Ce qui avait commencé comme un détour pour économiser s’est transformé en problème de circulation. Selon la police de Lanaken–Maasmechelen, des camions venus de toute l’Europe se rendent dans la zone industrielle d’Oude Bunders pour faire le plein, provoquant de fortes congestions sur les routes menant aux pompes. La police locale précise qu’il ne s’agit plus seulement d’automobilistes néerlandais qui franchissent la frontière pour payer moins cher : ce sont principalement les poids lourds qui créent désormais les principaux goulots d’étranglement.
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La situation est devenue suffisamment grave pour que la police fédérale signale des « files d’attente monstres » sur la voie de droite de l’E314. La police locale indique qu’une mesure plus radicale, à savoir une fermeture permanente de la sortie en provenance des Pays-Bas, est même envisagée comme option d’urgence, même si elle souhaite l’éviter si possible. Pour l’instant, la réponse consiste à mettre en place une zone tampon pour camions, gérée sur la zone industrielle afin que les poids lourds ne continuent pas à s’accumuler sur les routes environnantes.
La police indique qu’elle va aussi dissuader davantage de camions d’entrer pendant les périodes de pointe, surveiller activement la circulation afin de réduire le risque de situations dangereuses, et mettre en place des déviations si nécessaire pour répartir le flux de manière plus sûre.
Aux Pays-Bas, les transporteurs s’adaptent déjà
Les tensions observées en Belgique reflètent une pression plus large sur les coûts du transport.
Aux Pays-Bas, les transporteurs ajustent déjà leurs pratiques. Selon l’organisation TLN :
- certains chauffeurs réduisent leur vitesse de croisière
- d’autres optimisent la pression des pneus
- ou adoptent des pneumatiques plus économes
Selon UnitedConsumers, le prix moyen national du diesel aux Pays-Bas a atteint 2,682 euros par litre le 23 mars 2026 — un niveau record.
Les gains potentiels sont loin d’être négligeables. D’après Volvo Trucks :
- rouler à 85 km/h au lieu de 90 km/h réduit la consommation d’environ 3,5 pour cent
- passer de 85 km/h à 80 km/h permet encore 2 à 3 pour cent d’économie
Dans un secteur aux marges faibles, ces ajustements influencent directement les décisions opérationnelles.
Les écarts de prix redessinent les flux logistiques
Le cas belge s’inscrit dans une tendance européenne plus large : le « tourisme du carburant ».
En Slovénie, par exemple, le prix du diesel a été plafonné à 1,528 euro par litre, tandis qu’en Italie il atteignait 2,072 euros par litre à la mi-mars.
Résultat : un écart d’environ 0,50 à 0,60 euro par litre.
Pour un poids lourd effectuant un plein de 600 à 800 litres, cela représente :
- une économie de 240 à 400 euros par arrêt
- voire davantage pour les véhicules à double réservoir
Sur certains axes, cet écart constitue désormais un véritable avantage concurrentiel.
Un phénomène visible aussi en Europe centrale
Une situation comparable a été observée à la frontière entre l’Allemagne et la Tchéquie.
Certaines stations-service ont connu des files d’attente dépassant 30 minutes, voire bloquant les routes d’accès.
Les écarts de prix sont significatifs :
- Tchéquie : environ 38 couronnes tchèques par litre (environ 1,50 euro)
- Allemagne : environ 54 couronnes tchèques par litre (environ 2,10 euros)
Dans certaines zones, le trafic autour des stations aurait triplé en une semaine.
Un enjeu stratégique pour les transporteurs européens
Ce phénomène montre que les différences de prix du carburant ne sont plus seulement un facteur de coût, mais un élément structurant des flux logistiques en Europe.
Pour les transporteurs français, cela implique :
- une planification plus fine des itinéraires
- une optimisation constante des coûts
- une adaptation rapide aux écarts de marché
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