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PMI de juillet : l’industrie française rechute, l’Allemagne accélère

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L’industrie française a de nouveau basculé en contraction en juillet, alors que l’activité manufacturière s’est renforcée dans la zone euro, principalement grâce à l’Allemagne. En France, la production, les nouvelles commandes et les achats ont reculé, tandis que les commandes à l’export ont enregistré leur plus forte baisse depuis un an. Pour le transport et la logistique, ces données laissent entrevoir une demande industrielle toujours fragile sur le marché français.

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À retenir

  • Le PMI manufacturier français est passé de 51,2 en juin à 49,8 en juillet, repassant sous le seuil de croissance.
  • La production, les nouvelles commandes et les achats ont reculé plus rapidement en France.
  • Les commandes françaises à l’export ont enregistré leur plus forte baisse depuis un an.
  • À l’inverse, le PMI de la zone euro a progressé de 51,4 à 51,9, soutenu notamment par l’Allemagne.
  • Pour le transport lié à l’industrie française, la visibilité reste limitée malgré l’amélioration observée ailleurs en Europe.

Le contraste s’accentue entre la France et le reste de la zone euro. Alors que l’indice PMI manufacturier européen a progressé en juillet, porté notamment par le redressement de l’industrie allemande, la France est repassée en contraction.

Le PMI manufacturier français est tombé de 51,2 en juin à 49,8 en juillet, sous le seuil de 50,0 qui sépare croissance et recul de l’activité. La production, les nouvelles commandes et les achats ont diminué plus rapidement, tandis que les commandes à l’export ont enregistré leur plus forte baisse depuis un an.

Pour les transporteurs et les logisticiens actifs sur le marché français, ces données constituent un signal de prudence. La faiblesse des commandes industrielles limite la perspective d’une reprise durable des flux de matières premières, de composants et de produits finis, même si l’amélioration en Allemagne pourrait soutenir certaines relations transfrontalières.

Zone euro : la production accélère, mais la demande ne suit pas

En juillet, l’indice PMI manufacturier de la zone euro gagne 0,5 point, à 51,9. Il reste ainsi au-dessus de 50,0 pour un sixième mois consécutif. Le chiffre final est légèrement inférieur à l’estimation « flash » (52,0), mais confirme une expansion plus solide qu’en juin (51,4).

La progression est plus nette du côté de la production. L’indice de production manufacturière grimpe de 51,7 à 52,9, au plus haut depuis mars 2022, ce qui correspond au rythme de hausse le plus rapide observé depuis près de quatre ans et demi.

Reste une réserve : les nouvelles commandes reculent encore et la demande extérieure se dégrade de nouveau. Une partie de la hausse de production semble donc provenir du traitement d’un stock de commandes en cours : l’activité progresse, sans être portée par un afflux équivalent de nouveaux contrats.

Autre signal de prudence : les industriels de la zone euro réduisent leurs achats et puisent dans leurs stocks d’approvisionnements. Cela traduit une réticence à reconstituer les inventaires tant que la demande reste incertaine — un frein potentiel à une hausse plus large des besoins en transport amont et en entreposage.

L’emploi recule à nouveau, même si la confiance des entreprises se redresse à son meilleur niveau depuis février. La hausse des coûts des intrants ralentit et atteint un plus bas sur cinq mois, ce qui soulage après les perturbations observées plus tôt dans l’année sur l’énergie et le transport maritime. En revanche, des retards chez certains fournisseurs continuent de peser sur une partie des marchés.

Graphique en barres horizontales des PMI manufacturiers de juillet 2026 : Allemagne 52,2 ; zone euro 51,9 ; Royaume-Uni 51,9 ; Italie 51,3 ; Espagne 50,2 ; France 49,8 ; Pologne 49,0 (seuil 50,0).

Dernières valeurs du PMI manufacturier, juillet 2026. Au-dessus de 50,0 : expansion ; en dessous de 50,0 : contraction.

Allemagne : l’export donne le ton de la reprise industrielle

Parmi les données de juillet, l’Allemagne se distingue clairement. Son PMI manufacturier passe de 50,3 en juin à 52,2, un niveau proche d’un plus haut depuis mai 2022, et confirme une entrée plus franche en zone d’expansion.

La production augmente au rythme le plus soutenu depuis février 2022. Les nouvelles commandes progressent pour un deuxième mois consécutif, grâce surtout à une nette accélération des ventes à l’export, qui enregistrent leur meilleure performance depuis plus de quatre ans.

Pour le transport, cette configuration est plus porteuse qu’une simple hausse de production. Une progression des commandes à l’export peut se traduire par davantage de flux transfrontaliers de produits finis et de composants. En parallèle, une utilisation plus forte des capacités et la réduction des arriérés peuvent soutenir les flux d’approvisionnement vers les sites industriels.

Les tensions sur les coûts s’atténuent également. L’inflation des prix des intrants retombe à son niveau le plus bas depuis février, tandis que les industriels relèvent leurs tarifs plus modérément, pour le troisième mois de suite.

Les risques sur la chaîne d’approvisionnement n’ont pas disparu pour autant. Les délais de livraison s’allongent de nouveau, en partie à cause de goulets d’étranglement dans l’électronique. Et les anticipations des industriels restent en deçà des niveaux d’avant la récente montée des incertitudes géopolitiques et énergétiques.

