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TAPA : en mars 2026, les vols de fret explosent en Europe, la France très touchée

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Le mois de mars a confirmé une tendance préoccupante : la criminalité visant les marchandises transportées progresse dans l’ensemble de la zone Europe–Moyen-Orient–Afrique. Les nouveaux signalements versés au TAPA EMEA Intelligence System mettent en lumière l’ampleur du risque financier pour les transporteurs et les assureurs. En toile de fond, un problème revient sans cesse sur les grands axes : le manque d’aires de stationnement réellement sécurisées pour les poids lourds.

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Jour après jour, les pertes se chiffrent en centaines de milliers d’euros, tandis que des groupes organisés opèrent avec une assurance inquiétante. Avec des milliers d’incidents recensés, le constat de fin de période est sombre. Les données permettent toutefois d’identifier les zones les plus exposées, les modes opératoires les plus fréquents et les types de marchandises le plus souvent visés. La place de la Pologne dans le classement envoie un signal clair au secteur : il est temps de revoir les routines de sûreté et les dispositifs de maîtrise des risques.

Des pertes de plusieurs millions et un coup d’éclat en Espagne

En mars 2026, le TIS a enregistré 5 719 nouveaux signalements de vols de fret dans 51 pays. Dans 336 dossiers où la valeur des biens dérobés a été communiquée, le total des pertes s’est élevé à environ 18,5 millions d’euros.

Lorsque le montant était indiqué, le préjudice moyen par incident atteignait 54 797 euros. Pour 56 vols dépassant 100 000 euros de pertes, la valeur moyenne du chargement volé s’établissait à 259 004 euros. Le mois compte aussi 33 affaires « intermédiaires » (entre 50 000 et 100 000 euros) représentant, à elles seules, environ 2 millions d’euros de pertes. Rapporté à l’ensemble de la période, cela équivaut à une moyenne de 593 934 euros de marchandises perdues par jour.

L’incident le plus lourd a été signalé le 17 mars à Tolède, en Espagne : un groupe organisé a ciblé un site logistique et a emporté 58 véhicules. Les pertes ont été estimées à 1,5 million d’euros, soit le plus important montant déclaré sur la période. Au total, les incidents de mars ont touché 21 catégories de produits différentes.

L’Allemagne et l’Italie en tête ; la Pologne aux portes du top 5

La lecture pays par pays montre où le risque est actuellement le plus élevé. L’Allemagne arrive en tête avec 1 295 incidents. L’Italie suit avec 867 cas, et la France se place troisième avec 850 vols signalés.

Le Royaume-Uni occupe la quatrième position (761 incidents), tandis que l’Espagne complète le top 5 avec 682 faits.

Juste derrière ce groupe, la Pologne se classe sixième dans la région EMEA, avec 338 incidents recensés. Elle devance ainsi la République tchèque (207), la Slovaquie (94) et les Pays-Bas (45). Ces volumes confirment que l’Europe centrale reste un terrain d’activité intense pour les réseaux criminels.

Les parkings non sécurisés restent une cible privilégiée

La répartition géographique met en évidence un problème structurel : l’offre d’infrastructures de stationnement sécurisées est insuffisante. Pas moins de 4 412 incidents — soit 77,15 % de l’ensemble des signalements — ont été enregistrés avec une « localisation inconnue ». Les enseignements les plus exploitables proviennent donc des autres catégories.

On compte également 400 faits associés à des zones de stationnement non classées (6,99 %). Cela suggère que les conducteurs contraints de s’arrêter sur des aires improvisées, des bretelles ou des parkings non surveillés sont particulièrement exposés. À titre de comparaison, 288 incidents ont eu lieu sur des sites de vente au détail, 268 sur des points d’origine de la chaîne d’approvisionnement, et 236 pendant le transport. Les parkings sécurisés certifiés n’ont, eux, totalisé que cinq incidents.

La technique la plus courante : entailler les bâches

Les méthodes des délinquants évoluent peu, avec une pratique largement dominante. L’effraction est la tactique la plus souvent mentionnée, avec 3 681 cas (64,36 %). Concrètement, il s’agit le plus souvent de couper la bâche d’une semi-remorque pour vérifier rapidement le contenu.

Dans 1 549 dossiers, le mode opératoire n’a pas pu être établi. Autre point d’alerte : le nombre d’incidents impliquant de la violence ou une menace directe pour la vie et la santé des conducteurs — 303 cas (5,30 %).

Les abus internes — impliquant des employés d’entreprises de transport ou d’entrepôts — représentent 136 incidents. Les autorités ont aussi recensé des faits de fraude et d’usurpation d’identité (34 incidents), ainsi que des substitutions trompeuses de véhicules (11 cas). Trois incidents concernaient des vols de marchandises commis depuis un véhicule en mouvement.

Dans la base, les catégories les plus fréquentes restent le vol « simple » (2 003 cas) et le vol dans un véhicule (1 831). S’ajoutent 531 vols de remorques complètes, 519 vols depuis des conteneurs et caisses mobiles, ainsi que 22 vols de poids lourds entiers.

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