FEV, société d’ingénierie basée à Aix-la-Chapelle (Allemagne), indique que son analyse interne montre qu’une architecture à prolongateur d’autonomie appliquée aux camions électriques pourrait réduire le TCO par rapport au diesel, tout en diminuant les émissions de CO₂.
Les résultats, publiés en février 2026 dans le cadre d’un programme interne de recherche, soulignent que l’impact sur le TCO dépend fortement du cycle d’exploitation. Sur les opérations courte distance, FEV évoque des économies pouvant atteindre 33 % par rapport à un camion diesel conventionnel. Dans le scénario longue distance le plus défavorable, la réduction du TCO resterait d’environ 14 %.
Les calculs reposent sur un « profil d’utilisation européen réaliste », avec une recharge nocturne au dépôt à un prix industriel d’environ 0,19 euro par kWh. FEV précise que dans les régions où l’électricité est moins chère, l’avantage économique serait encore plus marqué.
« Pas besoin d’attendre la recharge mégawatt », avance FEV

Selon le cycle de conduite, le TCO des camions à prolongateur d’autonomie peut être réduit jusqu’à 33 %. Source : FEV
Un élément central de l’argumentaire de FEV est qu’une configuration à prolongateur d’autonomie permet aux opérateurs de réduire la taille de la batterie par rapport à un camion longue distance 100 % électrique à batterie.
FEV indique qu’un camion électrique à batterie longue distance « typique » nécessiterait environ 560 kWh de capacité de batterie, tandis qu’un camion électrique à prolongateur d’autonomie pourrait se contenter d’environ 280 kWh. L’entreprise ajoute que, même avec une recharge AC plus lente à 22 kW, environ 240 kWh pourraient être rechargés pendant la nuit, ce qui, selon elle, peut suffire à alimenter le véhicule « presque entièrement à l’électricité » le lendemain, selon l’usage.
Cela, affirme FEV, signifie qu’une exploitation économique est possible sans dépendre d’une infrastructure de recharge mégawatt.
« Notre analyse montre clairement que le prolongateur d’autonomie rend les camions électriques immédiatement viables sur les plans économique et écologique – sans attendre le déploiement à grande échelle d’une infrastructure de recharge haute performance », a déclaré le Dr Norbert W. Alt, COO du groupe FEV.
Pourquoi l’équation économique serait favorable
FEV avance plusieurs arguments en faveur du prolongateur d’autonomie :
- Batterie plus petite : réduction des coûts d’investissement, poids moindre et charge utile plus élevée.
- Part élevée de roulage électrique : coûts énergétiques réduits, notamment grâce à la recharge nocturne au dépôt à des tarifs industriels.
- Moindre dépendance à la recharge publique haute puissance : intégration facilitée dans les infrastructures de dépôt existantes, flexibilité opérationnelle accrue et risque d’investissement limité pour les exploitants.
Dans le scénario longue distance, la combinaison de coûts d’investissement plus faibles, de charges d’exploitation réduites et d’une « grande praticité » générerait un avantage de TCO d’environ 14 % par rapport au diesel. En courte distance, l’avantage atteindrait jusqu’à 33 %.
Sur le plan environnemental, FEV affirme que, selon le profil d’utilisation et le mix énergétique, le potentiel de réchauffement global pourrait être réduit jusqu’à 82 % par rapport à un camion diesel conventionnel.
L’entreprise indique désormais concentrer ses travaux sur les véhicules utilitaires et le transport longue distance, domaines où les « avantages économiques de la technologie sont particulièrement évidents ». Elle travaille actuellement sur des véhicules démonstrateurs afin de valider ces résultats en conditions réelles et de les transformer en solutions commercialisables avec des clients et partenaires.











