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Paiements en retard : 62 % des entreprises européennes décalent aussi leurs fournisseurs

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Selon l’European Payment Report 2026 d’Intrum, les retards de paiement se propagent à grande vitesse en Europe. Résultat : 62 % des entreprises finissent par payer leurs propres fournisseurs après l’échéance, faute d’avoir été réglées à temps par leurs clients. Et la situation pourrait encore se tendre.

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L’étude s’appuie sur les réponses de 8 385 entreprises dans 20 pays. Elle met en évidence un effet domino : les délais s’allongent d’un maillon à l’autre et les retards « circulent » désormais dans les chaînes d’approvisionnement. Concrètement, 62 % des sociétés interrogées expliquent qu’elles dépassent les échéances vis-à-vis de leurs fournisseurs parce que leurs clients les ont payées trop tard.

Dans le transport et la logistique, l’impact est particulièrement visible : trésorerie sous pression, alors que de nombreuses charges ne peuvent pas attendre. Carburant, salaires, péages, leasing des véhicules, entretien et assurance doivent être réglés à date fixe, indépendamment du moment où les factures clients sont effectivement encaissées.

Ce phénomène est le plus marqué en Allemagne (70 % d’entreprises concernées). La Pologne suit avec 69 %, puis l’Autriche, le Danemark et la Slovaquie à 68 %. L’Italie atteint 67 % et le Royaume-Uni 64 %, soit des niveaux supérieurs à la moyenne européenne.

En B2B, l’écart atteint 20 jours entre délais accordés et paiements reçus

Côté relations interentreprises, les entreprises accordent en général 43 jours à leurs clients pour payer, mais constatent un règlement au bout de 63 jours en moyenne. Cela représente un décalage de 20 jours. Pour les clients du secteur public, les conditions de paiement sont de 53 jours, mais les paiements interviennent en moyenne au bout de 70 jours. Pour les factures adressées aux particuliers, le paiement arrive après 32 jours, alors que les conditions moyennes sont de 22 jours.

Intrum indique que les délais « sur le papier » ont globalement peu bougé au cours des cinq dernières années, mais que les paiements réels continuent de se dégrader. L’écart en B2B est ainsi passé de 16 jours en 2023 à 20 jours en 2026.

Autre signal d’alerte : la part du chiffre d’affaires encaissée avec retard dépasse désormais le seuil jugé supportable par les entreprises. Les répondants estiment pouvoir absorber 12,08 % du chiffre d’affaires payé hors délai sans perturber l’activité. Or, le niveau constaté atteint 12,13 %.

L’exposition aux retards de paiement est la plus élevée en Hongrie (14,52 %), suivie par la France (14,16 %) et l’Autriche (14,13 %).

Droits de douane : une inquiétude surtout portée par les grands pays exportateurs

À l’échelle européenne, 34 % des entreprises considèrent que le régime actuel des droits de douane représente un risque sérieux pour leur survie au cours des 12 prochains mois. Intrum estime que, rapporté à l’ensemble des entreprises couvertes par l’étude, cela représenterait 10,9 millions d’entreprises et 66 millions d’emplois potentiellement menacés.

L’inquiétude est la plus forte en Irlande (44 %), puis en France (42 %), en Italie (41 %) et en Allemagne (39 %). Ces quatre pays figurent parmi les principaux exportateurs vers les États-Unis, notamment dans la pharmacie, l’automobile, les biens industriels, les machines, le luxe et les composants aéronautiques.

Les grandes entreprises sont plus nombreuses que les PME à considérer ces droits de douane une menace pour leur survie (40 % contre 31 %). En revanche, les PME anticipent plus souvent une dégradation à venir, ce qu’Intrum attribue à des marges de manœuvre plus limitées face aux retards de trésorerie.

Plus d’acomptes et de contrôles : les entreprises resserrent la vis

Une entreprise européenne sur deux exige désormais un paiement anticipé à ses clients, contre 46 % un an plus tôt et 31 % en 2020. La part de celles qui réalisent des vérifications de solvabilité monte à 39 %, tandis que 26 % déclarent recourir à des dispositifs de prévention de la fraude.

Le recours à la directive européenne sur les retards de paiement progresse également. Selon Intrum, 60 % des entreprises font désormais valoir leur droit à des intérêts et à des indemnités lorsqu’une facture est réglée hors délai, contre 42 % en 2021.

Enfin, le rapport indique que 58 % des entreprises souhaitent des règles publiques plus strictes contre les retards de paiement. Parmi les pistes envisagées : plafonner les délais de paiement à 30 jours pour les PME, tout en laissant les grandes entreprises négocier leurs conditions. Intrum note que 71 % des répondants jugent cette mesure équitable pour les PME, et 66 % estiment qu’elle améliorerait les pratiques de paiement en Europe.

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