D’après Reuters, le Brent a perdu plus de 4 % après l’annonce. Le West Texas Intermediate (WTI) a également reculé, les marchés ayant commencé à effacer une partie de la prime de risque géopolitique intégrée dans les prix depuis le début de la crise.
Reuters précise que l’accord prévoit un arrêt immédiat des hostilités ainsi que la réouverture du détroit d’Ormuz. Des discussions plus larges sur le programme nucléaire iranien et sur les sanctions devraient se poursuivre pendant une période de cessez-le-feu de 60 jours.
Le détroit d’Ormuz figure parmi les points de passage les plus sensibles pour les marchés de l’énergie. L’Energy Information Administration (EIA) américaine estime qu’environ 23,2 millions de barils de pétrole par jour y ont transité au premier semestre 2025, ce qui en fait le principal point de passage stratégique pour le commerce mondial du pétrole.
Pour autant, la navigation n’a pas encore retrouvé son rythme habituel. Un méthanier a bien franchi le détroit après l’annonce, mais les armateurs restent prudents. En cause : des préoccupations de sécurité persistantes, notamment le risque de mines navales, ainsi que l’attente de garanties claires concernant la sûreté de la route maritime.
Selon Reuters, les mouvements de pétroliers dans le Golfe restent nettement inférieurs aux niveaux observés avant la crise. Des analystes interrogés par l’agence estiment que le trafic pourrait retrouver un rythme normal en quelques jours si la sécurité du passage est confirmée. Les opérateurs devraient toutefois rester extrêmement sensibles à toute détérioration de la situation sécuritaire.
Un soulagement potentiel pour le transport maritime
Une reprise durable du trafic à Ormuz pourrait également détendre le marché du transport maritime. Une normalisation de la situation contribuerait à réduire la pression sur les coûts de fret et sur les primes d’assurance.
Pendant les perturbations, les surprimes liées au risque de guerre ainsi que les contraintes de sûreté ont fortement renchéri l’acheminement du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL). Plusieurs armateurs ont préféré retarder certains départs ou modifier leurs itinéraires dans l’attente d’une meilleure visibilité sur la situation dans le Golfe.
Pour les acteurs du commerce international, un retour à la normale constituerait un facteur de stabilisation important pour les chaînes d’approvisionnement énergétiques mondiales.
Quel impact sur le prix du diesel ?
Pour le secteur du transport routier, une question s’impose immédiatement : cette baisse des cours du brut se traduira-t-elle par un recul du prix du diesel ?
Le dernier bulletin hebdomadaire de la Commission européenne montrait encore des prix élevés dans l’Union européenne au début du mois de juin. Selon les données relayées par l’IRU, le prix moyen du diesel dans l’Union européenne atteignait 1,863 euro par litre au 5 juin. Ce niveau représentait une baisse de 1,9 % sur une semaine, mais demeurait supérieur de 14 % à celui observé avant le début du conflit.
Une baisse durable des cours du brut constituerait donc un signal positif pour les transporteurs et les opérateurs logistiques confrontés à des coûts de carburant toujours élevés.
L’ampleur de l’impact dépendra toutefois de plusieurs facteurs : les marges de raffinage, la fiscalité nationale, les éventuelles mesures publiques sur les prix de l’énergie ainsi que la vitesse à laquelle les flux énergétiques transitant par le Golfe reviendront effectivement à la normale.








