Photo : Bartosz Wawryszuk

Le transport routier français sort du creux, mais reste loin d’une reprise

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Après un premier trimestre marqué par la flambée des coûts et le ralentissement de la demande, le transport routier de marchandises retrouve un peu de stabilité. Pour la FNTR, le rebond observé au printemps reste toutefois insuffisant pour parler de reprise.

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L’essentiel

  • légère amélioration de l’activité au 2e trimestre ;
  • les effectifs de conducteurs cessent de reculer ;
  • les investissements restent limités au renouvellement des véhicules ;
  • 55 % des dirigeants demeurent insatisfaits de la situation de leur entreprise ;
  • la FNTR réclame davantage de visibilité économique et une meilleure répercussion des coûts.

Le transport routier de marchandises montre enfin quelques signes d’amélioration après un début d’année particulièrement difficile. Selon l’enquête de conjoncture publiée par la FNTR, l’activité s’est légèrement redressée au deuxième trimestre 2026 et les perspectives sont un peu moins dégradées qu’au cours des trois premiers mois de l’année. La fédération insiste toutefois sur un point : il s’agit d’une stabilisation après un point bas, et non d’un véritable redémarrage du marché.

Les indicateurs restent en effet inférieurs à leur moyenne de long terme. Les transporteurs continuent d’évoluer dans un environnement marqué par une demande hésitante, des coûts d’exploitation élevés, des marges sous pression et une visibilité limitée sur les prochains mois. Selon la FNTR, cette situation pousse les entreprises à privilégier la préservation de leur trésorerie et à reporter les décisions engageant de nouveaux risques financiers.

Des investissements toujours gelés

Cette prudence se retrouve dans les investissements. Les achats concernent essentiellement le renouvellement des véhicules existants, sans augmentation des capacités de transport. Pour la fédération, cette situation devient préoccupante alors que le secteur doit simultanément renouveler ses flottes, améliorer sa productivité et financer sa transition énergétique.

La FNTR souligne également que le niveau d’incertitude économique atteint un record depuis l’introduction de cet indicateur dans l’enquête de l’Insee en 2021, ce qui freine les décisions d’investissement.

Le marché du travail marque une pause

L’emploi donne lui aussi des signes de stabilisation. Après la baisse enregistrée au premier trimestre, les effectifs de conducteurs cessent de diminuer. La fédération estime cependant que cette évolution traduit davantage l’ajustement des entreprises à un niveau d’activité plus faible qu’une véritable reprise des recrutements.

En avril 2026, 39 % des entreprises déclaraient encore rencontrer des difficultés de recrutement, contre 41,6 % un an auparavant. Cette légère baisse s’explique surtout par le ralentissement de la demande, les difficultés structurelles de recrutement restant largement présentes.

Un moral moins dégradé, mais toujours fragile

Le climat de confiance s’améliore légèrement sans retrouver son niveau d’avant la crise. La part des dirigeants insatisfaits est retombée à 55 %, contre 78 % au premier trimestre. Malgré ce rebond, ce taux reste supérieur à celui observé un an plus tôt, ce qui confirme que le secteur n’a pas retrouvé un fonctionnement normal.

Quelques semaines avant la publication de cette enquête, la FNTR avait déjà dénoncé les retards pris dans le versement des aides annoncées après la flambée des prix du carburant provoquée par le conflit au Moyen-Orient. La fédération estimait alors que les entreprises continuaient de supporter seules une grande partie du choc financier, faute de mesures rapidement opérationnelles.

Pour la FNTR, les prochains mois dépendront surtout du retour de la visibilité économique. L’organisation plaide pour une répercussion plus efficace des hausses de coûts, une stabilité réglementaire et un soutien à l’investissement, afin d’éviter qu’une simple stabilisation ne se transforme en affaiblissement durable du tissu des entreprises de transport.

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