Agnieszka Kulikowska-Wielgus

La Flandre prévoit jusqu’à 800 places pour poids lourds

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La Flandre prévoit de créer entre 500 et 800 places de stationnement supplémentaires pour les poids lourds sur ses autoroutes au cours des dix prochaines années. Le programme prévoit également de moderniser les aires existantes, d’améliorer les équipements destinés aux conducteurs et d’anticiper les besoins en recharge liés à l’électrification du transport routier. Le réseau compte actuellement 2 886 places pour camions.

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Chiffres clés :

  • Entre 500 et 800 places supplémentaires pour poids lourds doivent être créées au cours de la prochaine décennie.
  • Les autoroutes flamandes comptent actuellement 2 886 places dédiées aux camions.
  • Treize aires de services seront entièrement modernisées dans les cinq prochaines années.
  • Trois nouvelles aires autoroutières sont prévues, tandis que trois autres sites font encore l’objet de recherches.
  • Les investissements publics et privés consacrés à la modernisation devraient dépasser 100 millions d’euros.
  • L’Allemagne prévoit d’ajouter 1 725 places pour poids lourds d’ici 2028.

Cette feuille de route actualise la stratégie lancée en 2016 et porte sur 72 aires de stationnement et de services réparties sur les autoroutes flamandes. L’objectif est d’augmenter l’offre, d’améliorer les conditions de pause des conducteurs et de préparer le réseau à la montée en puissance des poids lourds électriques.

Le stationnement des poids lourds constitue un volet central du programme. La Flandre dispose actuellement de 2 886 places pour les véhicules lourds, soit 266 de plus qu’il y a cinq ans. La nouvelle stratégie prévoit d’en créer entre 500 et 800 supplémentaires au cours de la prochaine décennie.

Jusqu’à 800 places supplémentaires pour les poids lourds

La ministre flamande de la Mobilité, Annick De Ridder, a présenté ce programme destiné à renforcer l’offre de stationnement autorisé le long des principaux axes de la région. À l’heure actuelle, les conducteurs devraient pouvoir trouver une place pour une courte halte environ tous les 30 kilomètres. Les nouvelles places seront aménagées là où la demande est la plus forte.

Le manque de places n’est toutefois pas le seul problème. Les autorités flamandes indiquent que certaines aires autoroutières sont utilisées pour le stationnement de longue durée par des camions desservant les zones industrielles et commerciales voisines. Des emplacements conçus avant tout pour le trafic de transit sont ainsi occupés par des véhicules en attente à proximité d’entreprises locales.

Selon Annick De Ridder, le gestionnaire des infrastructures ne peut pas résoudre seul cette difficulté. Les entreprises de transport doivent également prévoir une capacité de stationnement suffisante pour leurs propres flottes.

13 aires de services vont être entièrement modernisées

La création de nouvelles places ne constitue qu’un volet du programme. Treize aires de services doivent faire l’objet d’une modernisation complète au cours des cinq prochaines années. À titre de comparaison, huit aires avaient été reconstruites au cours de la période précédente.

Les travaux devraient porter sur les sanitaires, l’accès à l’eau potable, la signalisation routière, la sécurité, les espaces de repos ainsi que les infrastructures de recharge.

Les investissements publics et privés consacrés à ces travaux devraient dépasser 100 millions d’euros. Les concessionnaires rénoveront certaines aires, tandis que l’administration routière flamande fournira les infrastructures nécessaires.

La stratégie vise également à harmoniser le niveau de service entre les différentes aires. En plus de sanitaires améliorés, les conducteurs devraient bénéficier de davantage d’espaces de détente et de zones paysagées.

Trois nouvelles aires autoroutières en projet

La Flandre prévoit également de créer de nouvelles installations. Trois nouvelles aires de services autoroutières sont prévues au cours des prochaines années.

Parmi les emplacements envisagés figurent les environs de Stekene, sur l’E34, et d’Affligem, sur l’E40.

Les autorités étudient par ailleurs des terrains pour trois autres équipements. Les secteurs examinés se trouvent autour de Maldegem, sur l’E34, de Lichtervelde/Ruddervoorde, sur l’E403, et de Herentals, sur l’E313.

Les aires devront aussi répondre aux besoins de recharge

La stratégie actualisée tient compte de la progression du transport électrique. Les futurs appels d’offres et les projets de rénovation des aires de services devront intégrer des équipements de recharge. D’après les autorités flamandes, des bornes de recharge rapide sont actuellement disponibles environ tous les 25 kilomètres le long des autoroutes régionales. Le réseau continuera de s’étoffer, avec une implantation plus stratégique des points de recharge et de ravitaillement.

Dans l’immédiat, les installations destinées aux carburants fossiles continueront également d’être développées. À plus long terme, la Flandre prévoit toutefois de réduire progressivement sa dépendance à ces infrastructures, au rythme de l’évolution du marché.

Le lien entre stationnement et recharge sera particulièrement important pour les camions électriques. Une recharge peut nécessiter un arrêt plus long que le ravitaillement classique : les capacités de stationnement et les infrastructures énergétiques devront donc progresser ensemble.

L’Allemagne investit davantage, mais son déficit est d’une autre ampleur

Les annonces flamandes peuvent être comparées au programme d’investissement allemand récemment annoncé. Autobahn GmbH prévoit d’ajouter au total 1 725 places de stationnement pour poids lourds entre 2026 et 2028 : 850 sur des aires existantes et 875 sur des sites dépourvus d’infrastructures de services.

Le programme allemand est donc nettement plus important en nombre de places. Il faut néanmoins tenir compte de la taille des deux réseaux routiers et du niveau de trafic de poids lourds. L’Allemagne est un pays de transit beaucoup plus vaste, où la pénurie de places sur les autoroutes constitue depuis longtemps l’un des principaux problèmes d’infrastructure du transport routier.

Le système allemand d’information sur le stationnement recense actuellement 65 635 places réparties sur 1 838 sites le long des autoroutes fédérales, auxquelles s’ajoutent environ 750 places sur les routes fédérales. Quelque 19 680 places supplémentaires ont été identifiées sur 261 sites Autohof.

Dans ce contexte, les 500 à 800 places supplémentaires prévues en Flandre représentent un projet plus limité en valeur absolue. Au regard des 2 886 places actuellement disponibles, le scénario haut pourrait toutefois accroître la capacité de près de 28 %.

Si l’objectif maximal est atteint, la Flandre compterait environ 3 686 places de stationnement pour poids lourds, sans tenir compte des éventuelles évolutions supplémentaires au cours de la même période.

Les investissements annoncés des deux côtés de la frontière montrent que le manque d’emplacements légaux pour les pauses et le repos des conducteurs ne concerne pas uniquement les plus grands pays de transit européens. Les réseaux, les volumes de trafic et les besoins varient, mais la Flandre et l’Allemagne cherchent toutes deux à proposer davantage de places et des équipements de meilleure qualité.

 

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