© Rijkswaterstaat | Paul van Baardwijk

Merwedebrug : la police face aux 1 600 poids lourds

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Aux Pays-Bas, environ 1 600 poids lourds et autocars franchissent encore chaque jour la Merwedebrug, alors que l’ouvrage est interdit aux véhicules lourds depuis la découverte de faiblesses structurelles. Face à ces infractions qui persistent malgré une amende de 500 euros, la police néerlandaise prépare des contrôles routiers et prévoit d’immobiliser les contrevenants.

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Lors de l’opération prévue la semaine du 17 août, les véhicules en infraction ne seront pas seulement repérés par les caméras de contrôle. Les agents arrêteront les véhicules concernés et les immobiliseront, a annoncé Vincent Karremans, ministre chargé des infrastructures.

Nous allons déployer tous les moyens avec la police, a déclaré Vincent Karremans dans l’émission télévisée néerlandaise Goedenavond Nederland. Il a souligné que la grande majorité des conducteurs de poids lourds respectait l’interdiction, tout en estimant nécessaire de prendre des mesures supplémentaires contre ceux qui continuent d’emprunter le pont.

Les caméras ne suffisent pas pour verbaliser plus de la moitié des véhicules

La Merwedebrug se trouve sur l’A27, entre Gorinchem et Sleeuwijk. Elle constitue un axe important pour le transport de marchandises entre le nord et le sud, notamment entre les provinces de Noord-Brabant et de Zuid-Holland.

Le pont est interdit aux poids lourds et aux autocars depuis le 18 juillet 2026. Des tests ont révélé que l’acier de plusieurs éléments de sa structure en arc était davantage fragilisé que prévu. Rijkswaterstaat a alors indiqué ne plus pouvoir garantir la sécurité structurelle de l’ouvrage en cas de trafic lourd.

Le contrôle automatisé par lecture des plaques d’immatriculation a débuté le 25 juillet. Les contrevenants s’exposent à une amende de 500 euros, à laquelle s’ajoutent les frais administratifs.

Rijkswaterstaat a pourtant recensé en moyenne 1 600 poids lourds et autocars chaque jour ouvré entre le 3 et le 7 août. Ce chiffre est inférieur aux 2 000 à 2 500 infractions quotidiennes relevées auparavant, ainsi qu’aux quelque 18 000 véhicules lourds qui empruntaient le pont avant l’interdiction.

Selon l’autorité routière, ce volume reste néanmoins suffisamment élevé pour exercer une pression excessive sur la structure en arc du pont.

L’une des raisons de cette opération sur le terrain est que plus de la moitié des véhicules détectés sont immatriculés à l’étranger. En vertu des accords internationaux en vigueur, Rijkswaterstaat ne peut actuellement pas verbaliser un grand nombre de ces conducteurs sur la seule base des images captées par ses caméras. Un policier ou un agent habilité doit donc les arrêter directement.

Au 31 juillet, les autorités avaient infligé 1 118 amendes pour non-respect de l’interdiction.

Rijkswaterstaat a également installé de nouveaux panneaux d’avertissement aux postes-frontières et aux échangeurs autoroutiers, avec des informations en plusieurs langues. Des agents chargés de la régulation du trafic ont été positionnés à proximité de l’accès d’Avelingen et de la sortie de Werkendam afin de dissuader les poids lourds de rejoindre le pont par le réseau routier local.

Un site utilisant l’IA annonce près de 1 900 franchissements

L’ampleur des passages malgré l’interdiction a également attiré l’attention d’un développeur indépendant. Un site baptisé Daar gaat er weer een — que l’on pourrait traduire par « En voilà encore un » — analyse, grâce à l’intelligence artificielle, les images publiques des caméras de circulation de Rijkswaterstaat.

Jeudi soir, le système affirmait avoir détecté 1 864 poids lourds et 15 autocars depuis minuit, dont 182 poids lourds entre 10 h et 11 h. Le site affichait un taux de fiabilité annoncé de 98,4 % pour son dispositif de détection.

Ces données ne constituent toutefois pas des chiffres officiels de contrôle. Le développeur précise que le service n’est relié ni à Rijkswaterstaat, ni à la police, ni au parquet. Les détections ne prouvent pas qu’une infraction a été commise et peuvent comporter des erreurs ou inclure des véhicules exemptés de l’interdiction.

Les itinéraires de déviation pour les poids lourds

Les poids lourds et les autocars doivent contourner le pont en empruntant soit l’itinéraire A15–A16–A59, soit l’axe A15–A2–A59. Les véhicules transportant des marchandises dangereuses doivent obligatoirement emprunter l’itinéraire passant par l’A2.

Les autobus de ligne et les véhicules de secours restent autorisés à circuler sur le pont. Les voitures, les motos et les véhicules utilitaires légers peuvent également continuer à l’emprunter. Rijkswaterstaat explique que cette restriction vise à maintenir le passage des véhicules plus légers et à éviter une fermeture complète de l’ouvrage.

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