En décembre 2025, les prix du transport routier de marchandises sur le marché intérieur français ont progressé de 0,7 % par rapport à novembre. Un chiffre en apparence positif, qui suit, selon Upply, “la dynamique de l’économie française”. Mais cette tendance masque une réalité plus complexe.
Cette hausse s’explique avant tout par l’effet retardé de la flambée des prix du gazole professionnel en novembre (+4,5 %), suivie d’une forte baisse en décembre (-5,5 %). L’indice CNR LD EA, qui reflète l’évolution des coûts de transport longue distance, a ainsi augmenté de 1,1 % en novembre avant de chuter de 1,3 % en décembre. Les prix de transport ont donc mécaniquement suivi les coûts… d’il y a un mois.
Un sursaut saisonnier sans lendemain ?
Le détail des indices révèle une hausse de 3,7 % sur le marché spot, qui corrige le recul de novembre (-3,4 %). Elle reflète un regain de demande lié à la période de Noël, combiné à une offre réduite pendant les congés des conducteurs en fin de mois.
En revanche, les prix contractuels ont reculé de 0,9 %, pour le deuxième mois consécutif, en dépit de la hausse des coûts. Un signe, selon le rapport, que “les transporteurs routiers souffrent d’une faiblesse chronique des volumes à transporter”, tandis que “certains donneurs d’ordre ont obtenu des baisses tarifaires”.
Une inquiétude qui dépasse les frontières
Le 13 janvier 2026, le Conseil des professions du transport de l’OTRE a tiré la sonnette d’alarme sur la situation économique du secteur. Les transporteurs français font face à une accumulation de perturbations : blocages agricoles, intempéries, fermetures de routes – autant d’obstacles qui pèsent sur leur activité et leur rentabilité.
Le constat est partagé à l’échelle européenne : baisse des volumes, érosion des marges, pression sur les prix spot. La consolidation du secteur semble inévitable. “Il est très probable que 2026 voie une vague de fusions encore plus importante qu’en 2025”, avertit Upply.
Un avenir incertain malgré des fondamentaux solides
Sur le plan macroéconomique, l’INSEE a estimé la croissance du PIB à +0,9 % pour 2025, avec une amélioration de l’activité industrielle et un climat des affaires en hausse (indice à 98,7 en décembre). Mais cette reprise ne se traduit pas par une hausse massive des volumes de fret.
En observant l’évolution des prix entre 2021 et 2025, on note une quasi-stagnation depuis 2023, malgré l’inflation persistante. Les coûts de fonctionnement continuent d’augmenter : +4,4 % pour les équipements, +2,6 % pour la maintenance, selon la CNR.
Conclusion : prudence de rigueur
Sous l’apparence d’un léger rebond, le marché du transport routier français reste sous tension. L’illusion d’une embellie tarifaire masque une réalité marquée par des volumes faibles, des coûts élevés et une pression accrue sur les marges. Le début de 2026 s’annonce délicat, avec un secteur toujours en quête d’un second souffle.