Royaume-Uni : un PMI en baisse, mais une activité plus dynamique

Au Royaume-Uni, le PMI manufacturier final recule de 52,5 en juin à 51,9 en juillet, un plus bas sur quatre mois. Il reste toutefois au-dessus de 50,0 pour un neuvième mois consécutif, mais ressort nettement sous l’estimation « flash » (52,8).

Ce repli de l’indicateur global masque une amélioration de composantes clés : la production et les nouvelles commandes accélèrent. La production progresse à son rythme le plus rapide depuis près de deux ans, et les entreprises signalent une demande mieux orientée, au niveau national comme à l’international.

Les commandes à l’export se redressent, avec des ventes en hausse vers des marchés cités comme l’Union européenne, les États-Unis, le Canada, la Chine, l’Inde et la Corée du Sud. Pour la logistique, cela constitue un signal plus favorable pour les flux portuaires, le transport routier international et les chaînes d’approvisionnement industrielles que ne le laisserait penser la seule baisse du PMI.

En revanche, l’emploi frôle la stagnation : les entreprises restent prudentes sur l’ajout de capacités. Les achats et les stocks d’intrants diminuent aussi, signe que les industriels ne se positionnent pas encore sur un scénario de reprise durablement plus forte.

Les hausses de coûts (intrants) et de prix de vente ralentissent, à mesure que les tensions d’approvisionnement se calment et que les délais fournisseurs s’améliorent. Pour le transport britannique, l’enquête de juillet va dans le sens de volumes liés à la production plus fermes, mais la prudence sur les stocks et le recrutement montre que la reprise reste perçue comme incertaine.

Pologne : rebond marqué, mais l’industrie reste sous le seuil des 50

La Pologne affiche la plus forte progression mensuelle parmi les pays comparés. Le PMI remonte de 46,1 en juin à 49,0 en juillet. Cela compense l’essentiel de la baisse précédente, sans repasser pour autant au-dessus du seuil de stabilité.

La production et les nouvelles commandes continuent de reculer, mais la contraction ralentit nettement. Les commandes à l’export diminuent également, à leur rythme le plus modéré depuis janvier, ce qui suggère une demande extérieure toujours faible, mais moins dégradée qu’en juin.

L’emploi augmente pour la première fois depuis avril 2025. La hausse reste limitée, mais elle tranche avec plus d’un an de réductions d’effectifs et laisse penser que certains industriels anticipent une stabilisation de la charge de travail.

Les achats et les stocks d’intrants restent orientés à la baisse, ce qui réduit, à court terme, la probabilité d’un surcroît d’activité logistique tiré par la reconstitution des inventaires. Compte tenu du poids de la Pologne dans la production et le transport routier, le retour à 49,0 est un signal positif à court terme, mais la baisse persistante des commandes ne permet pas de conclure à une reprise complète.

La meilleure tenue des exportations allemandes pourrait, à terme, soutenir la demande chez des fournisseurs polonais intégrés aux chaînes industrielles allemandes et européennes. Mais les chiffres de juillet renvoient encore à une planification prudente et à une demande de transport industriel contenue.

Europe du Sud : l’élan retombe, tandis que la France repasse en contraction

En Italie, le PMI manufacturier recule de 52,2 en juin à 51,3 en juillet, un plus bas sur quatre mois. Les conditions de production continuent de s’améliorer, mais le soutien lié au stockage côté clients s’estompe, et les nouvelles commandes repartent à la baisse.

Les commandes à l’export diminuent pour la première fois en cinq mois. Les industriels réduisent aussi l’emploi et les achats. Cet ensemble d’indicateurs suggère que la production italienne pourrait être difficile à maintenir sans redressement plus net de la demande finale.

L’Espagne repasse de justesse en expansion : le PMI remonte de 49,7 à 50,2. Mais les indicateurs de demande restent décevants : la production baisse pour un deuxième mois et les nouvelles commandes reculent pour un troisième, même si le rythme de baisse est beaucoup moins marqué qu’en juin.

Les commandes à l’export se contractent plus vite que les commandes totales. Les délais de livraison fournisseurs s’allongent sensiblement, sur fond de perturbations du transport maritime et de goulets d’étranglement. En parallèle, l’inflation des prix d’achat et de vente retombe à des plus bas sur cinq mois.

La France est le pays où la dégradation est la plus nette. Son PMI passe de 51,2 en juin à 49,8 en juillet, sous le seuil des 50,0 et sous l’estimation « flash ».

La production, les nouvelles commandes et les achats reculent plus rapidement. Les commandes à l’export chutent au rythme le plus fort depuis un an. Les industriels citent notamment une confiance client affaiblie, des incertitudes géopolitiques et des tensions sur les prix.

Ce que ces chiffres signifient pour le transport en France

Pour le transport routier et la logistique en France, les chiffres de juillet n’indiquent pas encore de véritable reprise. Le recul de la production, des nouvelles commandes et surtout des commandes à l’export laisse entrevoir des volumes industriels toujours fragiles.

L’amélioration observée en Allemagne peut soutenir certains flux transfrontaliers, notamment pour les fournisseurs français intégrés aux chaînes industrielles européennes. Elle ne suffit toutefois pas à compenser la faiblesse de la demande intérieure et extérieure en France.

À court terme, les transporteurs doivent donc s’attendre à une évolution contrastée : certains corridors liés à l’Allemagne pourraient se renforcer, tandis que les volumes domestiques et les flux export français risquent de rester irréguliers.

 

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