Le chauffeur a immobilisé le véhicule en route vers le destinataire, dans la ville d’Almelo. Selon les informations rapportées, il reste dans la cabine du camion depuis plusieurs dizaines de jours et refuse de livrer le chargement tant que le litige salarial n’est pas réglé. La situation est décrite en détail par le portail régional néerlandais « Oost ». La publication souligne que le conflit a depuis longtemps dépassé le cadre d’un différend professionnel classique.
Le chauffeur est stationné depuis douze jours dans une station-service « Esso ». La cabine est devenue son domicile provisoire – sans douche, sans équipements de base et, surtout, sans chauffage. D’après le chauffeur, il y vit pratiquement depuis juillet dernier. Il n’a pas vu sa famille depuis huit mois.
La situation s’est encore aggravée lorsque le moteur du camion a été coupé à distance – depuis la Lituanie. En conséquence, l’homme ne peut plus utiliser le système de chauffage. Pour se réchauffer, il utilise un petit réchaud à gaz placé dans la cabine entre ses jambes – le seul moyen de se réchauffer au moins un minimum.
« C’est très dur pour moi, il fait très froid dans le camion », est cité le chauffeur.
Litige salarial
Selon le chauffeur, ses salaires ont été versés pendant les deux premiers mois, mais ensuite les paiements sont devenus trop faibles ou n’ont plus du tout été crédités sur son compte. Il affirme que d’autres collègues rencontrent des problèmes similaires, mais que c’est lui qui a décidé d’agir.
En route vers Almelo, où il devait livrer le chargement, il s’est arrêté et a déclaré qu’il ne le remettrait pas tant qu’il ne serait pas payé.
Le chauffeur invoque le droit dit de rétention – un principe selon lequel un chargement peut être retenu et non livré tant que la somme due n’a pas été payée. Dans ce cas-ci : son salaire.
« Esclavage moderne » ?
Ricardo Ouwerkerk, représentant du syndicat néerlandais FNV, juge la situation très sévèrement. Selon lui, si un chauffeur ne perçoit pas le salaire dû, de 60 à 100 euros par jour, cela peut être considéré comme de l’exploitation – voire comme de « l’esclavage moderne ».
La FNV et l’organisation VNB suivent la situation, tentent de contacter l’entreprise lituanienne et vont jusqu’à informer ses clients afin d’accroître la pression.
Police et tentatives de prise de contrôle du tracteur routier
La police a déjà été impliquée dans le conflit. Le deuxième jour de la protestation, des agents sont arrivés après avoir reçu un signalement de l’employeur concernant une possible appropriation indue du véhicule. Toutefois, la police n’a pas retenu la version de l’entreprise et est repartie.
Après quelques jours, trois équipes de police se sont rendues sur place – après que plusieurs personnes ont tenté d’entrer dans la cabine et d’en faire sortir le chauffeur. Il est supposé qu’il aurait pu s’agir d’une tentative de l’employeur de reprendre le contrôle. Le chauffeur s’est enfermé dans la cabine.
« J’ai l’impression d’être en prison », dit Muhammad.
Solidarité à la station-service
Alors que le différend reste non résolu, des représentants syndicaux apportent périodiquement des provisions – riz, œufs, viande, bananes. Les visiteurs de la station-service apportent aussi parfois du café ou des sandwichs.
« Nous essayons de rendre la situation aussi humaine que possible pour lui », déclare R. Ouwerkerk.
Les représentants syndicaux soulignent qu’il est important de montrer au chauffeur qu’il n’a pas été laissé seul.
La FNV et l’organisation VNB suivent la situation, tentent de contacter l’entreprise lituanienne et vont jusqu’à informer ses clients afin d’accroître la pression.
Selon le chauffeur, ses salaires ont été versés pendant les deux premiers mois, mais ensuite les paiements sont devenus trop faibles ou n’ont plus du tout été crédités sur son compte. Il affirme que d’autres collègues rencontrent des problèmes similaires, mais que c’est lui qui a décidé d’agir.
Les représentants syndicaux soulignent qu’il est important de montrer au chauffeur qu’il n’a pas été laissé seul, comme c’est souvent le cas pour certains conducteurs confrontés à des situations de travail difficiles.











