Photo : AdobeStock / Tobias Arhelge

Transport d’animaux vivants : les Pays-Bas veulent durcir les règles en cas de forte chaleur dès 2027

Vous lirez cet article en 5 minutes

Aux Pays-Bas, le transport d’animaux d’élevage pendant les épisodes de chaleur est dans le viseur. Le gouvernement prépare un tour de vis : à partir de 2027, les déplacements seraient, dans la plupart des cas, interdits lorsque la température extérieure dépasse 30 °C. En parallèle, l’Union européenne travaille elle aussi à une refonte plus large des règles encadrant le transport des animaux. Pour Vee&Logistiek Nederland (VLN), cette évolution toucherait surtout l’activité estivale. Les entreprises seraient poussées à concentrer davantage les trajets très tôt le matin ou la nuit, afin d’éviter les pics de chaleur. Le secteur redoute toutefois que ce report vers des créneaux « hors pointe » ne crée de nouveaux points de friction, notamment pour l’organisation des contrôles et la coordination des flux transfrontaliers.

Le texte que vous lisez a été traduit à l'aide d'un outil automatique, ce qui peut entraîner certaines imprécisions. Nous vous remercions de votre compréhension.

VLN met en avant un problème très concret : l’Autorité néerlandaise de sécurité alimentaire et des produits de consommation (NVWA) ne peut pas imposer à ses agents des horaires en tout début ou en toute fin de journée. Sans inspecteurs disponibles la nuit ou à l’aube, certains chargements risquent de ne pas être contrôlés ou autorisés à temps.

La présidente de VLN, Helma Lodders, estime que ce calendrier pourrait aussi fausser la concurrence en Europe. Alors que les ajustements au niveau de l’Union sont encore en discussion, les Pays-Bas introduiraient déjà des limites nationales plus strictes.

Le seuil de 30 degrés n’est pas une nouveauté

Le seuil de 30 °C existe déjà dans le cadre actuel. le règlement européen n° 1/2005 prévoit en effet que la température à l’intérieur du véhicule ne doit pas dépasser ce niveau.

L’Allemagne a durci son interprétation en 2019. À l’époque, le ministère fédéral de l’Agriculture avait annoncé que les dépassements de température seraient considérés comme une infraction administrative, avec des amendes possibles lorsque des animaux sont transportés en situation de chaleur excessive.

Cette décision faisait suite à une analyse de transports d’animaux allemands via la frontière entre la Bulgarie et la Turquie. Selon le ministère, 184 trajets sur 210 contrôlés se sont déroulés à des températures supérieures à 30 °C.

La ministre de l’Agriculture de l’époque, Julia Klöckner, déclarait :

« Si, à l’intérieur du camion, il fait plus de 30 degrés pour les animaux, le transport est interdit. »

En revanche, il n’existe pas de montant d’amende unique à l’échelle nationale : les sanctions relèvent des autorités compétentes des Länder.

Des trajets très longs restent possibles

Dans le même temps, le cadre européen actuel autorise toujours des transports d’animaux sur de très longues distances, selon l’espèce et l’équipement du véhicule.

  • Les porcs peuvent aujourd’hui être transportés jusqu’à 24 heures, à condition d’avoir un accès continu à l’eau.
  • Les chevaux peuvent également voyager jusqu’à 24 heures si on les abreuve au moins toutes les huit heures.
  • Les bovins, ovins et caprins ont droit à 14 heures de route, puis une pause d’une heure, avant un nouveau segment de 14 heures.
  • Les jeunes animaux non sevrés peuvent être transportés pendant neuf heures, suivies d’une pause d’une heure, puis encore neuf heures.
  • Les volailles peuvent être transportées jusqu’à 12 ou 24 heures selon le type d’oiseau.

Un point cristallise particulièrement les critiques : lorsque les animaux sont déchargés dans des postes de contrôle, pris en charge et laissés au repos pendant 24 heures, le trajet peut ensuite reprendre. Résultat : un transport longue distance peut s’étaler sur plusieurs jours.

Bruxelles prépare un nouveau durcissement

Depuis plusieurs années, la Commission européenne planche sur une réforme des règles de transport des animaux. Parmi les pistes discutées figurent des limites de température plus strictes, une réduction des durées maximales de trajet, le suivi numérique des températures et des exigences renforcées pour les jeunes animaux.

Les transports vers des pays hors Union européenne font aussi l’objet d’une attention croissante. Le maritime est souvent jugé particulièrement problématique, les contrôles hors UE étant difficiles à réaliser.

De leur côté, les organisations de protection animale réclament depuis longtemps un durcissement net des règles — voire l’interdiction des longs trajets avec des animaux vivants.

Le secteur rappelle l’existence d’un protocole chaleur

Les transporteurs, eux, jugent qu’un durcissement national supplémentaire serait excessif. VLN rappelle qu’un protocole spécifique aux périodes de chaleur est en place aux Pays-Bas depuis 2016.

Dans ce cadre, les chargements sont réduits à partir de 27 °C et des contrôles supplémentaires sont réalisés. D’après des chiffres provisoires, VLN indique qu’aucun cas de stress thermique n’a été constaté lors de 135 inspections en 2025.

Malgré tout, de nouvelles contraintes pourraient transformer en profondeur l’organisation du transport et de la logistique agricole. Davantage de trajets devraient être effectués de nuit, tandis que la planification, le refroidissement, la documentation et les inspections deviendraient plus lourds — et plus coûteux.

Les mouvements transfrontaliers d’animaux au sein de l’Europe, tout comme les exportations vers des destinations hors UE, seraient probablement les plus impactés. documentation et inspections deviendraient plus lourds – et plus coûteux.

Tags:

Lire aussi