Depuis le 3 septembre, une nouvelle desserte ferroviaire relie le terminal multimodal du port Ouest de Dunkerque au port Édouard-Herriot de Lyon. Exploitée par DELTA RAIL, avec une traction assurée par TRAIX, deux filiales de MODAL GROUP, elle propose trois allers-retours hebdomadaires entre les Hauts-de-France et la vallée du Rhône.
Le premier train a quitté Dunkerque à 17 heures pour arriver à Lyon à 7 heures le lendemain, soit un trajet de 14 heures entre les deux terminaux, selon les informations communiquées par l’opérateur.
La liaison est ouverte aux transporteurs routiers, commissionnaires de transport, logisticiens et industriels. Son fonctionnement multi-clients permet de réserver une partie de la capacité d’un train sans avoir à mobiliser une rame entière.
Semi-remorques P400, conteneurs et caisses mobiles
MODAL GROUP annonce une capacité d’environ 40 unités de transport intermodal (UTI) par train, pour une longueur maximale de 750 mètres.
Le service accepte notamment les semi-remorques P400, les conteneurs et les caisses mobiles de 45 pieds. Il peut également prendre en charge différentes catégories de marchandises, des produits chimiques aux marchandises générales, en passant par les liquides, les gaz et les produits sous température dirigée.
Pour les transporteurs routiers, cette offre permet d’intégrer le rail sur la partie longue distance du trajet, tout en conservant le camion pour les acheminements entre les terminaux et les sites de chargement ou de livraison.
Le modèle multi-clients présente également un intérêt pour les entreprises dont les volumes ne justifient pas l’affrètement d’un train complet. Elles peuvent mutualiser les capacités ferroviaires avec d’autres chargeurs, sous réserve des places disponibles et des conditions d’acceptation des marchandises.
MODAL GROUP prévoit d’augmenter progressivement la fréquence de trois à cinq allers-retours hebdomadaires, à mesure que de nouveaux flux seront intégrés.
Dunkerque, porte d’entrée des flux britanniques et irlandais
La nouvelle desserte s’appuie sur le terminal multimodal du port Ouest de Dunkerque, implanté à proximité des infrastructures maritimes desservant le Royaume-Uni et l’Irlande.
Cette situation permet d’envisager des chaînes de transport associant traversée maritime, acheminement ferroviaire et distribution routière vers les destinations finales.
Le terminal, développé par MODAL GROUP et Dunkerque-Port, représente un investissement annoncé de 25 millions d’euros. Implantée sur 9,6 hectares, l’infrastructure a notamment été conçue pour accueillir des trains de fret de 750 mètres et assurer le transfert de semi-remorques et de caisses mobiles entre la route et le rail.
Selon les données communiquées lors de la présentation du projet, sa capacité de traitement pourrait atteindre à terme 50 000 unités intermodales par an. Il s’agit toutefois d’un objectif pour l’ensemble du terminal, et non du volume annoncé pour la seule liaison Dunkerque–Lyon.
Pour les opérateurs de transport, l’intérêt de cette implantation réside notamment dans la possibilité de prolonger vers le sud des flux arrivant par ferry, sans effectuer l’intégralité du trajet en camion.
Piacenza : un prolongement prévu début 2027
MODAL GROUP prépare déjà la prochaine étape de son développement sur cet axe nord-sud.
Le groupe prévoit de prolonger le corridor jusqu’à Piacenza, dans le nord de l’Italie, à partir de janvier 2027. Cette extension est actuellement en phase de test, selon son communiqué.
L’objectif est de relier Dunkerque, Lyon et Piacenza au sein d’une même offre de transport combiné.
Le groupe exploite déjà une liaison ferroviaire entre Lyon et Piacenza. Le projet consiste donc à articuler cette desserte existante avec le nouveau service au départ de Dunkerque.
La date exacte de mise en place du prolongement, ses modalités opérationnelles et les éventuelles correspondances à Lyon restent à préciser.
MODAL GROUP développe parallèlement d’autres relations ferroviaires, notamment entre Fos-sur-Mer et Lyon ainsi qu’entre Fos-sur-Mer et Chalon-sur-Saône. L’ajout de Dunkerque doit permettre d’élargir les possibilités d’acheminement entre les ports français, les bassins industriels et le nord de l’Italie.

Le réseau multimodal européen de MODAL GROUP relie notamment Dunkerque, Lyon et plusieurs plateformes en France et en Italie. La carte présente également les connexions maritimes et routières du groupe. / Source : MODAL GROUP
TRAIX assure la traction ferroviaire
La nouvelle liaison marque également une étape dans le développement de TRAIX, l’entreprise ferroviaire créée au sein de MODAL GROUP.
Selon le groupe, TRAIX a obtenu sa licence ferroviaire et son certificat de sécurité unique en juin 2026. Elle assure désormais la traction des trains Dunkerque–Lyon.
Les autres opérations sont réparties entre plusieurs filiales : DELTA RAIL organise le service ferroviaire, TERMINAUX MULTIMODAUX exploite le terminal de Dunkerque et MODALIS fournit les locomotives, les wagons et les équipements de manutention.
Cette organisation permet au groupe de réunir plusieurs fonctions du transport combiné, depuis l’exploitation terminale jusqu’à la traction ferroviaire.
Bernard Meï, président de MODAL GROUP, juge les premiers retours sur la liaison encourageants. Il explique que cette nouvelle desserte doit servir de point de départ au développement progressif d’un réseau connecté aux grands corridors européens.
Une alternative au tout-routier, sous réserve de volumes suffisants
Avec Dunkerque–Lyon, MODAL GROUP entend capter une partie des flux actuellement acheminés exclusivement par la route.
L’entreprise met notamment en avant la possibilité de réduire les émissions de CO₂ grâce au report sur le rail du parcours principal. Elle ne communique toutefois pas de bilan d’émissions propre à cette nouvelle liaison, ni de comparaison tarifaire avec le transport routier.
Pour les transporteurs, l’attractivité du service dépendra également de paramètres opérationnels : régularité des départs, disponibilité des capacités, délais de passage dans les terminaux et organisation des pré- et postacheminements.
La montée en fréquence constituera donc un indicateur du développement commercial de cette nouvelle desserte. Pour l’heure, trois allers-retours hebdomadaires sont proposés, avec un objectif de cinq à mesure que les volumes augmenteront.
Fondé en 2002, MODAL GROUP emploie, selon ses propres données, 290 personnes dans neuf pays. L’entreprise dispose d’une flotte de 8 000 EVP et de 2 000 plateformes de wagons intermodaux. Son chiffre d’affaires dépasse 120 millions d’euros.







