts réels et prix facturés.

Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a salué la mesure :

« Les acteurs du transport routier sont fortement impactés par la crise au Moyen-Orient et ses répercussions sur les prix des carburants. […] L’objectif est de permettre aux transporteurs d’adapter plus rapidement leur facturation à la volatilité des prix. »

Des mesures jugées insuffisantes par la profession

Malgré cette avancée, la profession reste critique. Les organisations comme l’OTRE rappellent que d’autres pays européens ont déjà activé des mesures de soutien.

Selon elles, l’Italie, l’Espagne et le Portugal ont mis en place des leviers fiscaux pour amortir la hausse des prix, tandis qu’en France, aucune aide directe n’est prévue à ce stade.

L’OTRE réclame notamment :

Autrement dit, la possibilité de répercuter les hausses ne suffit pas toujours, surtout lorsque les marges sont déjà très faibles.

Une réalité déjà visible sur le terrain

La pression sur les coûts ne reste pas théorique. Elle se traduit déjà par des défaillances.

Le 23 mars 2026, l’entreprise de transport Ferdouel, basée à Vivonne (Vienne), a cessé son activité.
Cette société familiale, fondée dans les années 1990 et employant 47 salariés, a été placée en liquidation judiciaire.

Selon les informations recueillies par La Nouvelle République, les difficultés de trésorerie ont été déterminantes, malgré une activité soutenue.

Le dirigeant Didier Ferdouel explique :

« Il nous a manqué, en mars 2025, 50.000 euros pour pouvoir passer les paies. »

Et d’ajouter :

« Les carnets de commandes sont remplis. On a des contrats signés pour trois ans. »

Ce cas illustre une réalité de plus en plus fréquente dans le secteur : des entreprises actives, mais fragilisées par les coûts et la trésorerie.

Un levier utile, mais pas une solution complète

La publication bimensuelle de l’indice gazole constitue une avancée opérationnelle claire. Elle permet aux transporteurs de mieux suivre l’évolution des coûts et d’ajuster leurs tarifs plus rapidement.

Mais dans un contexte de hausse rapide des prix, de tensions sur les marges et de trésoreries fragiles, cette mesure apparaît davantage comme un outil de gestion que comme une réponse structurelle à la crise.

Sur le terrain, la situation reste tendue – et les prochaines semaines seront décisives pour de nombreuses entreprises du secteur.

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