Illustration – source : Waberer’s International Nyrt

Waberer’s au 2e trimestre : le transport routier ne redevient rentable qu’en juin

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Au deuxième trimestre, le chiffre d’affaires de Waberer’s a progressé de près de 12 %, tandis que son résultat opérationnel reculait de 14 %. L’activité de transport international est restée déficitaire pendant l’essentiel du premier semestre et n’a renoué avec les bénéfices qu’en juin. La hausse des revenus masque donc une rentabilité plus fragile qu’il n’y paraît.

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À retenir :

  • Le chiffre d’affaires du deuxième trimestre a progressé de 11,8 %, tandis que l’EBIT a diminué de 13,9 %.
  • Hors effets de change, le bénéfice net a reculé de 43,6 %.
  • La marge d’EBIT de l’activité logistique est passée de 4,3 % à 2,4 %.
  • Le transport international a enregistré une perte de 1,4 million d’euros au premier semestre.
  • La flotte détenue en propre n’est redevenue rentable qu’en juin.
  • L’assurance a généré plus des trois quarts de l’EBIT du groupe au premier semestre.
  • Au lieu de viser un EBIT consolidé d’environ 58 millions d’euros, comme annoncé précédemment, la direction table désormais sur un résultat comparable à celui de l’an dernier pour les activités principales.

D’après le rapport du deuxième trimestre de Waberer’s, le chiffre d’affaires du groupe a atteint 227 millions d’euros, soit une hausse de 11,8 % sur un an. Sur les six premiers mois, il s’est élevé à 435 millions d’euros, en progression de 9,4 % par rapport à la même période de l’année précédente.

Cette croissance des revenus ne s’est pas traduite par une amélioration équivalente des bénéfices. L’EBITDA du deuxième trimestre s’est établi à 32,4 millions d’euros, en baisse de 0,9 % sur un an. Dans le même temps, l’EBIT est passé de 18 millions à 15,5 millions d’euros.

La marge d’EBIT a ainsi reculé de 8,9 % à 6,8 %. Concrètement, pour chaque tranche de 100 euros de chiffre d’affaires, le groupe a dégagé deux euros de résultat opérationnel de moins que l’année précédente.

Les coûts directs ont augmenté de 15 % au deuxième trimestre, principalement sous l’effet de la hausse des prix du carburant et des dépenses liées aux conducteurs. Les amortissements ont eux aussi progressé de 15 %.

Une partie de la hausse du chiffre d’affaires s’explique davantage par les prix que par une progression des volumes transportés. Waberer’s évoque à la fois l’indexation automatique des tarifs de fret sur le coût du carburant et de nouvelles hausses tarifaires généralisées sur le marché. Ces mécanismes soutiennent les revenus, mais ne suffisent pas à améliorer la rentabilité du transport routier.

Le transport international reste déficitaire au premier semestre

Dans le segment logistique, le chiffre d’affaires du deuxième trimestre a augmenté de 9,5 %, à 179,6 millions d’euros. L’EBIT a toutefois chuté de 37,9 %, à 4,4 millions d’euros, faisant passer la marge opérationnelle de 4,3 % à 2,4 %.

L’entreprise attribue une grande partie de cette baisse aux retards pris dans les projets de développement d’entrepôts destinés à des clients externes. Le manque à gagner lié à ces activités immobilières a amputé le résultat de 1,9 million d’euros au deuxième trimestre et de 2,7 millions d’euros sur l’ensemble du premier semestre.

Les activités sous-jacentes offrent toutefois un tableau plus nuancé. La logistique contractuelle a généré 7,3 millions d’euros d’EBIT au premier semestre, tandis que la division du transport international a enregistré une perte de 1,4 million d’euros.

Les données mensuelles présentées aux investisseurs font état d’un redressement progressif du transport international. La flotte détenue en propre n’a toutefois retrouvé le chemin des bénéfices qu’au dernier mois du semestre, en juin.

Cette amélioration a été favorisée par l’accélération des mécanismes d’indexation carburant et par les hausses de tarifs de fret effectivement mises en place. Parallèlement, l’activité d’affrètement reposant sur des sous-traitants a progressé à la fois en chiffre d’affaires et en EBIT. Cela tend à montrer que le transport assuré par une flotte en propre, plus intensif en actifs, concentre actuellement le risque de résultat le plus important.

La progression du bénéfice net repose en grande partie sur des effets comptables

Waberer’s a notamment mis en avant une hausse de 36,2 % du bénéfice net, le résultat après impôts étant passé de 13,4 millions à 18,2 millions d’euros.

Cette progression ne traduit toutefois pas une amélioration comparable de la performance opérationnelle. L’appréciation du forint face à l’euro a généré un gain de change latent de 11,3 millions d’euros. Il s’agit d’un effet comptable, et non de liquidités encaissées pendant le trimestre.

Après neutralisation de l’effet de change, le bénéfice net ne s’élevait plus qu’à 6,9 millions d’euros, soit une baisse de 43,6 %. Sur le premier semestre, le bénéfice net ajusté a diminué de 20,2 %, à 14,2 millions d’euros.

