Bartosz Wawryszuk

En Espagne, les délais de paiement du transport s’améliorent… mais les retards restent fréquents

Vous lirez cet article en 5 minutes

En Espagne, les délais de paiement dans le transport routier se raccourcissent. En juin, le délai moyen de règlement des prestations a atteint son niveau le plus bas jamais observé. Pour autant, la situation reste contrastée : 44 % des clients continuent de payer au-delà de la limite légale.

Le texte que vous lisez a été traduit à l'aide d'un outil automatique, ce qui peut entraîner certaines imprécisions. Nous vous remercions de votre compréhension.

Les derniers chiffres de l’Observatoire espagnol des retards de paiement dans le transport suggèrent qu’il ne s’agit pas d’une amélioration ponctuelle. En juin, le délai moyen s’établit à 53 jours – comme en avril – soit sept jours de moins que la limite légale fixée à 60 jours.

Selon le rapport, cette évolution s’explique principalement par le dispositif de sanctions contre les retards de paiement, en vigueur depuis octobre 2021, ainsi que par les contrôles menés par les autorités nationales et régionales compétentes.

Un record en moyenne, mais beaucoup de paiements hors délai

Si la moyenne repasse sous le seuil prévu par la loi, les retards restent fréquents. En juin, 44 % des clients ont dépassé la limite des 60 jours.

Dans la plupart des cas, le dépassement demeure limité, avec des paiements effectués entre 60 et 90 jours. Plus problématiques, les situations où l’attente s’étire au-delà de quatre mois : la part des entreprises réglant après 120 jours atteint 9 %.

La fédération espagnole du transport Fenadismer salue cette évolution et attribue une part importante du résultat au renforcement des contrôles par les administrations compétentes.

Fenadismer se dit à nouveau satisfaite de l’évolution favorable des délais de paiement observée ces dernières années, obtenue en grande partie grâce à l’activité d’inspection des administrations du transport, au niveau de l’État comme des régions. La fédération souligne que ces contrôles doivent se poursuivre afin de garantir une application large des règles mises en place pour lutter contre les retards de paiement.

Une tendance de fond vers des règlements plus rapides

Le niveau atteint en juin confirme une trajectoire déjà visible dans les publications précédentes. En février 2026, les transporteurs attendaient en moyenne 54 jours avant d’être payés — ce qui constituait alors le meilleur résultat depuis le lancement de l’enquête.

Sur plusieurs années, la progression est encore plus nette : la moyenne était de 83 jours en 2021, puis est descendue à 59 jours en 2025. Avec 53 jours, juin marque une étape supplémentaire vers des paiements plus rapides.

Mais l’amélioration de la moyenne ne fait pas disparaître les retards. En février, environ 43 % des clients dépassaient déjà la limite légale. En juin, on reste à 44 %, un niveau globalement stable.

La « liste noire » se réduit

La baisse des délais se reflète aussi dans le nombre de sanctions visant les mauvais payeurs. Au second semestre 2025, une liste publiée par le ministère espagnol des Transports recensait 34 sanctions visant 28 entreprises de transport. Les amendes allaient de 701 à 19 605 euros. Au premier semestre 2025, 149 entreprises avaient été sanctionnées. En 2024, les listes comptaient des centaines d’entreprises et des centaines de sanctions.

Ces amendes ne sont pas calculées en fonction du montant des factures impayées. Elles sanctionnent le non-respect des règles encadrant les délais de paiement, sur la base de procédures administratives ou judiciaires.

Le dispositif espagnol combine des sanctions financières et un registre public des entreprises sanctionnées. Ces règles, applicables depuis octobre 2021 au transport routier, prévoient des amendes pouvant aller jusqu’à 6 000 euros. En cas de récidive, la sanction peut atteindre 30 000 euros.

En Pologne, la réduction des délais est encore en chantier

Alors que le durcissement des contrôles en Espagne contribue à réduire les retards de paiement dans le transport, la Pologne élabore encore des réglementations destinées à améliorer la discipline de paiement dans le secteur du transport routier.

Un projet d’amendement publié fin février propose un délai de paiement de 35 jours pour le transport routier de marchandises. Les organisations professionnelles défendent cette mesure auprès du gouvernement depuis la fin 2023.

Le texte prévoit également l’obligation de formaliser les ordres de transport, de conserver les documents pendant cinq ans, et de renforcer les vérifications des licences et autorisations des transporteurs par les commissionnaires, chargeurs et sous-traitants.

Mais le secteur polonais attend ces mesures depuis plus de deux ans. D’après l’association Transport i Logistyka Polska, l’entrée en vigueur était initialement envisagée en 2024, mais la procédure législative a pris un retard important.

Les contrôles menés par les administrations et le cadre réglementaire restent au cœur du dispositif, comme en Espagne où les règles évoluent régulièrement.

Tags:

Lire aussi