En Occitanie, l’hydrogène commence à sortir du cadre des démonstrateurs. Depuis le 16 mars 2026, un camion hydrogène est mis à disposition de transporteurs pour être exploité directement dans leurs opérations quotidiennes.
Selon les informations communiquées dans le cadre du projet européen Corridor H2, les essais doivent se poursuivre jusqu’au 19 mai, notamment autour des stations de Béziers et Narbonne.
Un test grandeur nature
Contrairement aux expérimentations classiques, ici le principe est simple : le camion est intégré dans les flux habituels des entreprises.
Le modèle utilisé, un HyT44 rétrofité par Hyliko, est exploité comme un véhicule classique – avec les contraintes réelles : délais, tournées, pression opérationnelle.
Les transporteurs peuvent l’utiliser en autonomie ou avec un accompagnement technique, selon leur niveau de familiarité avec la technologie.
Environ 400 km d’autonomie sur le terrain
Après plusieurs semaines d’utilisation, les premiers retours restent mesurés mais concrets.
Le véhicule a parcouru près de 3 000 kilomètres depuis le début des essais, selon des données relayées par des médias spécialisés. L’autonomie observée se situe autour de 400 kilomètres en conditions réelles.
C’est suffisant pour certaines tournées régionales, mais encore limité pour des usages longue distance sans planification précise.
Du côté du ravitaillement, les opérations durent moins de 20 minutes, ce qui permet de rester dans des cycles d’exploitation proches du diesel.
« Ces essais confirment le potentiel de l’hydrogène pour notre métier », indique Valérie Jimenez, présidente du groupe Jimenez Transport & Location, citée dans les premiers retours.
Le vrai sujet reste l’infrastructure
Sur le terrain, ce n’est pas tant le camion qui pose question que son environnement.
Les essais reposent sur deux stations, à Béziers et Narbonne, capables de délivrer jusqu’à 600 kg d’hydrogène par jour. Elles sont situées sur des axes structurants, notamment les autoroutes A9 et A75.
D’après les informations du projet, d’autres stations sont en service ou en déploiement dans la région, notamment autour de Toulouse.
Mais à ce stade, le maillage reste limité. Ce qui implique une organisation stricte des trajets.

Hyliko
Une technologie testée sous contrainte économique
Ces essais interviennent dans un contexte tendu pour le transport routier. Hausse des coûts, pression réglementaire, exigences environnementales : les transporteurs cherchent des solutions, mais sans marge d’erreur.
L’hydrogène est souvent présenté comme une alternative pour les usages intensifs. Sur le terrain, la question est plus directe : est-ce exploitable sans désorganiser l’activité ?
Les tests en cours servent justement à répondre à cette question, au-delà des fiches techniques.
Premiers déploiements ciblés
En parallèle, les premiers cas d’usage apparaissent dans des segments spécifiques.
Fin mars, Hyliko a annoncé la mise en service, à partir de 2027, d’un camion hydrogène « aspiratrice excavatrice » pour l’entreprise Tapir, spécialisée dans les travaux publics.
Le véhicule sera utilisé sur des chantiers en Auvergne-Rhône-Alpes, notamment pour des interventions sur réseaux enterrés.
Encore trop tôt pour trancher
À ce stade, les essais menés en Occitanie donnent une première indication : la technologie fonctionne, mais dans un cadre encore contraint.
Autonomie, réseau de stations, coût global : ce sont ces paramètres qui détermineront la suite.
Pour les transporteurs, l’enjeu reste le même : intégrer une nouvelle énergie sans dégrader l’exploitation. Les prochaines semaines d’essais doivent permettre d’y voir plus clair.









