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Le PDG de Volkswagen, Oliver Blume, à l’IAA Mobility 2025 à Munich. (Photo : Kacper Szprengiel)

Volkswagen face à la pression en Allemagne : –20 % d’ici 2028

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Volkswagen est une nouvelle fois soumis à une forte pression sur ses marges. Selon un article de presse, le groupe prévoit de réduire ses coûts à l’échelle de l’entreprise de 20 % d’ici 2028. Des fermetures d’usines ne sont pas, du moins en principe, à exclure. Les raisons vont d’un ralentissement de l’activité en Chine et des risques géopolitiques à des coûts de transformation élevés, et elles touchent un secteur globalement sous pression.

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Volkswagen s’apprêterait à durcir nettement son programme de réduction des coûts. Comme le rapporte « Manager Magazin », citant des sources internes, les coûts devraient baisser de 20 % d’ici fin 2028. Cela correspondrait à un volume de près de 60 milliards d’euros.

Selon l’article, le PDG Oliver Blume et le directeur financier Arno Antlitz ont présenté ces plans à la mi-janvier à environ 120 cadres dirigeants. L’objectif est d’abaisser sensiblement le seuil de rentabilité du groupe. Blume est cité déclarant : « Nous devons abaisser le seuil de rentabilité. » La cible d’économies de 20 % est « l’ambition » et s’applique à toutes les marques et à toutes les catégories de coûts.

À ce stade, aucune confirmation officielle de mesures individuelles n’a été donnée. Volkswagen entend faire un point sur l’état de ses programmes de rentabilité en cours le 10 mars, lors de la présentation de ses résultats annuels 2025.

Pourquoi la pression s’intensifie

Le groupe fait actuellement face à plusieurs vents contraires, structurels et conjoncturels :

  • baisse des ventes en Chine ;
  • forte concurrence sur les prix, notamment de la part des constructeurs chinois ;
  • incertitudes géopolitiques et politique tarifaire américaine ;
  • investissements élevés dans l’e-mobilité et les architectures de véhicules basées sur des logiciels.

Selon l’entreprise, des économies totalisant 33 milliards d’euros ont été réalisées à l’échelle du groupe au cours des deux dernières années. Néanmoins, la situation de rentabilité reste tendue. D’après des déclarations internes, la marge opérationnelle s’établissait dernièrement autour de 3 % — un niveau jugé non soutenable par la direction pour financer, sur fonds propres, les investissements dans les nouvelles technologies.

Les fermetures d’usines de retour à l’ordre du jour ?

Le fait que des sites spécifiques puissent être concernés demeure officiellement incertain. Selon des informations de presse, les fermetures d’usines ne sont, au moins, pas totalement exclues des discussions.

Le comité d’entreprise a réagi immédiatement. « Il n’y aura pas de fermetures d’usines avec nous », aurait déclaré Daniela Cavallo, présidente du comité d’entreprise. Elle renvoie à l’accord conclu fin 2024 entre l’entreprise et les représentants des salariés. Il prévoit la suppression de 35 000 postes en Allemagne d’ici 2030, mais sans licenciements pour motifs économiques et explicitement sans fermeture de sites.

C’est précisément là que se situe le cœur du conflit : la nouvelle offensive de réduction des coûts intervient à un moment où un compromis socio-politique avait été trouvé il y a un peu plus d’un an.

L’offensive de réduction des coûts a une histoire

Déjà en 2024, Volkswagen avait annoncé une restructuration de grande ampleur après ne pas avoir atteint ses objectifs d’économies. À l’époque déjà, d’éventuelles fermetures de sites et des réductions d’effectifs étaient envisagées. L’objectif était d’économiser plusieurs milliards d’euros et d’améliorer la rentabilité.

La réduction de 20 % actuellement évoquée ressemble donc moins à un changement de stratégie qu’à une étape supplémentaire d’un processus de consolidation engagé depuis plus longtemps.

Relocalisation et restructuration : les véhicules utilitaires aussi concernés

En parallèle du débat sur les coûts dans l’activité voitures particulières, les priorités de production évoluent au sein du groupe et dans l’ensemble du secteur.

Chez Volkswagen Véhicules Utilitaires, la prochaine génération du Crafter 100 % électrique doit être produite à partir de 2028 dans la ville polonaise de Września, près de Poznań. De nouveaux halls de production, un atelier de carrosserie et un entrepôt de batteries y sont en construction. L’usine sera considérablement agrandie.

Chez MAN Truck & Bus, une marque de TRATON SE dont Volkswagen AG détient la majorité, les structures de production sont également réorganisées. L’entreprise transfère une partie de la production de carrosserie de Munich vers Cracovie. Selon des calculs internes, ce paquet de mesures devrait améliorer les résultats financiers jusqu’à 935 millions d’euros d’ici 2028. Parallèlement, il est prévu de réduire 2 300 emplois en Allemagne par attrition naturelle.

Daimler Truck a annoncé en 2025 qu’il allait supprimer environ 5 000 emplois en Allemagne d’ici 2030, également sans licenciements pour motifs économiques. L’objectif est d’abaisser la base de coûts et de stabiliser la rentabilité.

Un secteur sous pression d’ajustements structurels

Les évolutions chez Volkswagen s’inscrivent donc dans un tableau plus large. L’industrie automobile et celle des véhicules utilitaires subissent une forte pression de transformation : électrification, intégration logicielle, incertitudes géopolitiques et intensification de la concurrence mondiale accroissent les exigences en matière de capital, d’efficacité et de flexibilité.

Pour le secteur du transport et de la logistique, ces évolutions sont pertinentes, car les décisions relatives aux sites et les relocalisations de production peuvent avoir des impacts directs sur les chaînes d’approvisionnement, les volumes de transport et les structures logistiques régionales.

Ces tensions s’ajoutent à un contexte déjà marqué par des insolvabilités en hausse et une fragilisation de certains acteurs intermédiaires, ce qui peut encore amplifier les effets sur les chaînes d’approvisionnement.

Dans ce cadre, la capacité à sécuriser les flux et à piloter l’affectation des ressources via des plateformes devient également un facteur de résilience pour les transporteurs et commissionnaires.

Des précisions plus concrètes devraient émerger le 10 mars, lorsque Volkswagen commentera ses résultats annuels 2025 et expliquera l’état d’avancement de ses programmes de rentabilité.

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