Photo : Suez Canal Authority

Le canal de Suez regagne du trafic, dopé par les tensions autour d’Ormuz

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En avril, le canal de Suez a enregistré un rebond du trafic. En cause, les restrictions de navigation autour du détroit d’Ormuz, qui ont conduit une partie des exportateurs de pétrole du Golfe à ajuster leurs itinéraires et à expédier davantage via des ports de la mer Rouge. Le redressement reste toutefois limité : les volumes demeurent nettement en deçà de ceux observés avant la crise en mer Rouge.

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D’après des données du CAPMAS relayées par Bloomberg, 529 pétroliers ont transité par Suez en avril 2026, soit +28 % sur un an. Au total, 1 182 navires ont emprunté le canal, en hausse de 14 % par rapport à avril 2025. Les recettes ont également progressé : elles ont atteint 419 millions d’euros en avril, soit +27 % sur un an, leur plus haut niveau mensuel depuis début 2024.

Cette accélération s’explique par les difficultés rencontrées sur un autre passage maritime stratégique, le détroit d’Ormuz. Les restrictions dans la zone ont incité les pays exportateurs du Golfe à privilégier des routes alternatives, aussi bien pour le pétrole que pour d’autres marchandises.

L’Arabie saoudite a notamment réorienté une partie de ses volumes vers des ports de la mer Rouge, dont Yanbu, en s’appuyant sur ses oléoducs pour acheminer le brut depuis la façade du Golfe jusqu’à la côte ouest. Une fois chargées, les cargaisons peuvent ensuite remonter vers le canal de Suez. D’autres pays de la région ont également déplacé certains flux vers des ports saoudiens et des itinéraires terrestres afin de préserver leurs exportations et importations malgré les perturbations dans le Golfe.

Pour Mohamed Abu Basha, responsable de l’analyse macroéconomique chez EFG Hermes, le canal de Suez est devenu un « bénéficiaire net inattendu » du dernier épisode de tensions régionales, a-t-il indiqué à Bloomberg. Selon lui, Djeddah s’est imposée comme une « bouée de sauvetage » non seulement pour l’Arabie saoudite, mais aussi pour l’ensemble de la zone du Conseil de coopération du Golfe. Ces réacheminements devraient, progressivement, se traduire par des recettes supplémentaires pour Suez.

Ce mieux intervient après une chute brutale liée aux attaques des Houthis en mer Rouge. Depuis fin 2023, de nombreuses compagnies ont évité cet axe et privilégié le contournement de l’Afrique par le cap de Bonne-Espérance. Les autorités égyptiennes estiment que ces perturbations ont entraîné au moins 9 milliards d’euros de manque à gagner potentiel pour le canal.

Malgré la hausse enregistrée en avril, le niveau d’activité reste très inférieur à celui d’avant-crise. En avril 2023, environ 2 300 navires avaient franchi le canal de Suez, soit près du double du total observé en avril 2026.

La suite dépendra largement de l’évolution de la situation sécuritaire au Moyen-Orient. Les restrictions autour d’Ormuz renforcent aujourd’hui le rôle de Suez comme itinéraire de substitution pour l’énergie et les flux de marchandises. Mais une nouvelle dégradation de la sécurité en mer Rouge pourrait, une fois encore, peser sur le trafic.

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