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Transport en France : les immatriculations chutent de 10,8 %, les faillites se stabilisent

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Le deuxième trimestre 2026 marque un net recul des immatriculations d’entreprises dans le transport et l’entreposage en France. Leur indice baisse de 10,8 % en trois mois et de près de 13 % sur un an. Les déclarations de faillite évoluent, elles, à peine : +0,4 % sur le trimestre. Un contraste marqué avec l’Union européenne, où les faillites du secteur progressent de 11,4 % et atteignent leur plus haut niveau depuis le début de la série en 2015.

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À retenir

  • Les immatriculations françaises dans le transport et l’entreposage reculent de 10,8 % au T2 2026.
  • Sur un an, leur indice baisse d’environ 12,7 %.
  • Les déclarations de faillite progressent de seulement 0,4 % par rapport au trimestre précédent.
  • Elles restent toutefois 5,2 % sous leur niveau du T2 2025.
  • Dans l’UE, les faillites du secteur augmentent de 11,4 % au deuxième trimestre.
  • Les données couvrent l’ensemble de la catégorie NACE H – transport et entreposage, et non le seul transport routier de marchandises.

Le nombre d’entreprises nouvellement immatriculées dans le transport et l’entreposage a nettement diminué en France entre avril et juin 2026.

Selon les données trimestrielles d’Eurostat, corrigées des variations saisonnières et des effets de calendrier, l’indice français est passé de 89,8 points au premier trimestre à 80,1 points au deuxième trimestre. La baisse atteint ainsi 10,8 % en trois mois.

Le mouvement est également marqué sur un an. Au deuxième trimestre 2025, l’indice s’établissait encore à 91,8 points. Il est donc aujourd’hui inférieur d’environ 12,7 % à son niveau de l’an dernier.

Trimestre Immatriculations, indice 2021=100 Variation trimestrielle Déclarations de faillite, indice 2021=100 Variation trimestrielle
T1 2025 89,4 −2,0 % 244,3 −11,4 %
T2 2025 91,8 +2,7 % 289,9 +18,7 %
T3 2025 90,6 −1,3 % 251,3 −13,3 %
T4 2025 88,3 −2,5 % 297,1 +18,2 %
T1 2026 89,8 +1,7 % 273,7 −7,9 %
T2 2026 80,1 −10,8 % 274,8 +0,4 %

Source : Eurostat, sts_rb_q ; données corrigées des variations saisonnières et des effets de calendrier.

Un net décrochage des immatriculations

La baisse du deuxième trimestre tranche avec l’évolution du début d’année. Après plusieurs trimestres de recul, l’indice français avait légèrement rebondi de 1,7 % au premier trimestre 2026. Ce mouvement n’a pas tenu : la chute de 10,8 % enregistrée entre avril et juin ramène l’indice à son niveau le plus bas de la période observée depuis début 2024.

La France se distingue aussi nettement de l’évolution européenne. Dans l’ensemble de l’UE, l’indice des immatriculations dans le transport et l’entreposage a diminué d’environ 1 % au deuxième trimestre. Le recul français est donc nettement plus marqué.

Il faut toutefois rester précis sur ce que mesure cet indicateur. Une immatriculation auprès des autorités compétentes ne signifie pas nécessairement que l’entreprise a déjà commencé son activité. Les chiffres décrivent avant tout la dynamique administrative des nouvelles inscriptions.

Faillites : presque aucune variation au deuxième trimestre

L’évolution des déclarations de faillite est nettement moins spectaculaire.

L’indice français est passé de 273,7 points au premier trimestre à 274,8 points au deuxième, soit seulement +0,4 %.

Sur un an, la comparaison est même légèrement plus favorable : au deuxième trimestre 2025, l’indice atteignait 289,9 points. Il est donc actuellement inférieur d’environ 5,2 %.

Cela ne signifie toutefois pas que la série s’est stabilisée durablement. Les derniers trimestres ont été particulièrement irréguliers. Après une hausse de 18,7 % au T2 2025, l’indice avait chuté de 13,3 % au trimestre suivant, avant de repartir de 18,2 % en fin d’année. Au premier trimestre 2026, il avait de nouveau reculé de 7,9 %.

Source des données : Eurostat / Graphique généré par IA

Dans ce contexte, le +0,4 % du deuxième trimestre constitue surtout une pause après une succession de mouvements beaucoup plus prononcés.

L’écart avec l’UE se creuse

C’est la comparaison européenne qui donne au résultat français une autre dimension.

Alors que les déclarations de faillite augmentent de seulement 0,4 % en France, elles progressent de 11,4 % dans le transport et l’entreposage à l’échelle de l’Union européenne.

L’indice européen passe de 233,0 à 259,5 points. Selon Eurostat, il s’agit du niveau le plus élevé enregistré depuis le début de la série en 2015.

Le transport figure ainsi parmi les secteurs les plus touchés par la hausse des faillites au deuxième trimestre. Toutes activités confondues, le nombre de déclarations de faillite dans l’UE a augmenté de 5,7 %. La progression observée dans le transport est donc environ deux fois plus forte.

Source des données : Eurostat / Graphique généré par IA

Les situations nationales restent toutefois très contrastées. Eurostat relève de fortes hausses dans plusieurs pays européens, tandis que d’autres enregistrent des reculs. Ces variations doivent être interprétées avec prudence, notamment dans les petits marchés où quelques dossiers supplémentaires peuvent entraîner de très fortes variations en pourcentage.

Ce que ces chiffres disent – et ce qu’ils ne disent pas

Pour les lecteurs du transport routier, une précision est essentielle : la catégorie NACE H – « Transport et entreposage » ne correspond pas uniquement aux transporteurs routiers de marchandises.

Elle comprend également le transport de voyageurs, le ferroviaire, le maritime, l’aérien, l’entreposage, les activités auxiliaires de transport ainsi que les activités postales et de courrier.

On ne peut donc pas conclure que les immatriculations de transporteurs routiers français ont chuté précisément de 10,8 %, ni que l’indice des faillites des entreprises de TRM atteint 274,8 points.

Eurostat précise également qu’une déclaration de faillite ne signifie pas nécessairement la cessation immédiate de l’activité de l’entreprise.

Enfin, les valeurs françaises de cette série sont signalées par Eurostat avec le marqueur « i », qui indique des données imputées par Eurostat ou par un organisme fournisseur.

Le signal français vient surtout des nouvelles immatriculations

La photographie du deuxième trimestre ne montre donc pas une détérioration uniforme du secteur français.

Le signal le plus net concerne les immatriculations, en baisse de 10,8 % en trois mois et de 12,7 % sur un an. Les déclarations de faillite, de leur côté, restent pratiquement stables et évoluent beaucoup moins défavorablement qu’au niveau européen.

La question sera désormais de savoir si la forte baisse des nouvelles immatriculations n’est qu’un accident trimestriel ou si elle marque un ralentissement plus durable de l’arrivée de nouvelles entreprises dans le transport et l’entreposage français.

Avec la collaboration de Zsófia Pölös

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