Port d’Antwerp-Bruges

Début 2026 en demi-teinte dans les ports de la mer du Nord : HHLA recule, Rotterdam résiste

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Le premier trimestre 2026 a commencé sur un rythme plus lent dans plusieurs grands ports de la mer du Nord. Entre épisodes hivernaux marqués, demande industrielle en retrait et tensions géopolitiques, les volumes ont été orientés à la baisse. Hambourg, Antwerp-Bruges et l’opérateur de terminaux HHLA annoncent un recul du trafic conteneurisé, tandis que Rotterdam affiche un trafic total quasi stable et une légère progression en équivalent vingt pieds (EVP).

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La tendance s’est améliorée en mars dans plusieurs ports, sans effacer un constat : le marché reste contrasté. Certains flux en provenance d’Asie se sont raffermis et les vracs liquides ont mieux résisté. En revanche, les exportations européennes sont restées atones, le trafic d’acier a diminué et les rotations maritimes ont été perturbées.

Port / opérateur (résultat) Trafic total T1 2026 Évolution sur un an Indicateur conteneurs
Terminaux HHLA 1,462 million d’EVP -5,3 % Terminaux de Hambourg : -6,6 % à 1,374 million d’EVP
Port de Hambourg 27,8 millions de tonnes -2,0 % 2,0 millions d’EVP, -1,6 %
Rotterdam 103,0 millions de tonnes -0,7 % +0,3 % en EVP ; -3,2 % en tonnage
Antwerp-Bruges 65,5 millions de tonnes -3,2 % -2,6 % en EVP ; -5,5 % en tonnage

Janvier compliqué, puis rebond partiel

Neige, verglas et coups de vent ont rythmé le trimestre. À Hambourg, le mois de janvier a compliqué la manutention sur une large partie de la côte de la mer du Nord, même si l’accès nautique au port est resté possible. Les performances de février, et surtout de mars, ont ensuite permis de combler une grande partie du retard accumulé.

Chez HHLA, les conditions hivernales ont limité l’activité des terminaux et perturbé le rail : suppressions et retards, notamment en raison d’aiguillages gelés, de fermetures de voies et d’incidents d’exploitation. La manutention conteneurs du groupe recule de 5,3 % à 1,462 million d’EVP. Le transport intermodal baisse de 1,5 % à 489 000 EVP : la route recule de 4,5 % à 65 000 EVP, tandis que le rail cède 1,1 % à 424 000 EVP.

Antwerp-Bruges a connu une séquence comparable, avec en plus de fortes tempêtes dans le golfe de Gascogne jusqu’à la mi-février, ainsi qu’une grève de quatre jours sur fond de réforme des retraites. Le port estime que ces perturbations ont représenté environ 100 000 EVP, entre déroutements et escales qui n’ont pas pu être traitées intégralement. La tendance s’est redressée à partir de la mi-février, et plus nettement en mars.

Des échanges qui avancent à plusieurs vitesses

À Hambourg, l’évolution du trafic conteneurisé illustre le déplacement de certaines zones de demande. Les volumes avec la Malaisie progressent de 54,5 %, l’Inde gagne 14,8 % et Singapour 5,2 %. À l’inverse, le trafic avec la Chine baisse de 3,0 % et les volumes avec les États-Unis chutent de 24,5 %. Le fret conventionnel recule de 9,7 %, principalement sous l’effet d’exportations plus faibles de produits sidérurgiques.

HHLA signale également un affaiblissement des flux nord-américains et d’Extrême-Orient — en particulier la Chine — sur ses terminaux hambourgeois. Les volumes de feeders en provenance de Scandinavie, de Lituanie et du Royaume-Uni diminuent, tandis que les cargaisons allemandes et polonaises progressent. Les terminaux internationaux du groupe ont, eux, joué un rôle d’amortisseur : leur trafic augmente de 21,5 % à 88 000 EVP, porté par HHLA PLT Italy et Container Terminal Odessa.

Antwerp-Bruges pointe lui aussi des exportations en berne depuis l’Europe de l’Ouest, ainsi qu’un recul des expéditions d’acier vers les États-Unis, le Mexique et le Canada. Le port relie la baisse du fret conventionnel à ce repli de l’acier et à l’entrée en vigueur du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de l’Union européenne, au 1er janvier 2026. Le RoRo fait figure d’exception, avec une hausse tirée par davantage de véhicules neufs et d’équipements lourds.

À Rotterdam, les vracs liquides compensent la faiblesse industrielle

Rotterdam apparaît comme le plus résilient des quatre en tonnage total. Le trafic global ne recule que de 0,7 % à 103,0 millions de tonnes. Les vracs liquides progressent de 2,2 %, grâce notamment à une hausse de 10,3 % des produits pétroliers et à une augmentation de 1,7 % du GNL. Le pétrole brut atteint 25,2 millions de tonnes, en hausse de 1,7 %.

Côté conteneurs, le volume augmente de 0,3 % en EVP, mais le tonnage conteneurisé diminue de 3,2 % : les exportations de conteneurs vides vers l’Asie grimpent de 14 %. Le port indique aussi qu’une mise à jour du système d’exploitation d’un terminal majeur a pesé sur les volumes, par rapport aux attentes. Les volumes de conteneurs vers l’hinterland progressent de 11 %, portés par des escales plus importantes et par l’élargissement de services depuis l’Asie et l’Amérique du Nord.

La perturbation du détroit d’Ormuz a eu peu d’effet direct sur les chiffres du premier trimestre, mais Rotterdam s’attend à un impact plus visible au deuxième trimestre. Le port précise que cinq pétroliers initialement destinés à Rotterdam ont modifié leur route vers l’Asie, les prix des produits pétroliers y ayant augmenté. Rotterdam tire 10 % de son trafic de pétrole brut et 14 % de son trafic de produits pétroliers des pays du golfe Persique.

Antwerp-Bruges anticipe également un effet surtout indirect dans un premier temps : hausse des coûts de l’énergie, du bunker et du transport, avec une pression supplémentaire sur la compétitivité de l’industrie européenne.

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