Selon le rapport, le nombre moyen quotidien de transits de navires par le détroit est passé de 129 entre le 1 et le 27 février à seulement 6 entre le 1 et le 29 mars. La CNUCED décrit la route comme « pratiquement fermée » après l’escalade militaire de fin février.
Le détroit d’Ormuz est l’une des artères les plus importantes au monde du commerce lié à l’énergie, et la CNUCED indique que la perturbation touche une part significative des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz. Le rapport présente la crise avant tout comme un choc énergétique, avec une forte hausse des prix des carburants et des effets qui se diffusent déjà à la production, au transport et à la consommation.

Source : ONU Commerce et développement (CNUCED), d’après Clarksons Research Shipping Intelligence Network
Où le choc se propage
Le graphique de la CNUCED sur les prix du pétrole montre de fortes hausses sur les principaux indices de référence du brut après le 28 février, date qu’elle identifie comme le début de la dernière escalade militaire. Dans le même temps, le coût du transport du pétrole a fortement augmenté. Son graphique sur le fret montre l’indice des pétroliers « dirty » à 215 et l’indice des pétroliers « clean » à 188, en prenant 27 février 2026 = 100 comme base.
Ces coûts plus élevés de l’énergie et du transport maritime se répercutent désormais sur les chaînes d’approvisionnement. La CNUCED indique qu’il en résulte une hausse plus générale des coûts de production et de transport, ainsi qu’un risque d’inflation accru et une demande plus faible. Le rapport relie également la perturbation à une montée de l’incertitude géopolitique, qui pèse plus largement sur le commerce et l’investissement.

Source : ONU Commerce et développement (CNUCED)
Les perspectives commerciales se sont nettement dégradées. La CNUCED s’attend désormais à ce que la croissance du commerce mondial de marchandises ralentisse de 4,7 % en 2025 à un niveau compris entre 1,5 % et 2,5 % en 2026. Sa prévision de croissance du PIB mondial en 2026 s’établit à 2,6 %, avec les économies développées à 1,5 % et les économies en développement à 4,1 %.
Le point de pression, c’est la dette
La tension financière est déjà visible dans l’ensemble des économies en développement. Depuis l’escalade, les monnaies se sont dépréciées de 2,9 % en Afrique, de 2,3 % en Amérique latine et dans les Caraïbes, et de 1,0 % en Asie en développement et en Océanie, selon les chiffres régionaux de la CNUCED. Les rendements des obligations souveraines externes ont également augmenté, de 0,64 point de pourcentage en Afrique, de 0,36 point en Amérique latine et dans les Caraïbes, et de 0,70 point en Asie en développement et en Océanie depuis le 27 février.
L’un des chiffres les plus frappants de l’évaluation est que 3,4 milliards de personnes vivent dans 46 pays en développement qui consacrent déjà davantage au service de la dette qu’à la santé ou à l’éducation. La CNUCED indique que la perturbation à Ormuz frappe des économies qui avaient très peu de marge pour absorber un nouveau choc, même avant la dernière escalade.
Le rapport appelle à des mesures visant à stabiliser les prix, contenir les effets de contagion sur l’énergie, le commerce et la finance, et améliorer l’accès à des financements d’urgence pour les pays vulnérables. Parmi les mesures citées figurent un financement extérieur d’urgence pour les importations essentielles et le service de la dette, des prêts des banques de développement, des allégements de dette, des swaps de devises entre banques centrales et une assistance financière régionale.
La CNUCED avertit que si la perturbation persiste, le résultat pourrait être une crise en cascade plus large touchant l’énergie, le commerce et la finance.









