- DSV : au deuxième trimestre, le chiffre d’affaires a progressé de 23 %, à 76,7 milliards de couronnes danoises. L’EBIT avant éléments exceptionnels a augmenté d’environ 33 %, à 6,26 milliards de couronnes danoises, notamment grâce à l’intégration de Schenker.
- Kuehne+Nagel : le chiffre d’affaires net du deuxième trimestre a augmenté de 8 %, à 6,6 milliards de francs suisses, tandis que l’EBIT a gagné 11 %, à 381 millions de francs suisses. Dans le fret aérien, l’EBIT a bondi de 35 %. Chez DHL Group, le chiffre d’affaires trimestriel a progressé de 13 %, à 22,4 milliards d’euros, et l’EBIT de 30 %, à 1,9 milliard d’euros, portant la marge d’EBIT à 8,3 %.
- GEODIS : le chiffre d’affaires du premier semestre s’est établi à 5,34 milliards d’euros et l’EBITDA à 534 millions d’euros. La marge d’EBITDA a légèrement progressé, à 10,0 %, malgré la faiblesse persistante du transport routier.
- GXO : le chiffre d’affaires du deuxième trimestre a augmenté de 4,3 %, à 3,4 milliards de dollars. Le groupe a par ailleurs remporté environ 410 millions de dollars de nouveaux contrats sur la période.
- C.H. Robinson : le chiffre d’affaires trimestriel a bondi de 19,3 %, à 4,9 milliards de dollars, tandis que le résultat d’exploitation a progressé de 18,4 %. Les volumes cumulés de lots complets et de lots partiels n’ont pourtant augmenté que de 1,5 %.
Ces résultats illustrent une tendance commune à l’ensemble du secteur : la croissance dépend de moins en moins des seuls volumes transportés. Elle repose désormais davantage sur la maîtrise des coûts, la gestion des capacités, l’automatisation, la logistique contractuelle et la capacité à tirer parti des perturbations qui affectent les chaînes d’approvisionnement mondiales.
DSV commence à bénéficier de l’intégration de Schenker
Au deuxième trimestre, DSV a réalisé un chiffre d’affaires de 76,7 milliards de couronnes danoises, en hausse de 23 % sur un an, alors que le groupe danois poursuivait l’intégration de Schenker. Le résultat brut est passé de 17,2 à 20,3 milliards de couronnes danoises. L’EBIT avant éléments exceptionnels a augmenté d’environ 33 % sur un an, pour atteindre 6,26 milliards de couronnes danoises. Cette progression s’explique notamment par la meilleure performance des activités Air & Sea et Contract Logistics. DSV estime avoir obtenu ce résultat dans un environnement de marché tendu et très volatil.
La fusion opérationnelle avec Schenker reste le principal moteur des résultats de DSV depuis cette acquisition stratégique. Le groupe cherche à dégager les synergies liées à la nouvelle organisation tout en préservant sa dynamique commerciale.
Après ses performances du premier semestre, DSV a resserré sa prévision d’EBIT avant éléments exceptionnels pour 2026. Cette décision traduit une meilleure visibilité sur l’activité combinée à mesure que l’intégration progresse.
Kuehne+Nagel relève ses prévisions, porté par le fret aérien
Kuehne+Nagel a affiché l’une des améliorations les plus nettes parmi les grands commissionnaires de transport européens. Son chiffre d’affaires net du deuxième trimestre a progressé de 8 % sur un an, à 6,6 milliards de francs suisses, soit 11 % à taux de change constants. L’EBIT a augmenté de 11 %, à 381 millions de francs suisses, tandis que le bénéfice net a gagné 10 %, à 276 millions de francs suisses.
Le fret aérien a été le principal contributeur à cette performance. Son chiffre d’affaires a bondi de 20 %, à 2,2 milliards de francs suisses, et son EBIT de 35 %, à 154 millions de francs suisses. Kuehne+Nagel attribue cette amélioration à l’évolution de son portefeuille clients et aux parts de marché gagnées, notamment dans le secteur technologique. Le volume de fret aérien traité a atteint 1,1 million de tonnes au cours du premier semestre de 2026.
Road Logistics a également affiché des résultats en hausse, malgré la situation difficile du fret européen. Son chiffre d’affaires trimestriel a augmenté de 14 %, à 1,0 milliard de francs suisses, et son EBIT de 29 %, à 36 millions de francs suisses. Le groupe affirme avoir gagné des parts de marché dans toutes les régions, avec une contribution positive des activités douanières.
Contract Logistics a généré 1,2 milliard de francs suisses de chiffre d’affaires, en hausse de 2 %. Son EBIT a progressé de 21 %, à 51 millions de francs suisses.
L’activité Ocean Logistics est cependant restée exposée au ralentissement des exportations européennes. Les gains d’efficacité et la progression enregistrée sur les liaisons Asie-Europe et Asie-Amérique du Nord ont néanmoins permis à la division de dégager un EBIT de 140 millions de francs suisses, pour un chiffre d’affaires de 2,2 milliards de francs suisses.
