- Depuis le 1er juillet 2026, les véhicules utilitaires légers de plus de 2,5 tonnes et jusqu’à 3,5 tonnes sont concernés par l’obligation de tachygraphe lorsqu’ils sont utilisés pour du transport international de marchandises.
- Selon Kienzle, un peu plus d’un opérateur concerné sur trois n’avait pas terminé l’installation à la date limite.
- Au total, 15,6 % des entreprises n’avaient encore engagé aucune démarche d’équipement.
- Par ailleurs, 18,8 % n’avaient prévu aucune formation pour leurs conducteurs ou leurs exploitants.
- Aucun délai général de tolérance n’est prévu après l’entrée en vigueur de la règle.
Des progrès déclarés, mais des véhicules encore hors délai
Les transporteurs ont nettement accéléré leur préparation au paquet Mobilité I. Dans la seconde enquête menée par Kienzle Automotive, 78 % des répondants se disaient bien ou très bien préparés en juin, contre un peu moins de 39 % au printemps.
La situation réelle des flottes concernées s’est toutefois révélée moins favorable que ne le laissait penser cette perception. Au moment de l’échéance, un peu plus d’un tiers des entreprises n’avaient pas achevé leur mise en conformité. Certaines attendaient encore la fin de l’installation, d’autres ne disposaient que d’un rendez-vous en atelier, tandis que 15,6 % n’avaient engagé aucune démarche.
Le chiffre le plus préoccupant concerne donc les 15,6 % d’opérateurs qui n’avaient pas encore commencé leur démarche.
Se sentir prêt ne remplace pas l’achèvement de l’installation, explique Jan Kaumanns, directeur général et actionnaire de Kienzle Automotive. Une entreprise encore en cours de mise en œuvre le jour de l’échéance s’exposait à un risque juridique important.
Cette enquête n’a pas vocation à représenter l’ensemble du marché. Le premier sondage a été réalisé auprès de 116 clients du fournisseur de solutions de tachygraphie et de télématique, qui ont ensuite été invités à répondre de nouveau en juin. Les résultats fournissent donc une indication de l’état d’esprit du secteur, mais ne permettent pas de mesurer précisément le niveau d’équipement de l’ensemble des flottes allemandes.
Le seuil de 2,5 tonnes ne suffit pas à déterminer l’obligation
L’arrivée de cette obligation ne signifie pas que chaque utilitaire de 3,5 tonnes doit automatiquement être équipé d’un tachygraphe.
D’après le BALM, la règle s’applique depuis le 1er juillet 2026 au transport international de marchandises et au cabotage lorsque le véhicule ou l’ensemble routier dépasse 2,5 tonnes. La Commission européenne retient également cette date pour les véhicules utilitaires légers concernés et utilisés dans le cadre d’un transport commercial international.
Un utilitaire de plus de 2,5 tonnes et d’au plus 3,5 tonnes qui circule exclusivement dans un même pays n’est donc pas systématiquement soumis à cette obligation. Des exemptions prévues par la réglementation peuvent également s’appliquer selon la nature exacte de l’activité. En cas d’incertitude, le BALM recommande d’examiner chaque situation séparément afin de déterminer si un tachygraphe est nécessaire.
L’obligation de tachygraphe implique aussi de nouvelles règles sociales
Pour les entreprises concernées, l’enjeu ne se limite pas à l’installation d’un appareil supplémentaire à bord des véhicules. L’extension du dispositif aux utilitaires légers engagés à l’international entraîne aussi l’application des règles européennes relatives au temps de conduite, aux pauses et aux périodes de repos. Depuis le 1er juillet 2026, ces obligations concernent les ensembles de plus de 2,5 tonnes utilisés pour le transport international de marchandises.
Les flottes de messagerie, de transport express et de transport de petits lots sont particulièrement exposées, car elles franchissent régulièrement les frontières avec des véhicules allant jusqu’à 3,5 tonnes. Les cartes de conducteur, la gestion des données du tachygraphe et le respect du temps de travail font désormais partie des procédures quotidiennes pour une partie de ces opérateurs.
L’enquête de Kienzle met néanmoins en évidence des lacunes persistantes. La proportion d’entreprises n’ayant prévu aucune formation est passée de 33,6 % au printemps à 18,8 % en juin. Mais seules 9,4 % estimaient que leurs conducteurs et leurs exploitants étaient « très bien formés », tandis que 59,4 % jugeaient leur niveau de préparation seulement partiellement satisfaisant.
Le coût de l’installation reste le principal frein
Pour 62,5 % des répondants, le coût de la mise en conformité constitue désormais la principale difficulté. Cette proportion s’élevait à 57,8 % au printemps. De leur côté, 40,6 % des entreprises citent le manque de clarté des règles ou leur possible évolution, et la même proportion évoque les difficultés techniques liées à l’installation.
Pour les petites flottes, la facture ne se limite pas à l’achat du matériel et à l’immobilisation en atelier. Il faut également prévoir les cartes de conducteur, la gestion des données, la formation des équipes et l’adaptation des tournées afin de respecter les temps de conduite et de repos.
Depuis le 1er juillet, cette question n’est plus théorique. Un utilitaire ne devient pas conforme simplement parce qu’un rendez-vous a été pris dans un atelier.
Chaque tournée doit désormais être affectée au bon véhicule
Les sanctions ne sont pas harmonisées dans toute l’Union européenne. Leur montant dépend du droit national du pays dans lequel l’infraction est constatée. La fourchette souvent citée de 1 500 à 4 500 euros ne correspond donc pas à une amende unique applicable dans toute l’Union.
Pour les gestionnaires de flotte, une question beaucoup plus concrète se pose désormais : quel véhicule est affecté à quelle tournée aujourd’hui ?
Près de six semaines après l’entrée en vigueur du dispositif, chaque utilitaire utilisé à l’international devrait disposer d’un statut clairement établi. L’exploitant doit savoir si le véhicule entre dans le champ de l’obligation, si l’équipement requis fonctionne et si les conducteurs comme les planificateurs maîtrisent les nouvelles procédures.
L’échéance n’est plus à venir : elle a été dépassée le 1er juillet.









