- La police a dressé 34 contraventions de 500 euros chacune lors de la première journée de contrôles sur le Merwedebrug.
- Trois agents à moto participent à l’opération : ils interceptent les véhicules et les escortent vers un point de contrôle, où le procès-verbal est établi.
- Un contrôle peut durer environ 30 minutes, notamment lorsqu’un interprète est nécessaire.
- Selon les derniers chiffres de Rijkswaterstaat, environ 570 camions franchissent encore le pont chaque jour, contre près de 18 000 avant l’interdiction.
- Pour de nombreux véhicules étrangers, l’envoi automatisé d’une amende reste impossible, ce qui rend les contrôles routiers indispensables.
L’opération conjointe de la police et de Rijkswaterstaat, annoncée précédemment, a débuté lundi 17 août. Dès cette première journée, les autorités ont constaté que les contrôles sur le terrain mobilisaient nettement plus de temps et de moyens qu’une surveillance reposant uniquement sur des caméras.
Les agents arrêtent les camions et les autocars qui ignorent l’interdiction, puis les dirigent vers une zone dédiée pour y constater l’infraction. Une interception ne débouche toutefois pas nécessairement sur une amende immédiate. Un porte-parole de Rijkswaterstaat a souligné que la procédure est particulièrement longue lorsque le conducteur étranger a besoin d’un interprète : il faut alors compter environ une demi-heure pour chaque contrôle.
34 amendes dès le premier jour
Au total, 34 contraventions de 500 euros ont été infligées lors de la première journée. Les contrôles doivent se poursuivre jusqu’à vendredi. Pour Rijkswaterstaat, l’objectif n’est pas seulement de sanctionner les conducteurs, mais aussi de leur adresser un avertissement clair afin de prévenir de nouvelles infractions.
Cette opération doit à la fois servir d’avertissement et dissuader les conducteurs de recommencer, a expliqué un porte-parole de l’autorité routière.
À terme, les autorités veulent qu’aucun camion ni autocar n’emprunte le pont.
Les derniers chiffres transmis par Rijkswaterstaat au média néerlandais NOS indiquent qu’environ 18 000 camions traversaient chaque jour le Merwedebrug avant l’interdiction. Depuis l’interdiction faite aux véhicules lourds, le nombre de passages est tombé à près de 570 par jour.
Mais ce chiffre doit encore tomber à zéro, insiste le porte-parole de Rijkswaterstaat.
Cette estimation est plus récente que les chiffres publiés auparavant. Ces derniers faisaient état d’environ 1 600 camions et autocars enfreignant encore la restriction chaque jour au début du mois d’août. La baisse observée montre que le nombre d’infractions continue de reculer, sans pour autant avoir complètement disparu.
Les plaques étrangères compliquent les contrôles
Les camions immatriculés à l’étranger restent le principal défi pour les autorités. Jusqu’à présent, le système de caméras ANPR installé sur le Merwedebrug permettait surtout d’identifier les véhicules et d’adresser automatiquement des amendes aux propriétaires de véhicules immatriculés aux Pays-Bas. De nombreux poids lourds étrangers doivent encore être interceptés directement par les forces de l’ordre.
Trois agents à moto ont donc été affectés à l’opération. Ils peuvent intercepter les véhicules, les escorter vers une zone de contrôle et permettre l’application des sanctions aux conducteurs étrangers.
D’après Rijkswaterstaat, les véhicules immatriculés à l’étranger représentent désormais une part importante du trafic de poids lourds qui continue d’emprunter le pont.
Des amendes automatisées plus larges attendues en 2027
Les difficultés rencontrées sont à la fois juridiques et techniques. Les règles européennes prévoient un échange transfrontalier plus large des données relatives aux infractions routières. Les États membres peuvent ainsi identifier les propriétaires de véhicules immatriculés à l’étranger et leur transmettre les sanctions.
Ces mécanismes devraient être utilisés plus largement en 2027. D’ici à leur mise en œuvre complète, de nombreux camions étrangers devront encore être arrêtés afin d’identifier le véhicule et son conducteur, puis d’établir l’amende.
Selon les médias néerlandais, plusieurs pays, dont l’Allemagne, la France et la Suède, disposent déjà d’accords spécifiques avec les Pays-Bas permettant un échange automatisé des données. Pour de nombreux véhicules étrangers circulant sur le Merwedebrug, la situation reste toutefois inchangée : les contrôles physiques sur le bord de la route demeurent le principal moyen de faire respecter l’interdiction.
Un mois de restriction sur le Merwedebrug
Les camions et les autocars ne peuvent plus circuler sur le Merwedebrug depuis le 18 juillet 2026 à 17 h 30. La décision a été prise après la découverte d’une résistance de l’acier inférieure aux prévisions dans plusieurs éléments de la structure en arc. Rijkswaterstaat a conclu qu’il n’était plus possible de garantir la sécurité du pont si des véhicules lourds continuaient à le franchir.
Depuis le 25 juillet, des caméras ANPR détectent automatiquement les plaques d’immatriculation et enregistrent les véhicules qui ne respectent pas la restriction. L’infraction est passible d’une amende de 500 euros.
Les voitures, les motos et les véhicules utilitaires légers peuvent continuer à emprunter le pont. Les autobus réguliers et les véhicules d’urgence bénéficient également d’une dérogation.
De nouveaux contrôles pourraient être menés sans préavis
L’opération actuelle a été annoncée à l’avance et doit se poursuivre jusqu’à vendredi. Rijkswaterstaat reconnaît cependant qu’il est encore impossible de savoir si le nombre d’infractions restera faible une fois cette phase de contrôles renforcés terminée.
La police peut naturellement organiser d’autres contrôles inopinés, a rappelé le porte-parole de l’autorité routière.
La fin de cette opération ne signifie donc pas nécessairement que les contrôles reposeront uniquement sur les caméras. Tant que l’interdiction restera en vigueur, les conducteurs de poids lourds circulant sur l’A27 près de Gorinchem devront également s’attendre à des patrouilles et à des interceptions sur la route.
Rijkswaterstaat rappelle qu’à terme, aucun véhicule concerné par l’interdiction ne doit franchir le pont fragilisé.









