D’après Manager Magazin, le directeur général Oliver Blume et le directeur financier Arno Antlitz travaillent sur une refonte profonde du groupe dans le cadre d’une stratégie à l’horizon 2030. À ce stade, ces pistes n’ont pas été validées officiellement, et Volkswagen ne confirme pas les chiffres évoqués.
Interrogé par Reuters, un porte-parole du constructeur a déclaré que l’industrie automobile — et Volkswagen en particulier — traverse une transformation majeure. Selon lui, le modèle économique actuel ne fonctionne plus de la même manière pour l’ensemble des marques.
Si ce scénario se concrétise, il marquerait un durcissement par rapport au programme de restructuration déjà engagé. Les informations disponibles évoquent une hausse du nombre de postes potentiellement touchés, avec jusqu’à 100 000 emplois susceptibles d’être remis en question dans les prochaines années à l’échelle mondiale. Il serait également question d’une baisse d’environ 15 % des investissements prévus, ramenés à un peu plus de 130 milliards d’euros sur cinq ans.
Quatre sites allemands sont cités comme particulièrement exposés : Hanovre, Zwickau et Emden, ainsi que l’usine Audi de Neckarsulm.
Le site de Hanovre joue un rôle central dans l’activité véhicules utilitaires de Volkswagen. Il assemble notamment la gamme T et l’ID. Buzz, et emploie environ 14 000 personnes. Zwickau, converti à la production de véhicules électriques, compte autour de 8 000 salariés et fabrique plusieurs modèles, dont la famille VW ID., l’Audi Q4 e-tron et la Cupra Born. Emden a, lui aussi, été réorienté vers la production de véhicules électriques.
À Neckarsulm, l’usine Audi comptait 15 509 employés en mars 2026, selon la présentation du site par Audi et Reuters. Elle figure parmi les principaux employeurs de la région économique Heilbronn-Franken. Le site fabrique des véhicules thermiques, hybrides et 100 % électriques (dont les Audi A5, A6, A8 et e-tron GT) et accueille également Audi Sport GmbH.
Pour mémoire, en décembre 2024, Volkswagen et les représentants du personnel s’étaient accordés sur plus de 35 000 suppressions de postes sur les sites allemands d’ici 2030, ainsi que sur une réduction durable des capacités de production en Allemagne. Les informations actuelles décrivent donc l’hypothèse d’une restructuration plus large que le cadre déjà négocié avec les partenaires sociaux.
Toute décision de fermeture serait particulièrement sensible sur les plans politique et social. Les usines allemandes du groupe sont encadrées par des accords sociaux et une représentation forte des comités d’entreprise. Par ailleurs, le Land de Basse-Saxe reste un actionnaire important de Volkswagen. Les précédentes tentatives de réorganisation ont déjà rencontré une opposition syndicale.
La situation de Volkswagen s’inscrit dans un contexte plus large qui affecte les constructeurs européens : demande en retrait en Europe, montée en puissance des fabricants chinois, coûts élevés liés à l’électrification et apparition de nouvelles barrières commerciales. Les résultats 2025 du groupe font état d’un chiffre d’affaires globalement stable à 321,9 milliards d’euros, mais d’un bénéfice d’exploitation en forte baisse, à 8,9 milliards d’euros.
Pour les fournisseurs, les prestataires logistiques et les économies régionales qui gravitent autour des usines allemandes, l’enjeu ne se limite pas au nombre de postes. Neckarsulm s’inscrit dans un bassin automobile où plus de 26 000 personnes travaillent directement dans le secteur, auxquelles s’ajoutent des milliers d’emplois chez les sous-traitants et dans les services (ingénierie, électronique, production de pièces, logiciels, logistique, traitements de surface).
Les flux existants illustrent aussi l’empreinte logistique du site. Depuis octobre 2019, DB Cargo Logistics transporte des berceaux de châssis depuis Magna Stanztechnik à Salzgitter vers Neckarsulm, ce qui permet de relier au rail un fournisseur dépourvu d’embranchement ferroviaire actif au réseau industriel d’Audi. Une restructuration plus profonde pourrait donc peser non seulement sur l’emploi en usine, mais aussi sur les cadences, la demande en composants, le taux d’utilisation des sites et, par ricochet, sur les volumes de transport dans plusieurs pôles automobiles allemands.
Prochaine échéance : le 9 juillet. Selon la presse, ces propositions doivent être examinées lors de la prochaine réunion programmée du conseil de surveillance de Volkswagen. D’ici là, le chiffre de 100 000 doit être compris comme un scénario de travail évoqué en interne, et non comme un plan de restructuration déjà acté.









