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Scania fait de la Chine son laboratoire face à la concurrence

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Les constructeurs chinois de poids lourds préparent leur arrivée sur plusieurs marchés européens. Dans le même temps, Scania renforce ses activités en Chine avec Venture & New Business China (VNBC), une structure dédiée à l’expérimentation de technologies et de modèles économiques destinés au transport lourd. L’électrification et la conduite autonome seront ses premiers axes de travail, menés avec des clients et des partenaires locaux dans des conditions d’exploitation réelles.

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À retenir :

  • Scania a créé Venture & New Business China, une structure consacrée au développement et aux essais de nouvelles solutions pour le transport lourd.
  • Ses premières priorités sont la transition énergétique et les solutions de transport autonome.
  • Les projets seront conçus avec des clients chinois, des entreprises technologiques et d’autres partenaires locaux.
  • L’initiative s’appuiera sur les installations de Scania dans la zone de Nantong et de Rugao, où le constructeur a ouvert une usine en 2025 disposant d’une capacité autorisée allant jusqu’à 50 000 véhicules par an.
  • Scania n’a communiqué ni le montant investi dans VNBC ni le calendrier de déploiement des solutions envisagées.

Scania a annoncé la création de Venture & New Business China, ou VNBC, le 17 septembre 2026. Cette nouvelle entité aura pour mission de repérer des opportunités commerciales, de développer des technologies et d’évaluer leur capacité à répondre aux besoins concrets des exploitants de poids lourds.

Pour y parvenir, le constructeur compte s’appuyer sur ses activités déjà implantées en Chine : production de véhicules, centres locaux de recherche et développement, ainsi que réseau de fournisseurs. La zone de Nantong et de Rugao jouera un rôle central, puisqu’elle accueille le troisième pôle industriel mondial du groupe.

Le rythme d’innovation chinois pousse-t-il Scania à accélérer ?

Cette annonce intervient alors que les constructeurs chinois de camions préparent leur arrivée sur de nouveaux marchés européens. La pression concurrentielle ne concerne pas uniquement les prix : elle porte aussi sur la vitesse à laquelle une technologie peut passer du stade de développement à celui de la production en série.

D’après des informations publiées par Reuters en mars 2026, plus de six constructeurs chinois prévoient de commencer à vendre des véhicules lourds en Europe cette année. BYD, Sany, Sinotruk, Farizon, Windrose et SuperPanther figurent notamment parmi les entreprises citées. Certaines développent également des capacités de production et de service sur le continent.

Des constructeurs chinois et des représentants du secteur ont indiqué que leurs nouveaux camions électriques pourraient être proposés à des tarifs jusqu’à 30 % inférieurs au prix moyen de véhicules européens comparables. Il s’agit toutefois de projections portant sur des produits et des stratégies commerciales envisagés, et non de la preuve que les marques chinoises détiennent déjà une part importante du marché européen du camion.

Pour les constructeurs européens, l’un des principaux enjeux réside dans la vitesse à laquelle leurs concurrents chinois passent de la mise au point d’une technologie à sa fabrication à grande échelle.

Christian Levin, directeur général de Scania, a souligné ce point dans un entretien accordé à Reuters. Selon lui, la capacité à industrialiser rapidement l’innovation constitue un avantage majeur pour les concurrents chinois et les constructeurs européens doivent en tirer des enseignements.

VNBC s’inscrit dans ce contexte, même si Scania ne présente pas cette structure comme un programme de coopération avec des constructeurs concurrents. Son objectif est de réduire le délai entre l’émergence d’une idée, les essais menés avec un client et une éventuelle mise sur le marché, en combinant des partenariats locaux avec les compétences du groupe.

Bien plus qu’une usine : l’implantation de Scania en Chine

Venture & New Business China ne part pas de rien. En octobre 2025, Scania a inauguré son troisième pôle industriel mondial à Rugao, dans la province du Jiangsu.

