Un texte publié le 17 août dans le Journal officiel fédéral officialise plusieurs mesures déjà annoncées par le ministère fédéral du Numérique et des Transports. La plupart entreront en vigueur dès le lendemain, soit le 18 août 2026.
Le nouveau règlement rend ces dispositions obligatoires et ajoute l’albanais aux langues proposées pour certains examens.
Les principales évolutions :
- L’examen de qualification initiale accélérée sera disponible en allemand et dans neuf langues étrangères.
- L’épreuve de conduite de la qualification initiale passera de 120 à 90 minutes. Une épreuve pratique supplémentaire sera supprimée.
- L’Ukraine et le Monténégro rejoindront la liste des pays dont certains permis pourront, sous conditions, être convertis sans repasser les épreuves théorique et pratique.
- Le certificat d’acuité visuelle exigé pour les permis poids lourd et autobus pourra également être délivré par un cabinet d’optique agréé.
- Les obligations des organismes de formation et des candidats concernant les justificatifs à transmettre aux chambres de commerce et d’industrie seront précisées et rendues contraignantes.
L’examen de qualification des conducteurs routiers sera proposé en neuf langues étrangères
Pour les entreprises qui recrutent à l’international, l’élargissement des langues d’examen constitue probablement la mesure la plus importante.
À l’avenir, l’examen de qualification initiale accélérée pourra être passé en allemand ainsi qu’en albanais, anglais, arabe standard moderne, croate, polonais, roumain, russe, turc ou ukrainien.
Les candidats qui devaient jusqu’ici suivre toute la procédure en allemand, notamment ceux originaires de pays extérieurs à l’Union européenne, verront ainsi disparaître un obstacle important. Le niveau de compétence exigé ne change pas : seule la langue utilisée lors de l’examen est élargie.
La version définitive du règlement va plus loin que le projet initial, qui prévoyait huit langues étrangères. L’albanais a finalement été ajouté.
Cette possibilité ne concerne toutefois pas tous les examens destinés aux conducteurs professionnels. Elle s’applique précisément à l’épreuve de qualification initiale accélérée.
L’épreuve pratique sera raccourcie de 120 à 90 minutes
La procédure classique de qualification initiale sera elle aussi allégée.
La partie consacrée à la conduite durera désormais 90 minutes au lieu de 120. En parallèle, l’épreuve pratique distincte consacrée à la gestion des situations critiques disparaîtra.
Le contenu de l’examen pratique sera donc sensiblement réduit, ce qui rapproche la procédure allemande des exigences minimales appliquées à l’échelle européenne.
Le règlement précise également les moyens que le candidat devra prévoir le jour de l’épreuve : un véhicule adapté à l’examen et un moniteur disposant d’une autorisation d’enseignement valide pour la catégorie concernée.
L’Ukraine et le Monténégro ajoutés au dispositif de conversion des permis
Le texte modifie également les conditions de reconnaissance de plusieurs permis de conduire étrangers.
L’Ukraine et le Monténégro seront ajoutés à l’annexe 11 du règlement allemand relatif au permis de conduire. Pour les catégories visées par cette annexe, la conversion en permis allemand pourra généralement s’effectuer sans nouvel examen théorique ni pratique.
Une exception demeure pour les permis ukrainiens des catégories poids lourd et autobus. Lorsque les catégories C ou D ont été délivrées sans obtention préalable de la catégorie B, le candidat devra encore réussir les deux épreuves pour obtenir le permis allemand de catégorie B.
Les transporteurs doivent par ailleurs distinguer deux démarches : la reconnaissance ou la conversion d’un permis ne remplace pas automatiquement la qualification professionnelle obligatoire. Les conducteurs employés dans le transport commercial restent soumis à l’ensemble des exigences de qualification applicables.
Le règlement ajuste également les règles de reconnaissance des permis délivrés en Albanie, au Kosovo et en Israël.
Les certificats d’acuité visuelle pourront aussi être délivrés par des opticiens
La réforme apporte une autre simplification concrète aux personnes qui demandent ou renouvellent un permis poids lourd ou autobus.
Les candidats aux catégories C, C1, CE, C1E, D, D1, DE et D1E devront toujours fournir la preuve d’une acuité visuelle suffisante. En revanche, ce certificat pourra désormais être délivré par un cabinet d’optique agréé.
Les demandeurs disposeront ainsi de davantage de possibilités pour obtenir le document obligatoire.
Les formations devront être justifiées avant l’examen
Les nouvelles règles sur les justificatifs sont moins visibles, mais elles auront des conséquences importantes pour les auto-écoles et les organismes de formation.
Toute personne souhaitant passer l’examen de qualification initiale accélérée devra prouver auprès de la chambre de commerce et d’industrie compétente qu’elle a bien suivi la formation requise.
La même obligation s’appliquera aux conducteurs qui passent du transport de marchandises au transport de voyageurs, ou inversement, lorsqu’une partie seulement de la qualification doit être suivie. Ils devront désormais présenter explicitement la preuve des qualifications déjà acquises.
Des pratiques auparavant encadrées en partie par des procédures internes et des attestations sont ainsi intégrées directement au règlement.
Le code 95 pourra figurer sur l’attestation de conducteur
Le règlement prévoit également une mesure pratique pour les entreprises qui emploient des conducteurs originaires de pays extérieurs à l’Union européenne.
Sur demande, le code 95 pourra être inscrit dans la rubrique réservée aux mentions particulières de l’attestation de conducteur, à condition que la qualification existante ait été vérifiée. Lorsqu’aucun certificat distinct n’est disponible, cette qualification pourra, dans certaines situations, être confirmée par consultation des données du registre des qualifications professionnelles des conducteurs.
Cette évolution devrait faciliter le suivi administratif des conducteurs professionnels qui travaillent à l’international.
Une association appelle à renforcer l’accompagnement en entreprise
L’association « Hellwach mit 80 km/h », basée à Mannheim, accueille favorablement la suppression de plusieurs obstacles à l’entrée dans le métier. Elle estime toutefois que la réforme ne doit pas être évaluée uniquement à l’aune de la rapidité avec laquelle les conducteurs obtiennent leur qualification.
Selon l’association, l’accueil et la formation sur le lieu de travail doivent suivre le rythme, en particulier pour les conducteurs recrutés à l’étranger. Elle recommande notamment des consignes de sécurité multilingues, des règles de communication plus claires sur les quais de chargement et un parcours d’intégration structuré.
Un porte-parole de l’initiative a résumé sa position ainsi :
Un examen disponible en plusieurs langues ne remplace pas une culture de la sécurité accessible à tous. La reconnaissance d’un permis ne dispense pas d’un accompagnement concret lors de la prise de poste.
La mise en garde porte donc moins sur la réforme elle-même que sur l’accompagnement proposé après l’examen et le recrutement.
Davantage de souplesse pour recruter des conducteurs
Pour les entreprises de transport, les nouvelles règles concernent plusieurs étapes qui demandaient jusqu’à présent du temps et des démarches supplémentaires : la langue de l’examen, sa durée, la reconnaissance des permis étrangers et les justificatifs médicaux.
Il est encore difficile d’évaluer si cette réforme aura un effet significatif sur la pénurie de conducteurs. Une chose est certaine : dès le 18 août, les mesures annoncées précédemment deviendront des règles contraignantes.
Les transporteurs et les commissionnaires devront désormais suivre la rapidité avec laquelle les chambres de commerce et d’industrie, les auto-écoles, les autorités chargées des permis et les employeurs adapteront leurs procédures à ce nouveau cadre.









