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Transport routier britannique : un secteur sous tension, en mode survie

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Les transporteurs routiers britanniques sont contraints de fonctionner en mode survie, alors que la hausse des coûts vient frapper des marges déjà extrêmement faibles. Résultat : un secteur qui réduit ses activités, repousse les décisions stratégiques et opère avec une tolérance quasi nulle à l’imprévu.

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Malgré une marge moyenne d’environ 2 %, les coûts d’exploitation ont augmenté de près de 6 % au cours des 12 derniers mois, selon les dernières données sur les coûts et salaires dans le transport. Ce déséquilibre financier intervient dans un contexte de croissance économique faible et de défis structurels persistants.

Le Rapport sur le mouvement des coûts de transport 2025 montre que les coûts d’exploitation hors carburant ont augmenté de 5,91% d’une année sur l’autre, tandis que la rentabilité de l’ensemble du secteur est restée largement inchangée à environ 2%. Cette combinaison laisse peu de capacité aux opérateurs pour absorber de nouvelles augmentations de coûts ou des chocs imprévus.

Décisions difficiles et économies forcées

Comme le résume Richard Smith, directeur général de la RHA :

« Avec d’autres entreprises tombant en faillite cette année et des profits plus faibles, les entreprises doivent encore faire des économies où c’est possible. Pour de nombreux opérateurs, cette année a été celle des décisions difficiles : retarder les investissements, consolider les opérations et prioriser la survie. »

Main-d’œuvre : les coûts augmentent plus vite que les salaires

L’un des principaux facteurs de hausse reste le coût du travail. Bien que les salaires des conducteurs n’aient progressé que modérément, le coût global de l’emploi a grimpé d’environ 6 %, principalement en raison de la hausse des cotisations sociales et des obligations légales.

Le Rapport RHA 2026 sur les salaires montre une augmentation médiane de 3 % des salaires de conducteurs, nettement inférieure à la hausse médiane nationale de 5,3 % (ONS). Près de 30 % des entreprises n’ont accordé aucune augmentation, preuve de leur marge de manœuvre financière extrêmement limitée.

Malgré cette modération salariale, les entreprises peinent toujours à attirer et fidéliser les profils qualifiés : techniciens, réparateurs et conducteurs expérimentés sont toujours en tension.

La pénurie de conducteurs persiste

Ces pressions se combinent à une pénurie structurelle de conducteurs. Le secteur devra recruter environ 60 000 nouveaux conducteurs par an pendant les cinq prochaines années. Or, plus de 100 000 conducteurs n’ont pas renouvelé leur Carte de Qualification (CQC) en 2023, ils ne peuvent donc plus conduire légalement.

Même si la demande de fret est restée modérée, les données suggèrent que toute reprise des volumes pourrait rapidement révéler des tensions de capacité.

Une confiance au plus bas historique

La confiance des entreprises dans le secteur de la logistique reste faible. L’ indice de confiance logistique Barclays–BDO a atteint son niveau le plus bas en 14 ans, reflétant les préoccupations permanentes concernant les coûts, la demande et l’incertitude économique.

Bien que le nombre d’insolvabilités ait légèrement diminué par rapport à l’année dernière, les échecs restent bien au-dessus des moyennes à long terme, renforçant le sentiment que de nombreux opérateurs se concentrent sur la survie plutôt que sur la croissance.

Gel de la taxe sur le carburant : un répit temporaire

La décision du gouvernement de maintenir le gel de la taxe sur le carburant jusqu’en septembre offre un certain soulagement à court terme. Cependant, le retour prévu de la réduction de 5p de la taxe sur le carburant plus tard dans l’année, suivi de nouvelles augmentations, devrait exercer une pression supplémentaire sur les bases de coûts des opérateurs.

Le carburant reste l’un des coûts les plus volatils et les plus difficiles à gérer pour les transporteurs, en particulier pour les petites flottes avec une capacité limitée à couvrir les fluctuations de prix.

Criminalité et transition énergétique : des défis additionnels

Les opérateurs sont également confrontés à des pertes croissantes dues au crime dans le domaine du fret, qui a coûté à l’économie britannique plus de 1 milliard de livres depuis 2020, se répercutant sur des primes d’assurance plus élevées et un risque opérationnel accru.

Dans le même temps, la transition vers des véhicules zéro émission reste lente. Environ 70% des opérateurs de poids lourds n’ont actuellement aucun plan pour introduire des camions zéro émission, le coût étant cité comme un obstacle clé aux côtés de la disponibilité des infrastructures et des contraintes opérationnelles.

Une marge de manœuvre quasi nulle

Pris ensemble, les dernières données sur les coûts et les salaires montrent un secteur opérant avec une résilience financière minimale. Avec des marges bloquées autour de 2% et des coûts qui continuent d’augmenter, de nombreux opérateurs reportent les investissements, consolident les opérations ou réduisent les dépenses discrétionnaires pour rester viables.

Les chiffres suggèrent que la marge pour une pression supplémentaire sur les entreprises de transport routier britanniques est extrêmement limitée.

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