Un an plus tôt seulement, la liste comptait des centaines d’entreprises et des centaines de sanctions. Aujourd’hui – comme le montrent les dernières données – le registre tient à peine sur une page, et encore incomplète. C’est un signal clair que le mécanisme de publication de la « liste noire » commence réellement à discipliner le marché.
La liste fond à vue d’œil
Selon les données publiées par le ministère espagnol des Transports, au second semestre 2025 la liste comptait 34 sanctions infligées à 28 entreprises de transport. Les amendes allaient de 701 euro à 19 605 euro.
Point important : les sanctions ne sont pas directement liées au montant de la dette due aux transporteurs, mais aux manquements à la réglementation sur les délais de paiement – tels qu’établis dans le cadre de procédures administratives ou judiciaires.
Début 2025, la situation était encore bien plus difficile
Comme le montrent des données antérieures, au premier semestre 2025 149 entreprises ont été sanctionnées, et le nombre d’infractions était nettement plus élevé qu’aujourd’hui. Plus tôt encore – en 2024 – l’ampleur du problème était plus importante, concernant des centaines d’entreprises et des centaines de sanctions.
Cela montre à quel point la situation du marché des paiements dans le transport routier évolue rapidement.
Parallèlement, il convient de noter que les éditions précédentes de la liste incluaient régulièrement aussi de grands acteurs du marché mondial de la logistique et du commerce, preuve que le système couvre l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement – et pas seulement les petites structures.
La publication de la liste agit comme un mécanisme de discipline
Les experts ne doutent pas que la publication régulière de la liste des entreprises sanctionnées commence à produire des résultats. La baisse du nombre de sanctions est directement liée à une plus grande prudence des clients et à une meilleure discipline de paiement.
L’objectif de la publication du registre est de réduire les arriérés de paiement dans le secteur du transport. Les dernières données indiquent que ce mécanisme fonctionne de plus en plus efficacement.
Une amélioration portée par des évolutions réglementaires
La loi instaurant des sanctions en cas de non-respect des délais de paiement est entrée en vigueur en Espagne en octobre 2021. Les règles s’appliquent exclusivement au secteur du transport routier et prévoient des amendes strictes pour les retards de paiement pouvant aller jusqu’à 6 000 euro. En cas de récidive, les amendes peuvent atteindre 30 000 euro.
La réglementation espagnole qualifie le dépassement du délai légal maximal de paiement d’infraction grave et, pour les prestations de plus grande valeur, de très grave. Le montant de la sanction dépend de la somme due et de la durée du retard.
Ce que cela signifie pour les transporteurs
Pour les entreprises de transport – y compris celles établies hors d’Espagne – la « liste noire » reste un outil opérationnel important. Elle leur permet d’évaluer la fiabilité des partenaires commerciaux, d’analyser les risques de coopération et de mieux protéger la sécurité financière des tâches de transport qu’elles réalisent.
Dans le même temps, la baisse du nombre de sanctions est un signal positif pour l’ensemble du secteur : elle indique une meilleure dédouanement et une plus grande prévisibilité des règlements.
Des délais de paiement à un niveau record, mais le problème n’a pas disparu
Une confirmation supplémentaire de l’amélioration de la situation provient des dernières données sur les délais de paiement. En février 2026, le délai moyen de paiement des prestations de transport en Espagne est tombé à 54 jours, le meilleur résultat de l’histoire de ces mesures.
En 2021, la moyenne était de 83 jours, et en 2025 – de 59 jours. Cela signifie une amélioration nette et systématique de la discipline de paiement, qui s’est accélérée ces derniers mois.
Malgré cette tendance positive, le problème n’a pas été totalement résolu. Environ 43 % des clients dépassent encore le délai légal maximal de paiement, même si, dans la plupart des cas, les retards restent modérés et se situent dans la fourchette de 60 à 90 jours.
Les données montrent toutefois clairement que la dynamique est positive. Le modèle espagnol, combinant sanctions strictes et « liste noire » publique, commence à produire des résultats concrets, et le secteur du transport se rapproche progressivement d’un niveau de stabilité qui, il y a seulement quelques années, semblait hors de portée.









