WITD Lublin

Une faille du paquet Mobilité ? Le transport léger pourrait échapper au contrôle du temps de travail

Vous lirez cet article en 5 minutes

À partir du 1ᵉʳ juillet 2026, l’obligation d’utiliser des tachygraphes numériques s’appliquera aux véhicules dont le poids total autorisé en charge (PTAC) est supérieur à 2,5 t et jusqu’à 3,5 t lorsqu’ils effectuent du transport international commercial. L’objectif était de remettre de l’ordre sur le marché du transport léger. Or, certaines parties du secteur testent déjà les limites de la nouvelle réglementation en concevant des véhicules qui restent formellement en dehors de son champ d’application.

Le texte que vous lisez a été traduit à l'aide d'un outil automatique, ce qui peut entraîner certaines imprécisions. Nous vous remercions de votre compréhension.

Les nouvelles exigences issues du paquet Mobilité visaient à freiner la pratique consistant à utiliser intensivement des véhicules utilitaires légers en transport international sans contrôle du temps de travail des conducteurs. Bruxelles ciblait en priorité le segment des utilitaires de 3,5 tonnes, qui, pendant des années, a fonctionné en dehors du régime connu dans le transport lourd.

À partir de juillet 2026, cela doit changer, les tachygraphes deviendront également obligatoires dans les véhicules dont le poids total autorisé en charge supérieur à 2,5 tonnes et jusqu’à 3,5 tonnes, à condition qu’ils effectuent un transport international commercial de marchandises. 

Le seuil de 2,5 t – une faille pour les transporteurs ?

Cependant, le seuil de PTAC défini rigoureusement est déterminant. Les véhicules homologués pour un PTAC jusqu’à 2,5 t ne seront pas soumis à la nouvelle obligation, même s’ils effectuent du transport international, à condition que leur poids réel et leur usage restent conformes à l’homologation.

C’est précisément cette faille réglementaire qui pousse une partie du marché à s’orienter vers des conceptions avec un PTAC de 2 490 kg, pensées non pas pour la distribution locale mais pour des trajets longue distance.

Piaggio Porter NP6 : des liaisons internationales “conçues pour la réglementation”

Une nouvelle configuration du modèle Piaggio Porter NP6, introduite par l’importateur polonais en 2025, s’inscrit dans cette tendance. Le véhicule, homologué pour un PTAC de 2 490 kg, a été positionné comme une solution pour le transport international de charges légères.

Formellement, il s’agit toujours d’un utilitaire léger. Fonctionnellement, c’est une conception pensée pour rester en dehors de l’obligation du tachygraphe une fois les nouvelles règles entrées en vigueur.

Quatre, voire cinq palettes Europe – sous le seuil réglementaire

La base est un châssis avec un empattement de 3 250 mm, une propulsion et des pneus jumelés sur l’essieu arrière. Cette configuration permet d’avoir une carrosserie pouvant accueillir 4 palettes Europe, et, dans la version avec extension couchette, même 5 palettes Europe, avec une charge utile annoncée d’environ 900 kg.

Le tout en maintenant le poids total autorisé en charge sous le seuil de 2,5 tonnes, qui détermine si un véhicule est soumis à l’obligation d’être équipé d’un tachygraphe en transport international.

Micro-cabine couchette

La caractéristique la plus distinctive de cette configuration est la possibilité de dormir dans le véhicule. Le Piaggio Porter NP6 est proposé avec une cabine couchette arrière ou une sorte de « poulailler » monté au-dessus de la cabine.

L’espace de couchage est toutefois très limité – la longueur de la couchette varie d’environ 172 à un peu moins de 200 cm, et la hauteur ainsi que la largeur s’écartent nettement des standards connus des utilitaires de 3,5 tonnes. 

Le paquet Mobilité, une faille systémique ?

L’introduction des tachygraphes pour les véhicules de 2,5 t à 3,5 t devait rapprocher les conditions de travail des conducteurs d’utilitaires de celles du transport lourd et réduire l’exploitation non contrôlée. Dans la pratique toutefois, un seuil de poids strict crée une incitation à concevoir des véhicules “pour la réglementation” plutôt que pour le confort, l’ergonomie ou la sécurité d’exploitation.

Le Piaggio Porter NP6 n’est pas une solution universelle et ne remplacera pas les utilitaires classiques de 3,5 t sur la majorité des itinéraires. Il constitue toutefois un signal clair que le transport international léger de marchandises peut encore opérer en dehors du régime du tachygraphe en exploitant une faille laissée par les législateurs.

Qu’il s’agisse d’une niche ou du début d’une nouvelle tendance, l’évolution apparaîtra dans les mois à venir. Une chose est certaine : le marché n’attend pas passivement l’entrée en vigueur des règles, et se positionne déjà précisément là où s’arrête la ligne réglementaire.

Tags:

Lire aussi