Bartosz Wawryszuk

Poids lourds : le marché français recule alors que l’Europe repart à la hausse

Vous lirez cet article en 10 minutes

La reprise du marché européen des poids lourds ne profite pas à la France. Sur les neuf premiers mois de 2026, les immatriculations de camions d’au moins 16 tonnes ont reculé de 1 % dans l’Hexagone, alors qu’elles progressaient de 8,5 % dans l’Union européenne. L’Allemagne conserve sa position de premier marché, tandis que la Pologne et la Lituanie enregistrent des croissances à deux chiffres. En France, les camions rechargeables gagnent toutefois du terrain, malgré le repli du marché dans son ensemble.

Le texte que vous lisez a été traduit à l'aide d'un outil automatique, ce qui peut entraîner certaines imprécisions. Nous vous remercions de votre compréhension.

Les chiffres à retenir :

  • France : 27 389 camions d’au moins 16 tonnes immatriculés entre janvier et septembre 2026, soit une baisse de 1 % sur un an. Sur l’ensemble des camions de plus de 3,5 tonnes, le recul atteint 1,6 %.
  • Électrification en France : 771 camions d’au moins 16 tonnes rechargeables immatriculés, en hausse de 36 %. Leur part de marché reste limitée à environ 2,8 %.
  • Union européenne : 205 857 camions d’au moins 16 tonnes immatriculés, soit une hausse de 8,5 %.
  • Europe centrale et orientale : la Pologne progresse de 19,5 % sur le segment des 16 tonnes et plus, et la Lituanie de 24,9 %.
  • Motorisations : les immatriculations de camions d’au moins 16 tonnes rechargeables augmentent de 59,9 % dans l’UE, mais leur part de marché reste proche de 2,5 %.
  • Diesel : 91,7 % des camions neufs de plus de 3,5 tonnes immatriculés dans l’UE fonctionnent encore au gazole.

La France à contre-courant de la reprise européenne

Les dernières données de l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA), publiées le 28 octobre 2026, confirment le décalage entre le marché français et la dynamique européenne.

Entre janvier et septembre 2026, 27 389 camions d’au moins 16 tonnes ont été immatriculés en France, soit une diminution de 1 % par rapport à la même période de 2025. Dans le même temps, les immatriculations de cette catégorie progressaient de 8,5 % à l’échelle de l’Union européenne.

La France reste néanmoins le deuxième marché de l’UE pour les camions lourds, derrière l’Allemagne, qui totalise 41 275 immatriculations. Mais contrairement à son voisin allemand, où les ventes progressent de 3,9 %, le marché français continue de reculer.

Le contraste apparaît également avec les autres grands marchés européens. L’Espagne affiche une hausse de 13,4 % et l’Italie progresse de 3,8 %.

En élargissant l’analyse à tous les camions de plus de 3,5 tonnes, le constat reste défavorable à la France. Les immatriculations y diminuent de 1,6 %, alors qu’elles augmentent de 7,5 % dans l’ensemble de l’Union européenne.

Ces résultats interviennent dans un contexte difficile pour les entreprises françaises de transport routier de marchandises. Le dernier baromètre de la FNTR faisait déjà état d’une dégradation de l’activité, de l’emploi et des intentions d’investissement au troisième trimestre 2026.

Les chiffres d’immatriculation ne permettent pas, à eux seuls, d’établir les causes du recul français. Ils montrent néanmoins que le renouvellement du parc ne suit pas la même dynamique que dans plusieurs pays voisins.

Les camions rechargeables progressent malgré le repli du marché français

La situation est différente du côté des motorisations électriques rechargeables.

Entre janvier et septembre 2026, 771 camions d’au moins 16 tonnes rechargeables à partir d’une source d’énergie externe ont été immatriculés en France, soit une augmentation de 36 % sur un an.

Cette progression contraste avec le recul du marché français des poids lourds dans son ensemble. Elle reste toutefois modeste en volume : les véhicules rechargeables ne représentent qu’environ 2,8 % des nouvelles immatriculations de camions d’au moins 16 tonnes dans le pays.

En Allemagne, 1 722 véhicules de cette catégorie ont été immatriculés, soit une hausse de 91,3 %. Leur part atteint environ 4,2 % du marché allemand.

Lorsque l’on considère l’ensemble des camions de plus de 3,5 tonnes, la progression française des modèles rechargeables atteint même 60,2 %, selon l’ACEA. Cette catégorie plus large comprend également les camions de tonnage intermédiaire.

La France figure ainsi parmi les principaux marchés européens de l’électrification du transport routier lourd. Avec l’Allemagne et les Pays-Bas, elle concentre 74 % des immatriculations de camions rechargeables de plus de 3,5 tonnes dans l’Union européenne.

Le marché français présente donc deux tendances opposées : une baisse globale des nouvelles immatriculations et une progression des motorisations rechargeables, encore minoritaires.

L’Europe repart à la hausse, mais la reprise reste inégale

Sur les neuf premiers mois de 2026, l’Union européenne a enregistré 205 857 immatriculations de camions d’au moins 16 tonnes, contre 189 664 un an plus tôt, soit une progression de 8,5 %.

L’ACEA souligne cependant que cette croissance intervient après une période de faiblesse du marché. Le rebond bénéficie donc en partie d’une base de comparaison relativement basse.

Les résultats nationaux révèlent des écarts importants.