Le directeur général Stefan Paul a également souligné l’accélération du déploiement de l’intelligence artificielle au sein du groupe. Les applications vont de l’optimisation des processus à l’utilisation d’agents capables d’exécuter des tâches de manière autonome.
À la lumière de ses résultats semestriels, Kuehne+Nagel a relevé sa prévision d’EBIT opérationnel pour l’ensemble de l’exercice. Le groupe vise désormais un montant compris entre 1,35 et 1,55 milliard de francs suisses.
Chez DHL, l’EBIT progresse plus vite que le chiffre d’affaires
DHL Group a enregistré l’une des plus fortes progressions du trimestre. Son chiffre d’affaires a augmenté de 13 %, à 22,4 milliards d’euros, contre 19,8 milliards d’euros un an plus tôt. L’EBIT a progressé bien plus rapidement, gagnant 30 % pour atteindre 1,9 milliard d’euros. La marge d’EBIT est ainsi passée de 7,2 % à 8,3 %.
Le groupe explique cette amélioration par l’augmentation du poids moyen des expéditions de DHL Express, les tensions sur les capacités disponibles dans le fret aérien international et la répercussion de la hausse des coûts du carburant. La rentabilité a également bénéficié d’une meilleure gestion des rendements et des capacités, ainsi que des économies structurelles réalisées dans le cadre du programme Fit for Growth.
DHL Express s’est particulièrement distingué, avec un chiffre d’affaires en hausse de 21,5 %, à 7,13 milliards d’euros, et un EBIT en progression de 64,3 %, à 1,2 milliard d’euros. Les restrictions temporaires de capacité dans le fret aérien ont contribué à hauteur d’environ 150 millions d’euros au résultat de la division.
Global Forwarding a lui aussi profité de volumes plus élevés dans le fret aérien et maritime, ainsi que de la forte volatilité des tarifs. Son chiffre d’affaires a progressé de 17,9 %, à 5,45 milliards d’euros, tandis que l’EBIT a gagné 21,9 %, à 240 millions d’euros.
La situation a été plus contrastée dans la logistique contractuelle. DHL Supply Chain a vu son chiffre d’affaires augmenter de 12,9 %, à 4,72 milliards d’euros, avec une croissance dans toutes les régions. Son EBIT a toutefois reculé de 12,1 %, à 305 millions d’euros, notamment en raison de la comparaison avec un exercice précédent qui avait bénéficié d’éléments exceptionnels favorables.
DHL avait déjà relevé ses prévisions annuelles en juillet et table désormais sur un EBIT supérieur à 6,5 milliards d’euros en 2026, contre un objectif précédent de plus de 6,2 milliards d’euros. Le flux de trésorerie disponible, hors fusions et acquisitions, devrait rester proche de 3 milliards d’euros.
GEODIS préserve sa marge malgré la faiblesse du transport routier
GEODIS a présenté des résultats commerciaux plus modérés au premier semestre, dans un contexte particulièrement difficile pour le transport routier. Le groupe français a généré 5,34 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 534 millions d’euros d’EBITDA au cours des six premiers mois de 2026. Sa marge d’EBITDA a pourtant légèrement progressé, passant de 9,9 % à 10,0 % sur un an. À périmètre et taux de change constants, le chiffre d’affaires a diminué de 76 millions d’euros, soit 1,4 %.
Les activités de transport routier en France, dans le reste de l’Europe et aux États-Unis ont continué de subir une demande faible. Le transport de lots partiels en Pologne fait figure d’exception : GEODIS indique que cette activité profite du dynamisme industriel de la région.
La division Distribution & Express a progressé, soutenue par l’augmentation des volumes en France et par les mécanismes de répercussion de la hausse des coûts du carburant. À périmètre comparable, Contract Logistics est restée stable, grâce au développement commercial et au renouvellement du portefeuille clients.
Le groupe a également poursuivi l’élargissement de son réseau européen de transport routier. En mars, il a finalisé l’acquisition de Transports Malherbe, renforçant sa présence sur le marché français du transport en lots complets et partiels.
Selon la directrice générale Marie-Christine Lombard, ces résultats démontrent la solidité du modèle de GEODIS dans un marché volatil, marqué notamment par les relocalisations, la numérisation et la transition énergétique.
GXO renforce son portefeuille de contrats dans un marché toujours porté par la logistique contractuelle
Spécialiste de la logistique contractuelle, GXO a réalisé un chiffre d’affaires de 3,4 milliards de dollars au deuxième trimestre, soit une hausse de 4,3 % sur un an. La croissance organique s’est établie à 3,4 %. L’EBITDA ajusté est passé de 212 à 219 millions de dollars. Le résultat net publié a toutefois légèrement diminué, de 28 à 27 millions de dollars.
