Depuis le 1er juillet 2026, les tarifs de la taxe kilométrique ont augmenté simultanément en Flandre, en Wallonie, dans la Région de Bruxelles-Capitale ainsi qu’aux Pays-Bas, où l’eurovignette a été remplacée par un système de péage au kilomètre.
Pour les entreprises de transport actives entre la Belgique, la France, les Pays-Bas et l’Allemagne, cette évolution représente une nouvelle hausse des coûts d’exploitation.
La Febetra, fédération belge du transport professionnel de marchandises, estime que cette augmentation intervient à un moment où le secteur ne dispose pratiquement plus de marges financières. Selon elle, cette pression supplémentaire risque d’accélérer les faillites dans le transport routier.
Jusqu’à 12 000 euros supplémentaires par camion
Selon la Febetra, un transporteur circulant régulièrement en Belgique et aux Pays-Bas devra supporter un coût supplémentaire d’environ 12 000 euros par camion et par an.
Pour une entreprise exploitant une flotte de vingt camions, cela représente près de 240 000 euros de charges supplémentaires par rapport à l’année précédente.
Les entreprises opérant exclusivement en Belgique ne sont pas épargnées : la fédération chiffre la hausse à environ 3 000 euros par véhicule et par an.
Ces augmentations s’ajoutent à la progression générale des coûts d’exploitation. L’ITLB faisait déjà état d’une hausse de 6,15 % des coûts en juin 2026 par rapport à juin 2025.
En Flandre, la composante CO₂ renchérit fortement la facture
Comme annoncé avant son entrée en vigueur, la Flandre applique depuis le 1er juillet une nouvelle composante CO₂ dans le calcul de la taxe kilométrique. Les véhicules sont désormais répartis en cinq classes d’émissions : plus la classe est favorable, plus le tarif est réduit. Les poids lourds immatriculés avant le 1er juillet 2019 sont, en règle générale, classés automatiquement dans la catégorie la moins avantageuse, tandis que la classe la plus favorable est réservée aux véhicules zéro émission.
Selon la Febetra, cette évolution pénalise aujourd’hui la grande majorité des transporteurs. La fédération estime que 93 % des camions sont directement classés dans la catégorie la plus coûteuse, les véhicules zéro émission restant encore peu disponibles et difficilement accessibles sur le plan économique. Selon elle, cette réforme revient, dans les faits, à une hausse d’environ 40 % de la taxe kilométrique pour la quasi-totalité du secteur en Flandre.
La fédération ajoute que cette nouvelle composante devrait générer environ 250 millions d’euros de recettes par an, intégralement versés au budget général. Elle demande qu’une partie de ces moyens soit réinvestie dans la transition du secteur, notamment pour soutenir l’achat de camions zéro émission et accélérer le déploiement des infrastructures de recharge et d’avitaillement.
Les nouveaux tarifs applicables depuis le 1er juillet ont été publiés par Viapass. Ils intègrent la composante CO₂ en Flandre, les nouveaux barèmes wallons ainsi que l’indexation annuelle appliquée dans la Région de Bruxelles-Capitale.
Plusieurs hausses simultanées
En Wallonie, la taxe kilométrique avait déjà augmenté de 1,91 % au 1er janvier, avant une nouvelle hausse de 5,7 % au 1er juillet.
Dans la Région de Bruxelles-Capitale, les tarifs font l’objet de leur indexation annuelle depuis le 1er juillet.
Aux Pays-Bas, l’entrée en vigueur de la taxe kilométrique en remplacement de l’eurovignette entraîne, selon la Febetra, une augmentation moyenne d’environ 5 % des coûts de péage.
La fédération souligne également que les transporteurs internationaux doivent désormais utiliser un équipement embarqué distinct de celui utilisé en Belgique, ce qui génère des coûts administratifs et techniques supplémentaires.
Des marges déjà sous pression
La Febetra rappelle que 413 entreprises de transport belges ont fait faillite l’an dernier, soit un tiers de plus que l’année précédente.
Elle souligne également que les entreprises belges supportent des coûts salariaux pouvant être jusqu’à 40 % plus élevés que ceux de certains concurrents d’Europe centrale et orientale.
« La marge pour absorber de nouvelles charges n’existe plus, surtout pour les plus petites entreprises », affirme la fédération.
Une hausse qui concernera aussi les chargeurs
Selon la Febetra, les coûts de transport sont intégrés dans le prix de la quasi-totalité des marchandises.
L’augmentation des péages renchérit aussi bien l’approvisionnement en matières premières que la distribution des produits finis. La fédération estime que ces surcoûts seront inévitablement répercutés sur les entreprises clientes, puis sur les consommateurs.
« Cette répercussion n’est pas un choix, mais une nécessité arithmétique », souligne-t-elle.
La Febetra plaide pour un réinvestissement des recettes
La fédération appelle enfin le gouvernement flamand à affecter au moins les recettes générées par la nouvelle composante CO₂ au financement de la transition énergétique du transport routier.
Elle demande notamment un soutien à l’acquisition de camions zéro émission ainsi que des investissements dans les infrastructures de recharge et d’avitaillement.
Selon la fédération, « une taxe climatique qui ne finance pas son propre objectif manque de toute crédibilité ».









