Ziegler France

Ziegler continue de s’enfoncer : près de 100 emplois supprimés après la liquidation

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La crise de Ziegler France s’étend désormais au-delà du transport routier. Après la liquidation du réseau français, deux autres filiales sont touchées, tandis que le groupe belge chercherait activement des repreneurs.

Fin mars, le tribunal de commerce de Lille Métropole avait placé Ziegler France et sa filiale Satra en liquidation judiciaire sans poursuite d’activité. La décision avait entraîné la suppression d’environ 1.500 emplois dans le réseau français du transporteur.

Mais les conséquences dépassent désormais largement l’activité transport.

Selon des informations de l’AFP, Dornach France, la filiale informatique du groupe basée à Roncq près de Lille, a été placée la semaine dernière en liquidation judiciaire avec arrêt immédiat de l’activité. Les 54 salariés sont concernés.

Dans le même temps, le tribunal de commerce a validé une reprise très partielle de Ziegler Services. Seule l’activité carrosserie a trouvé un repreneur, avec huit salariés conservés, dont deux apprentis. Les 44 autres employés vont être licenciés, selon Me Jean-Louis Borie, avocat des salariés.

Une crise qui fragilise tout l’écosystème transport

L’effondrement de Ziegler France continue également de peser sur les sous-traitants et transporteurs partenaires.

Avant sa liquidation, Ziegler France réalisait environ 445 millions d’euros de chiffre d’affaires, exploitait plus de 50 agences et employait près de 1.500 salariés. Selon la presse professionnelle française, l’entreprise aurait enregistré une perte opérationnelle d’environ 6,9 millions d’euros en 2025, après un excédent d’exploitation estimé à près de 10 millions d’euros un an plus tôt.

La crise était déjà visible bien avant la liquidation. Plusieurs transporteurs dénonçaient des retards de paiement remontant à deux ou trois mois avant l’ouverture de la procédure judiciaire.

La FNTR Bretagne indiquait notamment qu’une quarantaine d’entreprises adhérentes déclaraient près de 3 millions d’euros de créances liées à Ziegler France. Certains sous-traitants évoquaient des expositions proches d’un million d’euros.

L’Organisation des transporteurs routiers européens (OTRE) avait également alerté dès avril sur les conséquences de la liquidation pour les PME de transport déjà fragilisées par la hausse des prix du carburant et le ralentissement du marché.

Plus de dix repreneurs potentiels évoqués en Belgique

L’inquiétude gagne désormais aussi la Belgique, où le groupe Ziegler emploie encore environ 550 personnes réparties dans une quinzaine d’entités.

Selon le syndicat CSC-Transcom, la direction aurait indiqué lors d’un conseil d’entreprise organisé le 7 mai que plus de dix repreneurs potentiels se seraient manifestés.

Le syndicat critique ouvertement la gestion du groupe et évoque des investissements jugés « très mauvais » ainsi qu’une gestion « chaotique ».

À ce stade, la direction de Ziegler n’a pas officiellement communiqué sur d’éventuelles ventes d’activités ou restructurations plus larges.

L’incertitude reste totale

Plusieurs procédures restent encore en cours devant les juridictions commerciales françaises. Pour les salariés comme pour les sous-traitants, la principale question est désormais de savoir si certaines activités du groupe pourront encore être sauvées dans les prochaines semaines.

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