Le gouvernement prolonge en mai l’aide destinée au transport routier, équivalente à 20 centimes d’euro par litre, annonce faite le 21 avril par le Premier ministre.
Cette mesure s’inscrit dans le cadre du dispositif de soutien lié à la hausse des prix de l’énergie. L’exécutif confirme privilégier des aides ciblées plutôt qu’une baisse générale des taxes, qui aurait, selon lui, « un effet épouvantable sur notre économie ».
Face à la hausse des prix des carburants liée à la situation internationale, le Gouvernement crée une aide dédiée aux “grands rouleurs”.
Elle s’adresse aux travailleurs contraints d’utiliser leur véhicule pour leur activité professionnelle et ne pouvant absorber seuls la hausse… pic.twitter.com/fipLAnsrsm
— Sébastien Lecornu (@SebLecornu) April 22, 2026
Pas de remise à la pompe
Pour les transporteurs, le point clé reste inchangé : il ne s’agit pas d’une réduction directe du prix du diesel.
La FNTR rappelle qu’il s’agit « d’un dispositif forfaitaire dont l’équivalence en centimes par litre reste théorique ». Autrement dit, le prix payé à la pompe ne change pas immédiatement.
Les entreprises doivent avancer les coûts, puis demander une compensation.
Critères jugés déconnectés du secteur
Sur le terrain, ce sont surtout les conditions d’accès qui concentrent les critiques.
Selon l’OTRE, environ 80 % des entreprises seraient exclues des aides les plus élevées. En cause : un critère basé sur un ratio EBE / chiffre d’affaires plafonné à 5 %.
L’organisation dénonce des règles « arbitraires et profondément discriminantes ».
Un problème simple : l’argent n’arrive pas
Autre difficulté, plus concrète encore : les aides ne sont toujours pas versées.
Plusieurs semaines après les annonces, « aucune aide n’est effectivement accessible aux entreprises », souligne la FNTR, faute de plateforme opérationnelle.
Pour les transporteurs, le problème est donc immédiat :
les coûts carburant sont là, la compensation ne l’est pas.
Une logique confirmée par le gouvernement
Le choix de l’exécutif est clair : pas de baisse généralisée, mais des aides ciblées par secteur.
Outre le transport routier, plusieurs activités sont concernées dès mai :
- agriculture : 15 centimes par litre de GNR
- pêche : jusqu’à 35 centimes
- BTP : environ 20 centimes pour les PME
En parallèle, un dispositif est prévu pour les « grands rouleurs », avec une aide forfaitaire équivalente à 20 centimes par litre en moyenne.
Toujours la même limite pour le transport
Pour le transport routier, le schéma ne change pas :
- aide annoncée
- accès conditionné
- versement incertain
- effet différé
Comme déjà observé en avril avec les prêts « flash carburant » via Bpifrance, le soutien passe largement par la trésorerie et non par une baisse immédiate des coûts.