Le portefeuille commercial constitue le principal indicateur des perspectives de croissance. GXO a signé environ 410 millions de dollars de nouveaux contrats au cours du trimestre, soit 34 % de plus qu’un an auparavant. Environ 40 % de ces contrats proviennent de secteurs identifiés comme prioritaires pour la croissance : l’aéronautique et la défense, la technologie, l’industrie et les sciences de la vie.
L’entreprise a déjà sécurisé environ 1 milliard de dollars de chiffre d’affaires supplémentaire pour 2026 et 353 millions de dollars pour 2027. La valeur de son portefeuille commercial est passée de 2,3 milliards de dollars à la fin du trimestre à environ 2,7 milliards de dollars en juillet.
Le directeur général Patrick Kelleher a cité trois priorités : l’exécution commerciale, le modèle opérationnel GXO Way et la plateforme d’intelligence artificielle et d’automatisation GXO IQ.
GXO prévoit une croissance organique du chiffre d’affaires comprise entre 4 % et 5 % sur l’ensemble de l’exercice, ainsi qu’un EBITDA ajusté compris entre 945 et 965 millions de dollars.
C.H. Robinson fait progresser ses bénéfices plus vite que ses volumes
Les résultats de C.H. Robinson illustrent une autre évolution majeure du secteur : pour les acteurs de la logistique, la productivité compte désormais autant que les volumes. Au deuxième trimestre, le chiffre d’affaires a augmenté de 19,3 %, à 4,9 milliards de dollars. Le bénéfice brut ajusté a progressé plus modestement, de 6,5 %, à 738,0 millions de dollars. Le résultat d’exploitation a gagné 18,4 %, à 255,7 millions de dollars, et le bénéfice net 22,5 %, à 186,8 millions de dollars.
Le groupe affirme que son activité North American Surface Transportation continue de surperformer l’ensemble du marché du fret. Son chiffre d’affaires a progressé de 23,1 %, à 3,6 milliards de dollars. Le bénéfice brut ajusté a augmenté de 8,6 % et le résultat d’exploitation de 15,8 %, à 189,8 millions de dollars.
Les volumes cumulés de lots complets et de lots partiels n’ont cependant progressé que de 1,5 % sur un an. Cette évolution montre que l’amélioration financière provient largement des prix, de la productivité et du contrôle des coûts, plutôt que d’un redressement généralisé de la demande.
C.H. Robinson indique que les tarifs moyens facturés aux clients pour le transport principal en lots complets ont augmenté d’environ 25,5 %, tandis que les coûts correspondants ont grimpé de 29,0 %. Dans les lots partiels, le bénéfice brut ajusté a progressé de 21,7 %.
Dans le même temps, les effectifs moyens de l’activité NAST ont diminué de 11,6 % par rapport à l’année précédente.
Le directeur général Dave Bozeman a mis en avant la stratégie Lean AI du groupe. Il a indiqué que la productivité de NAST et de Global Forwarding avait augmenté de plus de 60 % depuis la fin de 2022. Global Forwarding a enregistré une hausse de 12,4 % de son chiffre d’affaires trimestriel, à 896,6 millions de dollars, tandis que le résultat d’exploitation a progressé de 18,8 %, malgré une augmentation limitée à 0,7 % du bénéfice brut ajusté.
L’efficacité devient le principal levier de performance
Ces résultats ne signifient pas que le marché du fret a renoué avec une croissance généralisée. GEODIS continue de constater une demande faible dans le transport routier sur plusieurs marchés importants. C.H. Robinson décrit toujours le cycle du fret nord-américain comme étant à son point bas, tandis que Kuehne+Nagel fait état d’une activité export européenne peu dynamique.
Les groupes les plus performants cherchent donc d’autres moyens d’améliorer leurs bénéfices. DSV tire parti du rapprochement avec Schenker ; DHL convertit la hausse de ses revenus en une progression beaucoup plus rapide du résultat grâce à la gestion des capacités et des rendements ; Kuehne+Nagel s’appuie sur le fret aérien et les gains d’efficacité ; C.H. Robinson mise largement sur l’automatisation et l’amélioration de la productivité.
De son côté, le portefeuille de nouveaux contrats de GXO, tout comme la croissance de la logistique contractuelle chez plusieurs groupes, confirme le rôle essentiel de l’externalisation, de l’automatisation et des services spécialisés dans la chaîne d’approvisionnement. Ces activités offrent des relais de croissance alors que la demande traditionnelle de transport reste limitée.
Pour les transporteurs et les commissionnaires de plus petite taille, le message des résultats du deuxième trimestre est donc moins celui d’une reprise claire des volumes que celui d’une concurrence toujours plus forte sur les marges. En 2026, les économies d’échelle restent un atout, mais la capacité à ajuster les capacités, à automatiser les processus et à préserver les rendements semble tout aussi déterminante.









