Photo : Romainberth, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

Bruxelles accorde un délai à neuf pays pour les contrôles EES

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Bruxelles semble tolérer que neuf pays de l’espace Schengen appliquent les contrôles biométriques du système d’entrée/sortie (EES) avec une certaine souplesse, malgré l’expiration du dispositif dérogatoire le 6 septembre. Cette tolérance pourrait limiter le risque de files d’attente importantes pour les poids lourds sur les liaisons stratégiques entre le Royaume-Uni et l’Union européenne.

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La Belgique, la France, l’Allemagne, la Grèce, l’Italie, Malte, les Pays-Bas, le Portugal et la Suisse avaient demandé à Bruxelles davantage de flexibilité pour appliquer le système d’entrée/sortie (EES), craignant que des contrôles biométriques complets ne saturent les infrastructures frontalières.

Le mécanisme temporaire, qui autorisait les autorités à suspendre l’enregistrement biométrique en cas d’engorgement exceptionnel, a expiré le 6 septembre 2026. Toutefois, plusieurs informations publiées depuis cette échéance indiquent que Bruxelles ne prendra pas de mesures coercitives contre les pays qui ne sont toujours pas en mesure d’effectuer l’ensemble des contrôles. Dans les faits, une nouvelle phase de souplesse opérationnelle semble donc se dessiner.

Le point essentiel est que cette situation ne semble pas constituer une prolongation officielle de la dérogation européenne.

La Commission européenne n’a publié aucun nouvel acte juridique prorogeant le mécanisme de suspension temporaire. Les règles de fond applicables à l’EES restent, elles, inchangées.

Depuis avril, l’EES est officiellement considéré comme pleinement opérationnel

Le système d’entrée/sortie est pleinement opérationnel dans l’espace Schengen depuis le 10 avril 2026, après une mise en place progressive de six mois. Il enregistre numériquement les entrées et les sorties de la plupart des ressortissants de pays hors UE effectuant un court séjour, notamment les citoyens britanniques. Les données de passeport sont conservées avec les empreintes digitales et les images faciales.

Le règlement (UE) 2025/1534 prévoyait une marge de manœuvre temporaire pendant le déploiement. Il permettait notamment aux autorités de suspendre provisoirement certaines opérations de l’EES lorsque l’affluence exceptionnelle entraînait des temps d’attente excessifs. Cette possibilité ne devait être utilisée qu’en cas de nécessité absolue et pendant la durée la plus courte possible.

Cette souplesse a été maintenue pendant une courte période après la généralisation du système, mais elle a pris fin le 6 septembre. La Commission avait auparavant indiqué rester en contact étroit avec le petit nombre de pays qui devaient encore adapter leurs procédures et leurs opérations, tout en leur proposant un soutien supplémentaire de l’Union européenne pour résoudre les difficultés restantes.

Pourquoi le fret est concerné à Douvres et par l’Eurotunnel

Même si l’EES est un dispositif de contrôle migratoire et non une mesure dédiée au fret, tout ralentissement du traitement des voyageurs peut rapidement perturber la circulation des poids lourds lorsque les flux de passagers et de marchandises utilisent les mêmes infrastructures. Le risque est particulièrement important sur les liaisons transmanche courtes.

À Douvres comme via l’Eurotunnel, les autorités françaises effectuent les contrôles migratoires avant le départ des voyageurs du Royaume-Uni. Le gouvernement britannique prévient que l’enregistrement dans l’EES peut nécessiter davantage de temps et allonger l’attente à la frontière.

Pour les transporteurs routiers, le principal risque est que les files d’attente générées par les voitures, les autocars et les autres voyageurs débordent sur les opérations de fret, même si les conducteurs professionnels ne représentent qu’une partie du trafic traité. Logistics UK a déjà estimé qu’un retard moyen supplémentaire de 90 minutes sur les liaisons transmanche courtes pourrait coûter environ 400 millions de livres sterling par an à l’économie britannique.

Selon une modélisation menée avec MDS Transmodal, une perturbation prolongée pourrait ajouter environ 1 100 livres sterling au coût d’un trajet en camion. L’analyse reposait sur une année durant laquelle plus de 3,3 millions de poids lourds avaient emprunté les liaisons transmanche courtes.

Logistics UK alerte régulièrement sur le fait que les retards dans ce corridor peuvent pénaliser aussi bien les exportations que les importations de marchandises soumises à des contraintes de délai, notamment les denrées alimentaires et les autres produits périssables.

Un déploiement de l’EES encore à plusieurs vitesses

Les informations disponibles laissent penser que la mise en œuvre de l’EES restera probablement inégale. Certains pays de l’espace Schengen et certains postes-frontières appliquent déjà le système dans son intégralité, tandis que d’autres se heurtent encore à des contraintes techniques, de personnel ou d’infrastructure. La Commission continue néanmoins de présenter l’EES comme « pleinement opérationnel ». Selon ses indications officielles, le système fonctionne depuis le 10 avril dans l’ensemble des points de passage aux frontières extérieures de l’espace Schengen.

Cette situation crée un cas de figure inhabituel : la période de transition prévue par les textes est de fait terminée, mais Bruxelles semble prête à tolérer temporairement certains écarts par rapport au déploiement complet plutôt que de risquer une désorganisation majeure dans les principaux points de passage.

Pour les transporteurs britanniques qui passent par Douvres ou l’Eurotunnel, cette position pourrait réduire à court terme le risque de voir se concrétiser les scénarios de files d’attente les plus pessimistes annoncés avant le déploiement de l’EES. Elle ne constitue toutefois pas une solution durable. En l’absence de prolongation officielle de la dérogation, les pays concernés doivent toujours mettre leurs infrastructures et leurs procédures en conformité avec les exigences complètes de l’EES.

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