L’AP-7 figure parmi les axes les plus fréquentés d’Espagne, avec plus de vingt mille camions par jour. Le dispositif doit permettre de limiter les contrôles systématiques sur la bande d’arrêt d’urgence : seuls les véhicules présentant des signaux de non-conformité sont orientés vers une inspection physique.
Selon la Generalitat de Catalunya, ce déploiement s’inscrit dans une modernisation plus large des contrôles routiers, avec un recours accru aux outils numériques pour renforcer la surveillance du transport routier. Le projet représente un investissement de 4,4 millions d’euros.
Huit points de contrôle sur l’AP-7
Les équipements ont été installés sur d’anciens sites de péage de l’AP-7, ainsi que sur la C-33, à La Llagosta.
Les points de contrôle se situent :
- à La Jonquera (sens sud),
- à La Roca del Vallès (dans les deux sens),
- à Martorell (dans les deux sens),
- à Vila-seca (sens sud),
- sur la C-33 à La Llagosta.
D’après la Generalitat de Catalunya, le site le plus sollicité est celui de Martorell, où le trafic peut atteindre 28 000 camions par jour.
Contrôler sans arrêter le camion
Le dispositif repose sur des portiques équipés de caméras et de radar, complétés par des plateformes de pesée encastrées dans la chaussée. Cette configuration permet de relever le poids d’un véhicule à des vitesses pouvant atteindre 200 km/h.
En parallèle, les installations récupèrent des informations transmises par le tachygraphe intelligent de deuxième génération et enregistrent le numéro d’immatriculation du véhicule.
À partir de ces données, les équipes de contrôle peuvent notamment vérifier :
- les temps de conduite et les périodes de repos,
- la vitesse du véhicule,
- le poids du camion,
- la validité des contrôles techniques,
- la validité de l’assurance du véhicule.
Lorsqu’une anomalie potentielle est détectée, une alerte est transmise automatiquement aux Mossos d’Esquadra. Le numéro d’immatriculation apparaît ensuite sur les panneaux à message variable, avec l’instruction de sortir vers une zone d’inspection dédiée.
À ce stade, la lecture à distance du poids et la collecte des données du tachygraphe sont déjà opérationnelles. Le module de reconnaissance automatique des plaques est, lui, attendu d’ici fin 2026.
Les contrôles à distance s’installent comme standard européen
Le dispositif catalan s’inscrit dans une dynamique plus large au niveau de l’Union européenne, qui encourage la généralisation des contrôles à distance des tachygraphes au sein des États membres.
Depuis le 19 août 2024, les organismes de contrôle doivent être équipés d’appareils utilisant la technologie DSRC afin d’accéder à distance aux données des tachygraphes. Dans le cadre défini par l’Union européenne, l’objectif est de rendre les contrôles routiers plus ciblés, en identifiant les véhicules susceptibles de présenter des infractions ou des manipulations.
Les tachygraphes intelligents de deuxième génération transmettent 25 paramètres, contre 19 pour la première génération. Au-delà des indicateurs pouvant signaler une manipulation, ces informations peuvent notamment servir à contrôler la durée de conduite continue, les limites de conduite journalières, hebdomadaires et sur deux semaines, les éléments liés à l’étalonnage du tachygraphe, ainsi que le numéro d’immatriculation du véhicule.
Les règles européennes encadrent également le périmètre des données partagées : seules celles nécessaires à la sélection des véhicules à contrôler sur place peuvent être transmises.
DSRC : de plus en plus de pays s’équipent
Début 2026, la Lituanie a elle aussi lancé une nouvelle génération de lecture à distance des tachygraphes. Son inspection du transport routier indique que cette approche limite les arrêts aléatoires et permet de concentrer les contrôles sur les véhicules dont les données laissent soupçonner une non-conformité.
Les contrôles à distance des tachygraphes sont déjà pratiqués en Autriche, Belgique, République tchèque, Danemark, Finlande, France, Espagne, Lituanie, Allemagne, Pologne, Suède, Royaume-Uni et Italie.
Le déploiement de la technologie DSRC s’inscrit dans la stratégie européenne visant à améliorer la sécurité routière et à renforcer l’application des nouvelles obligations relatives au temps de travail des conducteurs et au bon fonctionnement des tachygraphes intelligents.









