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Aides carburant : les transporteurs privés de prolongation, des versements toujours en attente

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Le gouvernement a présenté le 22 septembre un nouveau plan de soutien de 450 millions d’euros face à la hausse des carburants. Plusieurs secteurs bénéficieront d’aides prolongées jusqu’à la fin de l’année, mais pas le transport routier de marchandises. La profession attend pourtant encore le versement d’une partie des aides déjà annoncées. L’OTRE consulte désormais ses adhérents sur d’éventuelles actions de protestation.

Pour les transporteurs routiers français, le nouveau plan carburant ne règle aucune des deux questions qui pèsent sur leur trésorerie : la prise en charge des surcoûts à venir et le paiement des aides déjà promises.

Le 22 septembre, le gouvernement a annoncé un ensemble de mesures évalué à 450 millions d’euros. Les dispositifs destinés notamment à la pêche, à l’agriculture et au BTP sont prolongés jusqu’à la fin de 2026. En revanche, aucune nouvelle période d’aide directe n’est prévue pour le transport routier de marchandises.

La décision confirme une orientation déjà connue début septembre : l’aide directe accordée aux transporteurs devait s’arrêter à la fin du mois d’août. Le gouvernement avait alors précisé que cette échéance ne remettait pas en cause le paiement des aides correspondant aux périodes précédemment couvertes.

Comme Trans.INFO l’expliquait le 1er septembre , les annonces successives avaient laissé les entreprises dans l’attente de précisions sur la suite du soutien. Trois semaines plus tard, la profession dénonce surtout le retard pris dans l’application des engagements existants.

Les aides de juin à août toujours sans décret

Dans un communiqué du 22 septembre, la Fédération nationale des transports routiers (FNTR) affirme que le décret nécessaire au versement des aides pour juin, juillet et août 2026 n’a toujours pas été publié.

Selon la fédération, les entreprises concernées ne peuvent donc pas percevoir les sommes correspondant à ces trois mois, alors qu’elles supportent depuis longtemps les surcoûts de carburant. La FNTR demande à être reçue rapidement par le Premier ministre Sébastien Lecornu.

La situation ne signifie pas qu’aucune aide n’a été versée depuis le début de la crise. L’Organisation des transporteurs routiers européens (OTRE) précise, dans son communiqué du même jour, que l’aide correspondant à avril a été effectivement payée, mais que les versements attendus pour les autres mois restent en cause.

C’est ce décalage qui nourrit la colère des organisations professionnelles : l’État annonce de nouvelles mesures pour d’autres secteurs alors que les transporteurs attendent encore l’exécution de décisions antérieures.

Un seul versement pour 70 % des entreprises, selon l’OTRE

L’OTRE avance un autre élément pour illustrer les difficultés de trésorerie. D’après les chiffres qu’elle a communiqués le 22 septembre, 70 % des entreprises n’auraient reçu qu’un seul versement et 30 % n’auraient encore rien perçu au titre des aides attendues.

Ces proportions sont celles de l’organisation professionnelle. Elles ne constituent pas un bilan officiel des paiements publié par l’Agence de services et de paiement, et la méthode de collecte n’est pas précisée dans les éléments disponibles.

Pour les transporteurs concernés, le problème est immédiat : le carburant se règle au moment du plein, tandis que les compensations peuvent arriver plusieurs mois après les dépenses. Ce décalage est particulièrement difficile à absorber pour les petites entreprises disposant de peu de réserves de trésorerie.

Pourquoi l’indexation du gazole ne suffit pas toujours

Le désaccord avec le gouvernement ne porte pas uniquement sur les subventions. Selon l’OTRE, les pouvoirs publics justifient l’arrêt des aides directes par l’existence d’un mécanisme permettant aux transporteurs de répercuter la hausse du gazole sur leurs clients.

L’organisation ne conteste pas l’existence de ce dispositif légal. Elle estime en revanche que son application ne permet pas toujours de compenser rapidement et intégralement les surcoûts.

Dans la pratique, les formules de calcul, les indices retenus et les délais d’ajustement peuvent varier selon les contrats et les négociations avec les donneurs d’ordre. Une hausse du gazole peut ainsi peser immédiatement sur les dépenses d’un transporteur, alors que l’actualisation de ses tarifs intervient plus tard.

Pour une PME travaillant avec de grands clients, la possibilité juridique de répercuter une hausse ne garantit donc pas qu’elle dispose du même pouvoir de négociation pour le faire appliquer. C’est précisément le point soulevé par l’OTRE.

La FNTR demande également des comptes sur l’application des règles existantes. Elle souhaite connaître les contrôles effectués par la DGCCRF, ainsi que les éventuelles mises en demeure et sanctions liées au non-respect des dispositions sur la répercussion du coût du carburant.

Au-delà des aides exceptionnelles, la profession réclame donc un mécanisme qui réduise durablement le délai entre la hausse du prix à la pompe et son intégration dans les factures de transport.

L’OTRE consulte ses adhérents sur une mobilisation

La contestation pourrait désormais prendre une autre forme. Le 23 septembre, l’OTRE a annoncé consulter ses adhérents sur l’opportunité d’actions de protestation et sur leurs modalités.

L’organisation prévoit d’examiner les réponses en fin de semaine, puis de communiquer une orientation au début de la semaine suivante. Elle évoque des actions visibles pour obtenir de nouvelles discussions avec l’État, sans souhaiter bloquer l’ensemble de l’économie.

Au 24 septembre, aucune mobilisation nationale ni aucun blocage généralisé ne sont confirmés. Pour les entreprises de transport, l’urgence reste double : obtenir une date de versement pour les aides de juin à août et savoir comment les hausses de carburant seront prises en compte dans leurs tarifs après la fin du dispositif direct.

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