L’assurance reste le principal moteur des bénéfices du groupe

Le segment de l’assurance a vu son chiffre d’affaires augmenter de 21,5 % en euros au deuxième trimestre, pour atteindre 47,4 millions d’euros. Le raffermissement du forint a fortement contribué à cette progression : en monnaie hongroise, le chiffre d’affaires n’a augmenté que de 9 %.

La division a dégagé 11,1 millions d’euros d’EBIT, soit une hausse de 1,6 % seulement par rapport à l’année précédente. Comme les revenus ont progressé bien plus vite que le résultat opérationnel, la marge d’EBIT s’est contractée de 28,1 % à 23,5 %.

Au premier semestre, l’assurance a généré 20,6 millions d’euros d’EBIT, contre 26,6 millions d’euros pour l’ensemble du groupe. Elle a donc représenté plus de 77 % de l’EBIT consolidé. Sa contribution à l’EBIT consolidé atteignait 72 % au deuxième trimestre.

Selon l’entreprise, plusieurs concurrents pratiquent une politique tarifaire agressive sur le marché de l’assurance obligatoire de responsabilité civile automobile. Les assureurs de Waberer’s ne souhaitent pas attirer des clients au moyen d’une stratégie « destructrice de marges » et privilégient les contrats offrant une rentabilité supérieure.

La direction adopte une position plus prudente sur son objectif annuel

Waberer’s indique maintenir ses perspectives pour 2026, tout en employant désormais un langage plus mesuré.

Après la publication des résultats du premier trimestre, la direction estimait que l’EBIT consolidé pouvait atteindre environ 58 millions d’euros, soit le niveau enregistré en 2025. Dans son dernier rapport, elle s’engage seulement à égaler le résultat de l’an dernier dans les « activités principales de la logistique et de l’assurance ».

Cette nouvelle formulation ne prend pas en compte les projets immobiliers réalisés pour des clients externes. Ces activités avaient contribué à l’EBIT l’an dernier, mais ne devraient pas produire de résultat significatif cette année. Il ne s’agit pas nécessairement d’un avertissement officiel sur les bénéfices, mais plutôt d’un engagement plus restreint et plus conservateur que l’objectif consolidé chiffré présenté en début d’année.

La direction prévoit que l’EBIT du second semestre dépassera les 26,6 millions d’euros enregistrés au premier semestre. Elle fonde cette prévision sur le redressement du transport international, la hausse des tarifs, la maîtrise stricte des coûts et l’amélioration de l’efficacité opérationnelle.

La dette progresse, mais reste maîtrisable pour le moment

À la fin du mois de juin, la dette financière nette avait atteint 182,9 millions d’euros, contre 157,6 millions d’euros fin 2025 et 151 millions d’euros un an plus tôt. Le ratio de levier net est passé de 1,3 à 1,5 fois.

En excluant des calculs les actifs liquides librement disponibles des assureurs, la dette nette atteint même 203 millions d’euros, pour un levier de 1,7 fois. Ce niveau n’est pas encore préoccupant, mais la tendance est clairement orientée à la hausse.

Sur un an, la dette brute est passée de 299 millions à 428 millions d’euros, principalement en raison de l’émission obligataire de 100 millions d’euros réalisée en mars. À la fin du premier semestre, ces fonds n’avaient pas encore été utilisés : ils étaient placés dans des actifs financiers et n’avaient donc pas accru la dette nette.

Waberer’s étudie des opportunités d’acquisition dans quatre pays. La faiblesse du marché européen pousse par ailleurs davantage de propriétaires d’entreprises de logistique à rechercher un repreneur. Les fonds issus de l’emprunt obligataire pourraient ainsi contribuer au financement d’éventuelles acquisitions régionales.

Une situation stable, mais des résultats moins solides que ne le suggère la hausse des revenus

Waberer’s est dans une situation plus stable que ne le suggère, à lui seul, le déficit du transport international. Le deuxième trimestre marque une nette amélioration par rapport au premier, la logistique contractuelle reste solide et l’assurance continue de générer des bénéfices importants et prévisibles.

Il n’en reste pas moins que la hausse de 12 % du chiffre d’affaires et la progression de 36 % du bénéfice net publié masquent plusieurs tendances importantes : les marges se sont dégradées, le bénéfice ajusté a reculé et la flotte de transport détenue en propre n’est redevenue rentable qu’à la fin du premier semestre.

Les prix élevés du carburant et l’appréciation du forint face à l’euro ont sensiblement pesé sur la capacité bénéficiaire du groupe au premier semestre. Dans le même temps, les mesures prises précédemment — notamment la renégociation des clauses carburant dans les contrats et la mise en place de positions de change à terme — ont fortement limité leur impact. Ces facteurs ne représentent donc plus un risque supplémentaire important pour le reste de l’année, a déclaré Zsolt Barna, président-directeur général de Waberer’s Group.

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