- L’IRU réclame un délai strict de 30 jours pour régler les prestations de transport routier.
- Ce plafond concernerait les transactions B2B comme les contrats conclus avec des organismes publics.
- L’organisation veut empêcher toute exception permettant de repousser le paiement au-delà de 30 jours.
- Les procédures d’acceptation ou de vérification de la prestation devraient elles aussi être réalisées dans ce délai, sans ouvrir une nouvelle période d’attente.
- Selon les données de la Commission européenne citées par l’IRU, jusqu’à 60 % des entreprises affirment que les retards de paiement les empêchent d’investir dans des solutions innovantes.
- La réforme européenne prévoyant un délai standard de 30 jours est toujours négociée au Conseil de l’Union européenne.
L’IRU veut mettre fin aux délais de règlement excessifs avec une règle simple : une prestation de transport routier devrait être réglée dans un délai maximal de 30 jours après sa réalisation. Pour l’organisation, une trésorerie prévisible est indispensable aux transporteurs qui souhaitent financer de nouveaux véhicules, des outils technologiques ou des infrastructures.
Cette proposition figure dans la prise de position de l’IRU sur les retards de paiement, datée du 8 octobre 2026 et destinée aux décideurs européens. Le principe défendu couvrirait à la fois les opérations commerciales entre entreprises et les contrats passés avec des clients publics.
L’IRU s’oppose également à toute disposition autorisant les parties à convenir d’un délai plus long. Le temps consacré à l’acceptation ou à la vérification de la prestation devrait être inclus dans les 30 jours. Ces formalités ne doivent pas, selon l’organisation, servir à repousser encore la date effective du règlement.
La trésorerie est un enjeu stratégique pour les transporteurs
L’IRU établit un lien direct entre les paiements tardifs et la capacité des entreprises de transport à moderniser leur flotte et à développer leur activité.
Pour un transporteur, disposer de liquidités ne relève pas d’une simple question administrative. Cela peut déterminer sa capacité à investir dans de nouvelles technologies et dans l’innovation, mais aussi à recruter les conducteurs et les salariés nécessaires à la réalisation de ses services, explique Raluca Marian, directrice de l’IRU pour l’Union européenne.
L’organisation met particulièrement en avant les microentreprises ainsi que les petites et moyennes entreprises. Ces structures disposent généralement de réserves financières plus limitées et pèsent moins dans les négociations avec les grands donneurs d’ordre.
D’après les chiffres de la Commission européenne cités par l’IRU, 60 % des entreprises déclarent que les retards de paiement les empêchent d’investir dans des solutions innovantes.
La situation est encore plus sensible dans le transport routier, où les charges d’exploitation sont élevées. Le carburant, les salaires, les péages, le crédit-bail et les assurances doivent être réglés régulièrement, quelle que soit la date à laquelle le client paie la facture liée à une mission déjà effectuée.
La réforme européenne des paiements reste dans l’impasse
La demande de l’IRU s’inscrit dans un débat européen qui dure depuis plusieurs années. Les institutions ont discuté d’un délai maximal de 30 jours, mais aucun accord définitif n’a encore été trouvé.
En septembre 2023, la Commission européenne a présenté un projet de règles destiné à lutter contre les retards de paiement. Le texte prévoyait un délai maximal standard de 30 jours pour les transactions B2B.
Le Parlement européen a adopté sa position en avril 2024. Il prévoyait toutefois la possibilité pour les entreprises de convenir d’un délai allant jusqu’à 60 jours, à condition que cette période plus longue soit expressément inscrite dans le contrat.
Depuis, la réforme n’a pas abouti. Les discussions restent bloquées au Conseil de l’Union européenne, car les États membres ne se sont toujours pas accordés sur plusieurs points, notamment le plafonnement strict à 30 jours et la forme du futur texte législatif.
L’IRU réclame désormais une règle plus stricte que celle défendue par le Parlement : un délai de 30 jours pour les prestations de transport routier, sans aucune exception.
En Espagne, même le délai record de 52 jours reste trop long pour l’IRU
L’écart entre la proposition de l’IRU et les pratiques réelles apparaît clairement en Espagne. Le délai moyen de paiement dans le transport routier y a fortement diminué ces dernières années. En août 2026, il est tombé à 52 jours, son niveau le plus bas jamais enregistré, selon les données de l’observatoire géré par Fenadismer et Fundación Quijote para el Transporte.
Cette moyenne marque une nette amélioration par rapport à 2021, lorsqu’elle atteignait 83 jours. Depuis plusieurs années, l’Espagne applique également des sanctions administratives aux entreprises qui dépassent le délai maximal de 60 jours prévu pour le transport routier de marchandises.
Malgré ces progrès, 38 % des chargeurs et des intermédiaires payaient encore leurs factures en retard en août 2026. Même le délai moyen espagnol de 52 jours, pourtant le plus court jamais enregistré dans le pays, reste donc nettement supérieur au plafond de 30 jours défendu par l’IRU.
Les transporteurs ont besoin de liquidités pour transformer leurs flottes
L’IRU relie aussi la question des paiements à sa position sur les infrastructures de recharge. Les transporteurs doivent réaliser des investissements importants dans les véhicules zéro émission, les bornes de recharge, les technologies numériques et les adaptations nécessaires pour respecter les nouvelles exigences réglementaires.
Les financements publics peuvent soutenir ces projets, estime l’organisation, mais les aides ne sauraient remplacer les ressources financières propres des entreprises.
Les transporteurs doivent pouvoir investir avec leurs propres ressources. Une entreprise en bonne santé financière est une entreprise qui est payée à temps pour le travail qu’elle a déjà réalisé, conclut Raluca Marian.
Pour l’instant, le délai maximal de 30 jours reste une proposition portée par le secteur. Les règles européennes destinées à harmoniser les pratiques de paiement et à réduire les retards n’ont toujours pas été adoptées.






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