L’investissement s’est élevé à 2 milliards d’euros. Le complexe couvre 800 000 mètres carrés et dispose d’une autorisation lui permettant de produire jusqu’à 50 000 véhicules par an. Ce chiffre correspond à la capacité de production autorisée du site, et non au nombre de camions qui sortent actuellement de l’usine.

L’usine doit approvisionner le marché chinois ainsi que certains marchés à l’export. Scania affirme être le premier constructeur occidental de poids lourds à avoir obtenu une licence chinoise complète pour un site entièrement détenu par un investisseur étranger.

La production ne constitue toutefois qu’un volet de la stratégie chinoise du constructeur. Scania a également développé des activités locales de recherche et développement à Rugao et à Shanghai. Son offre chinoise repose sur deux gammes distinctes : les véhicules Scania destinés aux applications exigeantes et la gamme NEXT ERA, conçue spécifiquement pour les opérateurs de transport chinois.

NEXT ERA vise le transport longue distance à grande échelle, avec une attention particulière portée à la standardisation, aux coûts d’exploitation et à l’adaptation aux besoins locaux.

En novembre 2025, le constructeur indiquait que des concessionnaires préalablement agréés avaient réservé les 1 000 camions de la série de lancement. Ces réservations effectuées par le réseau ne doivent cependant pas être assimilées à des ventes finalisées auprès des clients.

La nouvelle unité technologique pourra s’appuyer sur cette base industrielle et commerciale. La zone de Nantong et de Rugao devrait accueillir des projets pilotes réalisés avec des clients et des partenaires technologiques.

L’électrification et l’autonomie en tête de liste

Scania a retenu deux axes de travail prioritaires pour VNBC : la transition énergétique du transport lourd et les solutions autonomes.

L’annonce ne signifie pas pour autant que Scania a déjà dévoilé un nouveau camion électrique, un programme commercial de transport sans conducteur ou une date de lancement. La structure doit d’abord nouer des partenariats, tester des technologies et évaluer différents modèles économiques dans des conditions d’exploitation réelles.

Nous partirons des besoins des clients locaux, réunirons des compétences complémentaires, testerons les solutions sur le terrain, puis développerons celles qui apportent une réelle valeur.

Le parcours de la responsable de l’unité donne une indication sur les compétences que Scania souhaite mobiliser. Fu a passé six ans au sein de DiDi, notamment à la tête du bureau de Pékin. Elle a également participé à des opérations d’investissement chez G7, une entreprise spécialisée dans les technologies du transport.

Plus récemment, elle a travaillé avec des start-up et sur des solutions émergentes dans les domaines du transport lourd électrique à batteries et à hydrogène. Scania n’a toutefois pas indiqué que VNBC commencerait par un projet précis de camion à hydrogène.

La Chine, à la fois marché et laboratoire technologique

La nouvelle entité aura donc une double mission : soutenir les activités existantes de Scania en Chine et développer les compétences du groupe sur un marché de plus en plus marqué par l’électrification et l’automatisation du transport.

Les projets développés en Chine pourraient aussi avoir une portée internationale. Lors de l’ouverture de l’usine de Rugao, Scania avait expliqué que son système modulaire TRATON permettrait à certaines technologies d’être lancées d’abord en Chine avant d’être déployées sur d’autres marchés.

Cela ne signifie pas que les solutions mises au point par VNBC disposent déjà d’une trajectoire définie vers les camions européens. Scania n’a présenté aucun projet précis destiné à un déploiement mondial et n’a communiqué aucune date pour une éventuelle entrée en exploitation.

Scania ne se limite donc pas à construire une base de production en Chine. Le constructeur veut y développer et valider des solutions de transport en coopération directe avec les clients. Alors que les marques chinoises se préparent à vendre leurs camions en Europe, le constructeur suédois renforce ses activités technologiques sur le marché chinois. La concurrence se joue désormais autant sur le véhicule livré que sur la vitesse à laquelle une innovation devient une solution rentable et exploitable par les transporteurs.

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