Les données de Bloomberg indiquent que le détroit d’Ormuz ne fonctionne plus au niveau de quasi-paralysie observé après l’escalade du conflit. Cela ne signifie pas pour autant un retour à une circulation maritime normale.
Reuters rapportait le 3 avril que plusieurs navires omanais, français et japonais ont pu franchir le détroit, après que l’Iran a commencé à autoriser le passage de navires jugés « amicaux » ou non liés aux États-Unis ou à Israël. Il s’agit donc d’une réouverture partielle et sélective, et non d’un rétablissement de la liberté de navigation.
Un trafic encore sous contrôle politique
La hausse récente du trafic doit être replacée dans le contexte de l’effondrement précédent. Si Bloomberg évoque un niveau inédit depuis le début du conflit, Reuters décrit toujours une situation où l’accès dépend fortement de critères politiques et de l’approbation des autorités iraniennes.
Cette fragilité a été confirmée le 6 avril, lorsque deux méthaniers qatariens, pourtant autorisés initialement, ont été stoppés par les Gardiens de la révolution iraniens et contraints de modifier leur trajectoire. Même les navires autorisés ne sont donc pas assurés de traverser sans incident.
Des impacts inégaux dans la région
Reuters souligne également que la crise accentue les écarts entre les pays du Golfe. Ceux disposant de routes alternatives d’exportation, comme l’Arabie saoudite et Oman, sont mieux armés pour absorber le choc.
À l’inverse, les États fortement dépendants du détroit d’Ormuz subissent des perturbations bien plus importantes.
Une crise qui touche désormais l’aviation
Les effets ne se limitent plus au transport maritime. Des restrictions sur le carburant aviation ont déjà été introduites dans plusieurs aéroports italiens, notamment à Milan-Linate, Bologne, Venise et Trévise.
Ailleurs, aucun rationnement généralisé n’est encore confirmé, mais la pression augmente. Ryanair a averti que des perturbations pourraient apparaître dès juin, tandis que certaines compagnies en Asie adaptent déjà leurs opérations en augmentant les réserves de carburant ou en ajoutant des escales techniques.
Une échéance à haut risque
La reprise du trafic intervient dans un contexte de tension croissante. L’ultimatum de Donald Trump fait du mardi 7 avril un moment clé.
Sans avancée diplomatique d’ici là, la reprise observée pourrait être rapidement inversée. Le détroit d’Ormuz reste ainsi dans une situation extrêmement instable, où l’évolution politique peut faire basculer le trafic en quelques heures.









