Sur l’année, le terminal a traité 2 470 700 EVP, décembre s’imposant comme son deuxième mois le plus chargé avec 224 700 EVP. Toutefois, ces volumes ont été atteints dans un contexte de fortes frictions logistiques. Le port d’Anvers-Bruges a indiqué que 2025 a été marquée par 25 jours de mouvements sociaux, une volatilité géopolitique et l’évolution des schémas commerciaux, autant de facteurs qui ont maintenu l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement sous pression.
Parts de marché et contraintes d’infrastructure
Si Antwerp Gateway a enregistré une croissance, l’environnement portuaire au sens large a montré des signes de tension. Le trafic conteneurs total du port d’Anvers-Bruges n’a progressé que de 0,7 % en 2025. Par ailleurs, la part de marché du port dans le range Hambourg–Le Havre a reculé de 1,2 point pour s’établir à 29,3 % au cours des neuf premiers mois de l’année.
L’écart entre la croissance record du terminal et l’érosion de la part de marché du port laisse penser que la capacité et les flux terrestres deviennent des goulets d’étranglement critiques. Pour les transporteurs routiers et les prestataires logistiques, la stabilité de cette porte d’entrée reste liée au programme d’extension en cours. Lancé en 2020 et devant s’achever en 2026, le projet prévoit la modernisation de modules de portiques de parc afin d’augmenter la capacité de stockage de 30 %.
Évolutions opérationnelles
Pour atténuer les effets de la congestion, l’exploitant s’oriente vers davantage d’automatisation et vers un modèle de « logistique de nuit » afin d’étaler la distribution des marchandises sur un cycle de 24 heures. Les infrastructures actuelles du site comprennent :
- 15 portiques de quai et 23 modules de portiques de parc automatisés (ASC).
- 63 chariots cavaliers, avec une transition vers des unités hybrides.
- Trois grands postes à quai capables d’accueillir des navires avec un tirant d’eau de 16 mètres.
Résultats financiers mondiaux
Ces chiffres à Anvers s’inscrivent dans un reporting financier plus large de DP World, faisant état d’un chiffre d’affaires groupe de 24,4 milliards $ en 2025, en hausse de 22 %. L’EBITDA ajusté a progressé de 18 % pour atteindre 6,4 milliards $, tandis que le volume brut total traité sur l’ensemble de son portefeuille mondial a atteint 93,4 millions d’EVP.
Malgré ce chiffre d’affaires record, les perspectives du groupe pour 2026 restent prudentes en raison de risques externes. La direction a cité la politique tarifaire américaine, les perturbations des horaires de navigation et la poursuite des incertitudes économiques en Europe comme des facteurs susceptibles de peser sur la performance. Le groupe a prévu 3 milliards $ de dépenses d’investissement en 2026 afin de répondre à ces enjeux de productivité sur des actifs clés, dont Anvers et London Gateway.









