L’OTRE, qui représente principalement des entreprises de transport de petite et moyenne taille, tire la sonnette d’alarme sur l’ampleur des actions récentes des manifestants. Dans plusieurs régions françaises, des agents ont constaté des interceptions de véhicules frigorifiques, des ouvertures forcées de remorques et des dommages matériels aux marchandises transportées. Selon l’association, ces actes ont été commis « sous les yeux » des forces de l’ordre, sans intervention efficace, malgré leur caractère manifestement illégal.
Soutien aux agriculteurs, mais pas à la violence
L’OTRE affirme comprendre la situation difficile des agriculteurs et la frustration qui accompagne ces mobilisations. Cependant, elle rappelle qu’aucune forme de protestation ne peut justifier l’atteinte aux biens d’autrui, la destruction de cargaisons ou la paralysie d’un secteur clé de l’économie comme le transport routier.
Selon l’association, de telles actions exposent des entreprises de transport déjà fragilisées par la conjoncture économique à des pertes financières importantes, que beaucoup d’entre elles — en particulier les PME — risquent de ne pas pouvoir absorber.
Appel pour la liberté de circulation
L’OTRE demande une nouvelle fois aux autorités françaises de garantir la liberté de circulation des véhicules sur l’ensemble du territoire. Elle en appelle aussi aux manifestants pour qu’ils cessent immédiatement de :
- stopper des camions,
- procéder à des contrôles arbitraires,
- endommager des véhicules,
- détruire des marchandises.
Selon les transporteurs, l’État doit protéger les véhicules et les cargaisons, quelle que soit la nature des manifestations.
Menaces d’indemnisation si l’État n’agit pas
L’association avertit que l’absence de réponse efficace des autorités creuse davantage le déséquilibre économique du secteur. Si l’État ne parvient pas à assurer la sécurité et la liberté de circulation, le gouvernement devra envisager des mécanismes d’indemnisation pour les entreprises touchées.
Parmi les solutions proposées, l’OTRE suggère notamment :
- des exonérations de charges fiscales et de cotisations de sécurité sociale,
- la garantie qu’aucune pénalité ne sera appliquée pour des infractions résultant directement des manifestations,
- des mesures visant à empêcher les entreprises de transport de faire faillite.
L’organisation souligne que les entreprises de transport ne veulent pas, une fois de plus, supporter seules le coût des blocages, comme cela a été le cas lors de précédents conflits sociaux. Dans la réalité économique actuelle, de telles charges peuvent tout simplement s’avérer destructrices pour de nombreuses entreprises.
Un signal fort pour les transporteurs internationaux
Pour les transporteurs opérant vers et à travers la France, le message de l’OTRE est un avertissement clair : les actions des agriculteurs, motivées par l’opposition à l’accord UE–Mercosur, ne se limitent plus à des blocages routiers, mais ciblent de plus en plus directement le transport de marchandises, y compris des denrées alimentaires.
Dans les semaines à venir, la question clé sera de savoir si les autorités françaises décideront d’agir concrètement sur le terrain — ou si le poids des conséquences continuera de reposer sur les épaules des transporteurs.