Pays Immatriculations de camions ≥ 16 t, janvier–septembre 2026 Évolution annuelle
France 27 389 −1,0 %
Allemagne 41 275 +3,9 %
Espagne 19 884 +13,4 %
Italie 17 868 +3,8 %
Pologne 23 549 +19,5 %
Lituanie 10 963 +24,9 %
Roumanie 6 851 +12,6 %
Hongrie 3 675 +5,9 %
Royaume-Uni* 25 449 −2,3 %

Source : ACEA, immatriculations de camions d’au moins 16 tonnes, janvier–septembre 2026. Le Royaume-Uni est présenté à titre de comparaison et n’entre pas dans le total de l’Union européenne.

Parmi les principaux marchés, l’Allemagne conserve la première place en volume, mais sa croissance reste modérée. La France, quant à elle, se distingue par son recul, tandis que l’Espagne et plusieurs pays d’Europe centrale et orientale affichent une progression nettement plus soutenue.

La Pologne et la Lituanie tirent la croissance

La Pologne constitue l’un des principaux moteurs de la reprise européenne.

Au cours des neuf premiers mois de 2026, le pays a enregistré 23 549 immatriculations de camions d’au moins 16 tonnes, contre 19 702 un an auparavant. Le marché progresse ainsi de 19,5 %, une croissance plus de deux fois supérieure à la moyenne européenne.

Cette dynamique se confirme sur le marché élargi des camions de plus de 3,5 tonnes, où la Pologne affiche une hausse de 20,5 %, avec 26 168 véhicules immatriculés.

La Lituanie enregistre une progression encore plus marquée dans la catégorie des 16 tonnes et plus : +24,9 %, avec 10 963 véhicules, contre 8 780 un an plus tôt.

La Roumanie suit également une trajectoire positive, avec 6 851 camions lourds immatriculés, soit une hausse de 12,6 %.

Ces résultats indiquent que les nouvelles immatriculations de poids lourds progressent nettement plus vite dans plusieurs pays d’Europe centrale et orientale qu’en France ou en Allemagne.

Ils ne permettent toutefois pas de conclure, à eux seuls, à une amélioration équivalente de la rentabilité des transporteurs ou des volumes de marchandises transportées.

L’électrification progresse, mais les écarts entre pays se creusent

À l’échelle européenne, les motorisations rechargeables affichent une croissance bien supérieure à celle du marché dans son ensemble.

Dans la catégorie des camions d’au moins 16 tonnes, 5 120 véhicules rechargeables ont été immatriculés dans l’UE entre janvier et septembre 2026, contre 3 203 sur la même période de 2025. Cela représente une progression de 59,9 %.

Mais cette hausse doit être replacée dans son contexte : sur près de 206 000 camions lourds neufs immatriculés, les modèles rechargeables représentent encore seulement 2,5 % du marché.

Et la transition avance à des rythmes très différents selon les pays.

L’Allemagne domine cette catégorie avec 1 722 immatriculations, devant la France et ses 771 véhicules. Ailleurs, les volumes restent beaucoup plus faibles.

En Pologne, seulement 46 camions d’au moins 16 tonnes rechargeables ont été immatriculés, soit environ 0,2 % du marché national. L’Italie en compte 60, l’Espagne 54, la Roumanie 23 et la Hongrie 15.

En Lituanie, malgré la forte progression du marché des poids lourds, un seul camion d’au moins 16 tonnes rechargeable a été immatriculé pendant les neuf premiers mois de l’année.

L’Espagne illustre également le décalage entre croissance globale et électrification. Alors que les immatriculations de camions lourds y augmentent de 13,4 %, celles des modèles rechargeables reculent de 49,1 %, passant de 106 à 54 unités.

En Roumanie, leur nombre diminue de 39 à 23, malgré une croissance globale de 12,6 % du marché des camions lourds.

La reprise des achats de camions ne s’accompagne donc pas nécessairement d’une accélération de l’électrification.

Ces écarts posent notamment la question des conditions de déploiement des véhicules électriques : disponibilité des infrastructures de recharge, financement des investissements et adéquation des véhicules aux usages des transporteurs.

Le diesel reste largement dominant sur le marché européen

Malgré la croissance des motorisations rechargeables, le diesel conserve une place prépondérante dans les nouvelles immatriculations.

Sur les neuf premiers mois de 2026, 91,7 % des nouveaux camions de plus de 3,5 tonnes immatriculés dans l’Union européenne étaient équipés d’un moteur diesel. Les immatriculations de ces véhicules ont même progressé de 6,6 % sur un an.

Dans la seule catégorie des camions d’au moins 16 tonnes, l’ACEA recense 193 696 nouveaux véhicules diesel, contre 178 856 sur la même période de 2025, soit une augmentation de 8,3 %.

Autrement dit, la croissance des immatriculations de camions rechargeables ne s’accompagne pas encore d’une diminution du nombre de camions diesel neufs mis en circulation.

La transition énergétique progresse, mais les motorisations conventionnelles restent au cœur des investissements des transporteurs européens.

Un marché français en retrait face à une Europe qui redémarre

Les données de l’ACEA mettent en évidence deux évolutions distinctes.

D’une part, le marché européen des poids lourds retrouve de la croissance, notamment grâce aux fortes progressions enregistrées en Pologne, en Lituanie, en Espagne et en Roumanie. La France ne participe toutefois pas à cette reprise et continue d’afficher un léger recul des nouvelles immatriculations.

D’autre part, la transition vers les motorisations rechargeables reste très inégale. La France figure parmi les principaux marchés européens pour ces véhicules, mais leur part demeure limitée dans les nouvelles immatriculations de poids lourds.

Pour le marché français, le contraste est particulièrement net : les achats de camions neufs reculent, alors que les immatriculations de modèles rechargeables progressent. À l’échelle européenne, la reprise du marché reste, pour l’essentiel, portée par les véhicules diesel.

Tags:

Lire aussi