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Photo : AdobeStock/ Samuele Gallini

Insolvabilités majeures à des niveaux records : l’Europe sous pression, la logistique particulièrement exposée

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Les faillites de grandes entreprises atteignent un nouveau record historique en Allemagne comme à l’échelle mondiale. L’Europe joue un rôle central dans cette dynamique, avec des répercussions directes sur les chaînes d’approvisionnement, les transitaires et les prestataires logistiques de taille intermédiaire. Une analyse d’Allianz Trade éclaire les risques pour 2026.

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En 2025, 475 entreprises dans le monde affichant un chiffre d’affaires annuel supérieur à 50 millions d’euros ont déposé le bilan, selon Allianz Trade. Cela représente une hausse de 1 % par rapport à 2024 (469 cas). Statistiquement, une grande entreprise devenait insolvable toutes les 18 heures.

L’Allemagne figure parmi les principaux moteurs de cette tendance.

L’Allemagne au plus haut depuis le début du suivi

En 2025, Allianz Trade a recensé 94 insolvabilités majeures en Allemagne – contre 87 l’année précédente, soit une progression de 8 %. Il s’agit du niveau le plus élevé depuis le début du suivi en 2015.

« Quand cela frappe, cela frappe fort. Nous observons une hausse marquée des grandes insolvabilités depuis quatre ans. En 2025, elles ont atteint leur niveau le plus élevé depuis 2015 — tant au niveau mondial qu’en Allemagne », déclare Milo Bogaerts, CEO d’Allianz Trade pour l’Allemagne, l’Autriche et la Suisse.

L’Allemagne représente à elle seule environ 20 % des grandes insolvabilités mondiales.

La dynamique annuelle est révélatrice : le premier semestre 2025 semblait indiquer une légère accalmie (30 cas contre 39 sur la même période en 2024). Mais le second semestre a marqué un net retournement, avec 64 cas, dont 37 au quatrième trimestre. À l’échelle mondiale également, le dernier trimestre – avec 147 cas – constitue le niveau le plus élevé depuis le début de l’analyse.

Industrie manufacturière et services : des secteurs clés pour la logistique

En Allemagne, les secteurs les plus touchés en 2025 sont :

  • Les services (14 cas), dont 9 hôpitaux et établissements de soins
  • L’industrie automobile (12 cas)
  • La chimie (11 cas)
  • La métallurgie (11 cas)
  • La construction (10 cas)
  • Le commerce de détail (9 cas)

Cette répartition sectorielle est particulièrement sensible pour le secteur transport-logistique. L’automobile, la chimie, les métaux et la construction figurent parmi les principaux donneurs d’ordres des transitaires, logisticiens contractuels et transporteurs spécialisés.

En France également, la fragilité de certains segments industriels – notamment l’automobile, la construction et la distribution – expose directement les prestataires logistiques à un risque accru de défauts de paiement et de contraction des volumes.

Effet domino : les PME et ETI en première ligne

Selon Allianz Trade, un risque clé réside moins dans le nombre de cas en lui-même que dans l’effet boule de neige le long des chaînes d’approvisionnement.

« Le problème de nombreuses insolvabilités majeures est l’effet domino potentiel sur les chaînes d’approvisionnement », explique Maxime Lemerle, responsable de la recherche sur les insolvabilités chez Allianz Trade. « Les petites entreprises, en particulier celles qui dépendent fortement de quelques grands clients, sont ici exposées. »

Dans le monde, le chiffre d’affaires total des grandes entreprises insolvables a augmenté de 12 % pour atteindre 208 milliards d’euros. Plus les entreprises insolvables sont grandes, plus les pertes potentielles liées aux créances irrécouvrables sont élevées pour les fournisseurs, les prestataires de services logistiques et les sous-traitants.

Pour les petits transitaires et transporteurs ayant une forte concentration de clientèle, cela signifie :

  • une hausse des risques de défaut
  • une pression sur la trésorerie due aux créances impayées
  • une perte de commandes à court terme
  • un refinancement plus difficile

Cette dépendance est structurellement marquée, notamment dans le transport routier de marchandises européen, avec ses nombreuses entreprises de taille intermédiaire.

L’Europe au cœur de la vague d’insolvabilités

Les insolvabilités majeures n’ont pas seulement augmenté — les insolvabilités d’entreprises au total ont également fortement progressé.

Dans le monde, la hausse en 2025 a été de +6 %, et en Allemagne elle a atteint +11 %.

En nombre absolu de cas, l’Europe est en tête :

  • Suisse : +3 400 cas
  • Allemagne : +2 500 pour un total de 24 300 cas
  • Italie : +2 480 cas
  • France : +2 330 cas

La France figure donc parmi les pays les plus touchés en volume absolu.

Des hausses particulièrement fortes en pourcentage ont été enregistrées en :

  • Turquie (+57 %)
  • Hong Kong (+45 %)
  • Grèce (+40 %)
  • Suisse (+40 %)
  • Singapour (+27 %)

Allianz Trade signale des baisses pour l’Inde et la Russie (chacune à -24 %), le Canada (-23 %) et les Pays-Bas (-16 %).

Pour l’industrie du transport en Europe, le point clé est le suivant : davantage d’insolvabilités ne signifie pas seulement des volumes de fret plus faibles, mais surtout des pertes plus élevées liées aux créances irrécouvrables et des situations de commandes plus volatiles.

2026 : une hausse plus modérée, mais pas d’inversion

Pour 2026, les experts d’Allianz Trade s’attendent à une nouvelle hausse mondiale des insolvabilités d’environ 3 % — ce qui constituerait la cinquième année consécutive de croissance. Parmi les facteurs de risque supplémentaires cités figurent les conflits commerciaux et les effets des droits de douane.

En Allemagne, le nombre de cas devrait augmenter en 2026 d’environ 1 % pour atteindre environ 24 450 cas.

« En 2026, la dynamique de la hausse des insolvabilités d’entreprises devrait s’atténuer quelque peu », indique Bogaerts.

Cependant, les experts ne s’attendent pas à un véritable retournement avant 2027. À ce moment-là, le nombre de cas au niveau mondial pourrait reculer de -1 %, et en Allemagne même de -6 %. Néanmoins, les insolvabilités resteraient à un niveau historiquement élevé.

Pour les acteurs du transport et de la logistique en France comme en Allemagne, le message est clair : la gestion du risque client et la diversification du portefeuille deviennent des impératifs stratégiques.

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